Bosnie : Culture

Les Bosniens

Les Bosniaques (Bosniens musulmans, 48% de la population), les Bosno-Serbes (chrétiens orthodoxes, 37%) et les Bosno-Croates (chrétiens catholiques, 14%), s’ils sont de religions différentes, sont tous des Slaves du Sud. Avant le conflit, la population était mixte, et les mariages intercommunautaires étaient courants en ville. Des divisions plus marquées sont inévitablement apparues depuis la guerre civile des années 1990 dans la mesure où elle a entraîné des déplacements massifs de population. Cela a modifié la taille et l’équilibre linguistique de nombreuses villes. Les Bosniaques sont maintenant majoritaires à Sarajevo et dans le centre de la Bosnie-Herzégovine, les Croates dans l’ouest et le sud de l’Herzégovine, et les Serbes en République serbe de Bosnie (RS), laquelle inclut Istočno Sarajevo (Sarajevo Est) et Banja Luka. Aujourd’hui, les contacts entre ces trois groupes restent assez limités. La religion sert d’indicateur d’“ethnicité”, pour autant, la plupart des gens sont laïcs.

Langue

Les habitants de Bosnie-Herzégovine parlent tous peu ou prou la même langue. Mais on l’appelle “bosnien” (bosanski) dans les zones musulmanes, “croate” (hrvatski) dans les zones à majorité croate, et “serbe” (српски) en République serbe de Bosnie (RS). La Fédération de Bosnie-Herzégovine a recours à l’alphabet latin. L’alphabet cyrillique (ћирилица) est en vigueur en RS mais le latin (latinica) est amplement utilisé. Dans le District de Brčko, les deux alphabets sont utilisés à égalité.
Quelques mots importants de bosnien : zdravo (bonjour) ; hvala (merci) ; molim (s’il vous plaît), koliko to košta ? (combien cela coûte-t-il ?).

Arts

Artisanat

Kilims (tapis en laine rase), objets en cuivre martelé et douilles détournées de leur usage premier sont en vente partout dans Kujundžiluk à Mostar, et dans Baščaršija à Sarajevo.
Les stećci (au singulier : stećak), tombes bosniennes monumentales, datent du Moyen Âge. Les plus connues sont celles de la nécropole de Radimlja, à Stolac.

Littérature

Ivo Andrić (1892-1975), écrivain le plus célèbre de Bosnie, a remporté le prix Nobel de littérature en 1961. Le Pont sur la Drina, son roman épique devenu un classique, relate avec une extraordinaire finesse psychologique 350 ans d’histoire bosnienne envisagée du point de vue des humbles habitants de Višegrad. La Chronique de Travnik, un autre de ses romans témoignant également d’une grande perspicacité, dépeint la Bosnie à travers le regard désabusé des consuls de la Travnik du XIXe siècle.
Quantité d’essais, nouvelles et poèmes sur la guerre civile des années 1990 montrent le contraste entre les atrocités subies et l’humanité qui ne veut pas s’éteindre chez les victimes. Citons notamment Le Jardinier de Sarajevo de Miljenko Jergović et Journal de guerre, Chronique de Sarajevo assiégée, de Zlatko Dizdarevic.

Cinéma

Le film No Man’s Land de Danis Tanović, oscarisé en 2002, traite de la relation entre deux soldats, l’un bosniaque, l’autre serbe, pris au piège de la même tranchée pendant le siège de Sarajevo. Go West, d’Ahmed Imamovic, lève le tabou de l’homosexualité tout en donnant à voir l’histoire tragique d’un couple gay serbo-bosniaque en temps de guerre. Enfin, Gori Vatra – Au feu ! (2004), de Pjer Zalica, comédie noire à l’humour grinçant, se déroule juste après la guerre dans la petite ville de Tešanj. Suite à l’annonce de la visite de l’ancien président américain Bill Clinton, mille efforts sont déployés pour cacher la corruption et afficher une réconciliation ethnique de façade.

Musique

La sevdalinka (abrégée en sevdah, musique traditionnelle bosniaque) recourt classiquement à des chants mélancoliques pour raconter des histoires d’amours malheureuses. Anciennement toutefois, ces chants servaient à courtiser les dames. Sarajevo accueille chaque année un festival de jazz (en novembre), et depuis peu, une Punkfest (en octobre). Les scènes rap et metal sont très dynamiques dans la ville industrielle de Tuzla.

Tour d’horizon gastronomique

 Ćevapi (Ćevapčići) Rouleaux de viande hachée grillés servis dans du pain frais avec du  kajmak (crème épaisse un peu aigre).
Pljeskavica Ćevapi aplati en forme de hamburger.
Burek Le burek bosnien, boudin de pâte filo souvent entortillé en spirale, est garni de viande hachée. Le buređici est confectionné selon le même principe, mais servi avec du kajmak et de l’ail. Le sirnica est garni de fromage, le krompiruša de pommes de terre, et le zeljanica d’épinards. On appelle toutes ces pâtisseries salées pita.
Sarma Même principe que les dolma (feuilles de vigne farcies de riz et de viande hachée), mais avec des feuilles de chou ou d’autres légumes verts.
Bosanski Lonac Ragoût de viande et de légumes lentement mijoté.
Uštipci Beignets en forme de boulette souvent accompagnés de crème aigre, de fromage ou de confiture.
Sogan Dolma Oignons farcis de viande hachée et cuits au four.
Klepe Petits raviolis en forme de triangles servis avec un filet de sauce au beurre et au poivre, et de l’ail râpé.
Hurmastica Gâteaux oblongs à la texture spongieuse, imbibés de sirop.
Tufahija Pommes farcies aux noix nappées de crème fouettée.
Ražnijići Shish kebab (brochettes de viande au barbecue).
Pastrmka Truite.
Rakija Eau-de-vie de fruits.
Ligne Poulpe.

Mis à jour le : 10 mars 2014
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