Kirghizistan

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Och et le sud du Kirghizstan

À bien des égards, Och et les environs de la vallée de Fergana sont bien différents du nord du Kirghizstan. Le climat et le tempérament des habitants sont plus chauds dans cette région, le véritable cœur du pays. Och et Jalal-Abad, deuxième et troisième villes du Kirghizstan, ont plus en commun avec la vallée de Fergana, conservatrice et islamique, qu’avec Bichkek, industrialisée et russifiée. Mais ses habitants sont résolument accueillants et la région est plus typique de l’Asie centrale que le Nord.

De Bichkek à Och

Pour relier Bichkek à Och, deuxième ville du Kirghizstan, il faut choisir entre une journée entière de route passant deux cols à plus de 3 000 m d’altitude, et un vol de 40 minutes. Les deux options offrent une vue mémorable lorsque le temps le permet. La concurrence faisant rage, l’avion est parfois moins cher qu’un taxi collectif. Toutefois, la route Bichkek-Och est à envisager au moins dans un sens, pour ses paysages somptueux entre Kara-Balta et Toktogou. Ici encore, les villes offrent bien moins d’attraits que les paysages naturels, bien qu’Özgön, près de Och, mérite un arrêt rapide. De longs détours vous mènent à quelques merveilles de la région, telles qu’Arslanbob et le lac Sary-Tchelek.
Au sud de Kara-Balta la route se dirige droit vers la chaîne escarpée de l’Alataou kirghiz, traversant un canyon éboulé jusqu’au col de Tör-Ashuu (3 586 m, passage payant). Avant le col, un tunnel de 2,6 km passe sous le point culminant de la montagne. Ce dernier ayant été le théâtre d’un empoisonnement fatal au monoxyde de carbone en 2001, il est plus sage pour les cyclistes de faire du stop et de passer le tunnel en camion.

Arslanbob

Les monts Babash-Ata forment une impressionnante muraille escarpée et poudrée de neige derrière “l’oasis” en altitude d’Arslanbob. Ce grand village ouzbek religieux et conservateur constitue un réseau d’allées ombragées encerclé par la plus grande plantation de noyers au monde. D’après la légende, les graines de noix furent donné par le prophète Mahomet à un modeste jardinier qu’il avait chargé de trouver le paradis sur terre.
Très bien organisée, l’agence du CBT vous aidera dans toutes vos démarches. Ses bureaux se trouvent à 200 m vers le haut depuis la place principale/station de minibus, bordée de boutiques.
Les environs d’Arslanbob offrent des possibilités de belles randonnées à pied, à cheval ou à vélo, ou de faire du ski dans les monts et forêts voisines. Les somptueux gîtes avec jardin se prêtent aussi au repos.
Si vous êtes là pour vous reposer, jetez un coup d’œil aux cascades d’Arslanbob, emblématiques de son atmosphère, mais qui n’ont rien d’exceptionnel.
Turbaza. Si vous aimez observer les gens, vous ne serez pas en reste à Turbaza, un camp de vacances soviétique décrépit mais toujours en activité contenant des punching-balls, une piscine sale en plein air et une discothèque où les gamins de la ville se déhanchent, sous le regard médusé de femmes voilées. C’est à 20 minutes de marche en montant depuis le CBT.

Och

Au pied d’une montagne à cinq pics, la deuxième ville du pays est reconnaissable entre mille. Malgré son absence d’intérêt sur le plan architectural en dépit de ses 3 000 ans d’histoire, son bazar et l’hospitalité de ses habitants confèrent à Och une atmosphère bien plus typique de l’Asie centrale que celle de Bichkek.
Pour beaucoup, Och est surtout un point de départ ou d’arrivée des bus depuis/vers la Chine, de transit pour la vallée de Fergana en Ouzbékistan ou d’accès à la route du Pamir au Tadjikistan. Des vols bon marché (via la Turquie et Dubaï) en font aussi une porte d’entrée pour l’Asie centrale.
Histoire
On vous soutiendra partout qu’Och est plus ancienne que Rome. Des légendes attribuent sa fondation à toutes sortes de personnages, du roi Salomon (Suleyman) à Alexandre le Grand. Elle fut certainement dès l’origine un centre majeur de la route de la Soie. Détruite par les Mongols au XIIIe siècle, elle prit un nouvel essor aux siècles suivants et devint plus prospère que jamais. En 1496, Babur, originaire de Fergana et fondateur de la dynastie moghole, passa par là alors qu’il était adolescent et fit construire une modeste chambre de prière au sommet du Sulaiman Too. Och fut rattachée au khanat de Kokand en 1762 et tomba par la suite aux mains des Russes.
La ville souffre d’une sorte de schizo-phrénie démographique, étant à la fois une agglomération du Kirghizstan et le fief d’une importante population ouzbèke (40%), culturellement liée à l’Ouzbékistan et à la vallée de Fergana. Le tracé absurde des frontières, décidé par Staline, a encore des répercussions aujourd’hui. Ainsi, des tensions interethniques ont éclaté en 1990 et de nouveau en 2010. Même si elle reste généralement invisible pour les voyageurs de passage, il demeure une hostilité inquiétante entre les populations kirghize et ouzbèke.
Sulaiman Too. Cette montagne à cinq pics qui domine la ville est, depuis des siècles, un lieu de pèlerinage musulman, car le prophète Mahomet y aurait prié. Les nombreuses grottes et crevasses de ses pentes sont toutes réputées avoir des propriétés curatives ou spirituelles différentes (détails au musée historico-culturel ; ci-dessous). L’une d’entre elles, l’Ene-Beshik, grotte de la fertilité, attire les femmes désirant un enfant. Vous l’apercevrez tout près du sentier menant au musée en descendant du point de vue principal vers l’ouest. On découvre aussi le Dom Babura (maison de Babur), une reconstruction de 1989 d’un lieu de prière datant de 1497, lorsque le jeune Zahiruddin Babur, âgé de 14 ans et fraîchement couronné roi de Fergana, se construisit ici un petit lieu de culte. La mosquée de celui qui fut connu ensuite comme étant le fondateur de la dynastie moghole devint un site de recueillement très fréquenté, détruit en 1853 par un tremblement de terre puis dans les années 1960, par une “mystérieuse” explosion.
En grimpant (20 minutes) l’escalier depuis l’entrée principale de la montagne jusqu’au Dom Babura, on arrive à côté d’un curieux édifice paré d’un dôme argenté aux airs d’étrange gâteau de conte de fées qui abrite un studio photo. Les jeunes mariés peuvent y être photographiés en voyage devant le Taj Mahal sans pour autant avoir quitté Och.
Musée historico-culturel. Ce musée consacré au développement historico-religieux de la région est situé dans une grotte au sud-ouest du Sulaiman Too, surmontée par ce qui ressemble à une sorte de gigantesque bonnet de femme géorgienne. Cependant, l’endroit mérite surtout une visite pour ses lampes sphériques en verre et le panorama à la sortie (par l’escalier, juste après les animaux empaillés). Des légendes photographiques trilingues expliquent quelles sont les propriétés curatives de chaque crevasse du trône de Salomon.
Le bazar d’Och figure parmi les plus grands marchés d’Asie centrale. On y trouve chapeaux et couteaux traditionnels, fruits de saison ou encore fers à cheval forgés sur place. De nombreux étals sont faits de vieux containers mais l’ambiance reste fascinante. Il s’étire sur près de 1 km le long de la berge de la rivière. L’animation atteint son comble le dimanche matin, et le bazar est presque désert le lundi.

 

Mis à jour le : 17 mars 2015
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