Géorgie : Culture

Musique, danse, chant et poésie sont des arts très présents dans le quotidien des Géorgiens.

Musique et danse

En Géorgie, la musique est partout. Les supras (banquets) débouchent souvent sur des chants polyphoniques entonnés autour de la table. Mentionnées dès 400 av. J.-C. par Xénophon, les polyphonies géorgiennes faisaient partie intégrante de la vie de tous les jours. Ces chants sont parvenus jusqu’à nous sous diverses formes : les supruli (chansons de banquets, dont la plus populaire est Mravalzhamier, “Longue vie”), les mushuri (chants qui accompagnent le labeur), les satrpialo (chansons d’amour) et les sagmiro (chants épiques). Les fêtes folkloriques comme l’Art-Gene Festival de Tbilissi sont l’occasion idéale d’entendre les meilleurs chanteurs et musiciens traditionnels. Il en va de même pour les vendanges d’octobre en Kakhétie. Pour faire connaissance avec les polyphonies géorgiennes, écoutez les deux programmes d’une heure de l’émission “World Routes” sur BBC Radio 3 (disponibles sur www.bbc.co.uk).
Les sagalobeli (chants d’église) existent depuis au moins 1 500 ans. De magnifiques chœurs accompagnent la messe dans les plus importantes églises du pays. Le dimanche matin, entre 9h et midi, est le meilleur moment pour les entendre.
Les danses folkloriques vont de l’illustration lyrique de grandes histoires d’amour à la démonstration acrobatique de l’agilité masculine. En général, les danseurs, vêtus de magnifiques costumes, sont accompagnés d’instruments à cordes et à vents, ainsi que de percussions. Les meilleurs ensembles professionnels, comme Erisioni et le Ballet national de Géorgie Sukhishvili, se produisent souvent à l’étranger. Si possible toutefois, ne manquez pas de les voir dans leur pays.
Le jazz est également très apprécié. Tbilissi et Batoumi accueillent chacune un festival annuel. Quant aux clubbeurs de ces mêmes villes, ils ne jurent que par la minimal techno. Dans le domaine du rock, Irakli Charkviani, décédé en 2006, reste l’artiste préféré.
Le compositeur classique Zakaria Paliashvili est célèbre pour ses opéras Abesalom et Eteri (1919) et Daisi (1923). Quant à Guia Kancheli (né en 1935), le grand compositeur contemporain, on a dit de lui qu’il “transformait les silences en musique”.

Arts visuels

Beaucoup d’églises géorgiennes sont ornées de splendides fresques. L’âge d’or de l’art sacré couvre la période entre le XIe et le XIIIe siècle. Les peintres géorgiens utilisaient alors la méthode de l’iconographie byzantine et représentaient aussi des souverains et des saints. Il y avait deux grandes écoles de fresques picturales : l’une au monastère troglodytique de Davit Gareja, l’autre dans les monastères de Tao-Klarjéthie (sud-ouest de la Géorgie et nord-est de la Turquie). À la même période, artistes et artisans du métal ont créé de superbes icônes avec des bijoux et des métaux précieux. Elles sont aujourd’hui parmi les plus beaux trésors du pays.
Le dernier grand peintre de fresques est sans doute celui qui a représenté des scènes de la vie quotidienne dans les restaurants et bars de Tbilissi. Autodidacte, Niko Pirosmani (1862-1918) a exprimé la quintessence de la vie géorgienne d’une manière simple mais enchanteresse. Après sa mort, dans la pauvreté et l’anonymat, son œuvre fut encensée par les grands modernistes géorgiens Davit Kakabadze, Lado Gudiashvili et Shalva Kikodze. Tous trois étaient influencés par l’innovation artistique qu’ils avaient découverte dans le Paris du début du XXe siècle. Leur associée, Elene Akhvlediani, a peint la vieille ville de Tbilissi et des sites historiques géorgiens. Ses œuvres aux couleurs vives ont encore beaucoup de succès. Tous ces artistes sont bien représentés à la Galerie nationale à Tbilissi, inaugurée en 2011. Le musée de Sighnaghi abrite lui aussi une belle collection des œuvres de Pirosmani.

Littérature

Bien que la langue géorgienne ne compte que quelques millions de locuteurs, sa littérature est d’une grande richesse. Au XIIe siècle, Chota Roustavéli, membre de la cour de la reine Tamar, écrivit Le Chevalier à la peau de tigre (ou L’Homme à la peau de panthère), un poème épique dont tout Géorgien sait citer quelques vers.
Nikoloz Baratachvili (1817-1845) a incarné le romantisme apparu dans la littérature géorgienne au début du XIXe siècle. Emmené par Ilia Tchavtchavadzé et Akaki Tsereteli, le mouvement des Tergdaleulebi œuvra en faveur de l’éducation et des réformes politiques en Géorgie après avoir  diffusé ses idées libérales en Russie. Plus tard dans le XIXe siècle, d’autres écrivains cherchèrent l’inspiration du côté des montagnes, en particulier Alexander Kazbegi, romancier et dramaturge, et Vaja Pchavela, que beaucoup considèrent comme le plus grand poète géorgien après Roustavéli.
Les “Cornes bleues”, groupe symboliste, fut le principal mouvement poétique du début du XXe siècle. Titsian Tabidze, l’un de ses membres les plus éminents, fut arrêté et assassiné lors des purges de 1937. Un autre d’entre eux, Paolo Iachvili, se suicida dans le bâtiment de l’Union des écrivains lorsqu’il apprit la mort de Tabidze. Galaktion Tabidze (1892-1959), auteur à l’écriture superbement lyrique, également mort par suicide, fut sans doute le poète le plus aimé du XXe siècle.
Mikheil Javakhichvili (1880-1937) a hissé le roman géorgien vers de nouvelles hauteurs avec ses histoires ironiques mettant en scène citadins, paysans et aristocrates aux époques tsariste et soviétique. Citons notamment son ouvrage Arsena Marabdeli inspiré d’une sorte de Robin des Bois géorgien ayant vraiment existé. Javakhichvili fut exécuté par le régime soviétique. Constantin Gamsakhourdia (1893-1975) introduisit quant à lui une subtilité toute personnelle dans la prose géorgienne grâce à ses romans historiques, parmi lesquels Davit Aghmashenebeli. Il parvint à survivre à l’ère stalinienne. Nodar Dumbadze (1928-1984) a peint avec humour et mélancolie la vie après la Seconde Guerre mondiale. C’est l’un des romanciers géorgiens les plus connus. On peut notamment lire en français La Loi de l’éternité, Grand-mère, Iliko, ainsi qu’Ilarion et moi.
Parmi les grands écrivains postsoviétiques figurent le romancier, dramaturge et écrivain-voyageur Davit Turashvili, et le romancier Aka Morchiladze. 

Cinéma

Le cinéma géorgien connut son âge d’or de la fin des années 1960 aux années 1980. À cette époque, les cinéastes qui travaillaient à Moscou et Tbilissi tournèrent quantité de films se démarquant de la production réaliste socialiste de l’ère soviétique. Ce cinéma fut récompensé par des prix internationaux pour ses atouts singuliers : beauté des images, personnages hauts en couleurs, langue cinématographique originale et recours à l’allégorie, à la fable et aux rêves pour parler des préoccupations du peuple sans avoir maille à partir avec les autorités soviétiques. Le grand cinéaste italien Federico Fellini, fan absolu, louait l’habileté du cinéma géorgien à marier philosophie et innocence enfantine.
Le plus grand maestro fut peut-être Sergueï Paradjanov, Arménien natif de Tbilissi. Le film Le Repentir (1984) de Tenguiz Abouladze fait figure de pionnier dans l’exploration du passé soviétique du pays. C’est le portrait sans concession d’un dictateur clairement inspiré de Lavrenti Beria, homme de main géorgien de Staline. Otar Iosseliani (Il était une fois un merle chanteur, 1970), Eldar Chenguelaia (Les Montagnes bleues, 1983) et Gueorgui Chengelaia (Pirosmani, 1969) sont d’autres grands noms du septième art.
Du fait de la censure soviétique, puis de la pauvreté et du climat anarchique des années 1990, de nombreux cinéastes de premier plan sont partis pour l’Europe de l’Ouest. Iosseliani a ainsi beaucoup tourné en France, notamment son film Les Favoris de la lune (1984), grand succès international, et Chantrapas (2010), l’histoire d’un jeune cinéaste qui quitte la Géorgie soviétique pour vivre en France… Autre production française, le film L’Héritage (2006), de Gela Babluani, raconte sur fond d’humour noir l’histoire de trois touristes français piégés dans une querelle sanglante en Svanétie.
Le cinéma géorgien est néanmoins de retour sur son sol natal. Dans les quelques salles du pays, il bénéficie même d’une place convenable au milieu des superproductions hollywoodiennes. Tbilissi-Tbilissi (2005), succès de Levan Zaqareishvili, dépeint sans fard la vie urbaine au travers de l’histoire d’un jeune réalisateur sans le sou. Les conflits des années 1990 et leurs retombées sont le sujet du film de Giorgi Ovashvili, L’Autre rive (2008) : il traite de querelles familiales dues au conflit en Abkhazie. Levan Tutberidze explore le même sujet dans A Trip to Karabakh (2005).

Théâtre

La scène théâtrale est florissante à Tbilissi. Quatre metteurs en scène ont marqué l’histoire du théâtre géorgien : Kote Marjanishvili et Sandro Akhmeteli dans les années 1920 et 1930, puis Misha Tumanishvili et Robert Sturua depuis les années 1970. Tous ont entretenu l’histoire d’amour entre la Géorgie et Shakespeare. Les pièces Richard III (1980) et Le cercle de craie caucasien (1975) montées par Sturua tournaient audacieusement en ridicule les régimes dictatoriaux. Elles ont remporté un grand succès international, tout comme son Hamlet monté à Londres en 1986. Sturua a dirigé le théâtre national Roustavéli à Tbilissi de 1980 à 2011.

Boissons et alimentation

La cuisine géorgienne est variée, inventive, roborative et souvent épicée. Les plaisirs de la table ont une grande importance dans la culture géorgienne, et bien sûr, l’hospitalité et le bien boire vont de paire.
Les Géorgiens mangent à toute heure du jour. Aussi la plupart des restaurants ont une grande amplitude horaire, ouvrant généralement de 9h ou 10h à 23h, sans interruption.

Mis à jour le : 30 mars 2014
Vizeat

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