Bichkek

Peu de choses à visiter dans cette ville néanmoins vivante et verdoyante. On y vient pour la nature qui l’entoure et non pour son architecture. Parfois, par temps particulièrement clair, la chaîne de l’Alataou (Ala-Too) kirghize surgit comme par enchantement à l’horizon. Pour les voyageurs, Bichkek est surtout une étape confortable où collecter un visa ou deux avant de poursuivre l’aventure en Asie centrale.

Histoire

La ville de Bichkek a été fondée en 1878 sur le site d’une garnison russe. Auparavant, il n’y avait que la petite forteresse Pishpek du khan de Kokand, datant de 1825. Son nom provient probablement du sogdien pechagakh, signifiant “lieu au pied des montagnes”. D’autres explications étymologiques plus prosaïques donnent comme origine du nom le terme kazakh/kirghiz pichkek/bichkek, qui désigne un ustensile servant à baratter le koumis.
De 1926 à 1991, le nom soviétique de la ville fut Frounzé, en l’honneur de Mikhaïl Frounzé, commandant lors de la guerre civile russe qui prit Khiva et Boukhara en 1920 à la tête de troupes bolchéviques.

A voir, à faire

Les principaux sites de Bichkek sont les parcs et les musées au nord du Tchou (ou Chuy), aux alentours de la place Ala-Too. N’attendez pas trop de l’architecture, à moins d’être fan des grands bâtiments soviétiques, blocs de béton sans âme. Quelques élégants édifices néoclassiques font exception, comme l’Opéra et le Ballet national, quelques bâtiments universitaires et une partie de la place autour de la Philharmonie.
Musée national d’Histoire. Paradis des soviétophiles, ce cube de marbre de 1984 abrite toujours les bas-reliefs en faux bronze étincelant et les fresques murales illustrant le sujet originel de ce musée autrefois dédié à Lénine. On y découvre aussi des photographies et des souvenirs de la révolution de 2010, ainsi que des portraits des martyrs de cette année-là. La yourte située au dernier étage  introduit une section complètement déconnectée du reste, consacrée à l’ethnologie et à l’archéologie, présentant des photographies de la riche collection d’objets scythes en or du musée. Les originaux sont en lieu sûr et montrés uniquement aux VIP.
Place Ala-Too. Dominée par une triomphante statue de Manas, le centre de Bichkek présente un style architectural un peu brutal, pourtant étonnamment photogénique au moment de la relève de la garde au pas de l’oie, devant le drapeau national. La relève a lieu toutes les deux heures (toutes les heures en hiver). En été, le béton de la moitié nord de la place s’efface sous les créations florales, et le spectacle son et lumière de la fontaine.
Statue de Lénine. Se dressant autrefois sur la place Ala-Too, Vladimir a déménagé en 2003 derrière le musée d’Histoire.
Parc Dubovy. À l’entrée de ce joli parc, où aboutit la verte Erkindik (avenue de la Liberté), des peintres vendent des tableaux d’inspiration locale. Un petit jardin de sculptures se dévoile parmi les chênes, derrière la statue de Kourmanjan Datka, héroïne du XIXe siècle figurant sur les billets de 50 soms.
Musée national des Beaux-Arts. La triste façade de béton contraste avec la grandeur néo-classique de l’Opéra juste en face, mais les collections de broderies, de tapis de feutre et la splendeur des tableaux valent la visite. Ne manquez pas les amusantes reproductions de statues égyptiennes et classiques.
Maison-musée Frounzé. Ce modeste musée de béton abrite la chaumière où serait né Mikhaïl Vassilievitch Frounzé (1885-1925), en l’honneur de qui Bichkek fut rebaptisée peu après sa mort. Les informations en anglais étant peu nombreuses, nombre de visiteurs se contentent de regarder par la fenêtre en passant dans la rue, pour apercevoir la chaumière.
Galerie Al Halal. Cette petite galerie d’art moderne de grande qualité est une fenêtre sur la scène artistique de Bichkek, foisonnante mais souvent invisible. Avec de la chance, vous serez peut-être invité à visiter les ateliers des artistes (Drujba 3). Certains artistes locaux de renom, comme Andrei Zotov (www.zotov-art.com.kg), possèdent désormais leur propre galerie.
Monument à la Seconde Guerre mondiale. Érigé pour le 40e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, et dominant une place de la Liberté surdimensionnée, ce monument évoque une yourte surmontant fièrement la flamme éternelle.
Jirgal Banya et Toktogul. Avec leurs deux drôles de coupoles, ces grands bains sont une bizarrerie architecturale, mais l’intérieur est bien tenu et agréable, avec ses lumières tamisées et sa décoration qui invitent à la détente. À moins d’être gêné par la nudité omniprésente. Sachez que les sections hommes et femmes sont séparées. Comptez un supplément pour la manucure et les massages, mais des venik sont à disposition gratuitement pour se flageller à la russe.

 

Mis à jour le : 17 mars 2015
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