Il Vittoriale degli Italiani

L'avis de l'auteur Lonely Planet

musée

Poète, pilote de guerre et nationaliste au nombre des inspirateurs du fascisme, Gabriele D’Annunzio (1863-1938) est difficile à définir, tout comme sa demeure. Grandiloquent, et déroutant à la fois, l’édifice concentre tous les excès architecturaux et décoratifs imaginables. La visite comprend une villa à l’éclairage tamisé, un musée de la guerre et des jardins en terrasses abritant un authentique cuirassé.

En 1914, D’Annunzio est un poète bien établi, mais ce sont ses audacieuses épopées pendant la Première Guerre mondiale qui assoient sa réputation. Son exploit le plus spectaculaire reste, au sortir du conflit, la prise officieuse de Fiume (l’actuelle Rijeka) sur l’Adriatique. Consterné par la réintégration de la ville à la Yougoslavie et non à l’Italie à la fin de la guerre, il lève une petite armée, investit ce port et en fait un État libre dont il se proclame régent. Même s’il finit par se rendre, D’Annunzio est érigé en héros national. Dans les années 1920, il devient un fervent partisan du fascisme et de Mussolini, tout en s’illustrant par ses aventures avec de riches femmes de la bonne société.

Dans sa maison principale, la Prioria, les tentures en velours noir et les fenêtres ornées de vitraux apportent une lumière irréelle aux pièces sombres (éborgné, pendant la guerre, dans un accident de vol, D’Annunzio ne supportait pas les rayons du soleil) remplies de figurines classiques, de livres reliés en cuir, de peaux de léopard, d’objets décoratifs dorés, de boîtes laquées et d’objets chinois. Au nombre des curiosités, mentionnons la tortue en bronze placée sur la table des invités en guise d’avertissement aux gloutons (l’animal sur lequel elle fut moulée périt d’une indigestion), la salle de bains bleu vif aux quelque 2 000 bibelots, la chambre d’appoint où le propriétaire avait pour habitude de méditer sur la mort, allongé sur un lit en forme de cercueil, ou encore le bureau, dont le linteau est abaissé à dessein, de sorte que les visiteurs aient à se pencher en entrant. Les visites guidées, en italien, commencent toutes les 15 minutes et durent une demi-heure.

Si vous n’êtes pas las des extravagances d’annunziennes, le Museo della Guerra est aménagé non loin, dans la Casa Schifamondo (“Dégoût du monde”) de style Art nouveau. Ce musée expose pléthore de souvenirs, drapeaux et médailles relatant les exploits militaires de l’écrivain. Dans les jardins trône le pont de l’immense cuirassé Puglia, à bord duquel il débarqua à Fiume.

0365 29 65 11 ; www.vittoriale.it ; Piazza Vittoriale ; 9h-20h avr-oct, 9h-17h mar-dim nov-mars

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