Antarctique : Environnement

Questions environnementales et bonne conduite en Antarctique

Paysages naturels exceptionnels, pureté physique et sérénité font partie des nombreux attributs uniques du continent antarctique. Aujourd'hui, le tourisme et la science constituent les principales activités en Antarctique, avec les conséquences que cela implique sur l'environnement. Le continent a d'ailleurs valeur de test précieux pour de nombreuses questions planétaires comme le réchauffement climatique.

Géographie

Il y a quelque 200 millions d'années, l'Antarctique formait avec l'Australie, l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Inde et la Nouvelle-Zélande le super-continent de Gondwana. Environ 20 millions d'années plus tard, le Gondwana entama sa division extrêmement lente en plusieurs morceaux et les continents, subcontinents et îles commencèrent à prendre leur place actuelle. Des forêts, des mammifères et des dinosaures caractérisaient l'Antarctique quand il arriva au pôle Sud voilà près de 100 millions d'années. On a retrouvé des fossiles de conifères, de fougères et de reptiles également mis en évidence en Inde, en Amérique du Sud, en Australie et en Afrique.
La formation de l'actuel détroit de Drake il y a de cela 34 à 24 millions d'années se traduisit par l'isolement du continent antarctique. La chute des taux de CO² entraîna une baisse spectaculaire des températures en Antarctique.
Aujourd'hui, l'Antarctique forme une sorte de disque d'environ 4 500 km de diamètre pour une surface de quelque 14,2 millions de km² (1,4 fois la taille des États-Unis). “Continent” le plus isolé, le plus aride et le plus haut avec une altitude moyenne de 2 250 m, il est classé dans la catégorie des déserts.
Longs de 2 900 km, les monts antarctiques divisent le continent en Antarctique oriental (parfois appelé le “Grand Antarctique”) et Antarctique occidental (ou “Petit Antarctique”) à partir de la longitude 0°. Le mont Vinson (4 900,3 m) est le point culminant en Antarctique.
Les rochers d'Antarctique oriental, vieux d'au moins 3 milliards d'années, figurent parmi les plus anciens rochers sur terre. Certains des plus anciens rochers terrestres (environ 3,84 milliards d'années selon les estimations) ont été découverts sur la terre d'Enderby. Datant de seulement 700 millions d'années, l'ouest de l'Antarctique est relativement récent.
La péninsule Antarctique sépare les deux grandes baies du continent, occupées par la mer de Weddell et la mer de Ross dont les courants vont dans le sens des aiguilles d'une montre. Chacune possède aussi sa propre plate-forme glaciaire (respectivement la plate-forme de Ronne et la plate-forme de Ross), prolongement du grand inlandsis antarctique.
En septembre, à la fin de l'hiver en Antarctique, la taille du continent a doublé sous l'effet du gel de la glace marine qui peut s'étendre à plus de 1 000 km des côtes. Le littoral antarctique est encore loin d'avoir été parfaitement cartographié.

Questions environnementales

L'isolement de l'Antarctique ne l'empêche pas d'être de plus en plus confronté aux mêmes menaces et défis que le reste de la planète. Les principaux effets sur l'environnement en Antarctique sont causés par des personnes n'y ayant jamais mis le pied ! Le réchauffement climatique, le trou dans la couche d'ozone, les déchets et la pêche affectent l'Antarctique, tout comme la présence humaine.

Impact du tourisme sur l'environnement

Le nombre de touristes en Antarctique dépasse largement celui des scientifiques et du personnel technique. De nombreux règlements ont donc été mis en place pour limiter les conséquences du tourisme sur l'environnement.
L'exemple typique de l'impact humain est l'empreinte de pied dans la mousse encore visible 10 ans après, sans compter les conséquences “invisibles” moins évidentes, comme sur les algues vivant au creux des rochers ou la flore sous la neige.
Les animaux peuvent être affectés même s'ils ne le montrent pas ouvertement dans leur comportement. Ainsi, des chercheurs allemands ont démontré que le rythme cardiaque des manchots Adélie en période d'incubation s'accélère très nettement à l'approche d'un être humain à 30 mètres sans qu'ils ne réagissent pas une réponse visible.
Le protocole de Madrid étudie sur le terrain depuis 1994 l'impact du tourisme sur l'environnement par le biais de son projet d'inventaire des sites antarctiques. Il est conduit par Oceanites Inc. (www.oceanites.org), la seule entité non gouvernementale financée par des fonds publics effectuant des recherches scientifiques en Antarctique.
En août 2011, l'organisation maritime internationale a interdit l'utilisation et le transport de fuel lourd dans le but de faire passer le nombre de voyages de navires de croisière de plus de 500 passagers de 12 (2010-2011) à 5 (2011-2012). Les navires de plus de 500 passagers devraient ne plus pouvoir accoster.
Toutes les ONG écologistes s'opposent à la mise en place d'infrastructures touristiques (hôtels, pistes d'atterrissage en dur) sur les bases, l'impact écologique n'étant pas justifié.

Code de bonne conduite des touristes en antarctique

En 2005-2007, le Traité de l'Antarctique a adopté des directives destinées à limiter l'impact du cumul de touristes. Ces règles concernent les 32 sites les plus visités de la péninsule Antarctique, la région de la mer de Ross et les îles subantarctiques. Elles édictent un code de conduite, limitent l'accostage des bateaux d'une certaine taille (certains sites interdisent les navires de plus de 200 passagers) et fixent un nombre d'heures de visite limitées par site chaque jour.
En 2011, les signataires du traité ont élaboré de nouvelles directives, applicables dans tout l'Antarctique (voir ci-dessous). Pour obtenir la réglementation complète, reportez-vous au site www.ats.aq ou adressez-vous à votre tour-opérateur.

Zones protégées

Se renseigner sur les sites bénéficiant d'une protection spéciale et se conformer aux restrictions d'accès ou d'activités sur place et à proximité.
Ne pas déplacer, emmener ou endommager des objets ou des sites historiques.
Débarrasser ses bottes et ses vêtements de la neige et des impuretés avant d'accéder aux sites.

Environnement

Ne pas abandonner de déchets sur terre ou en mer. Les feux en plein air sont interdits.
Ne pas remuer ou polluer les lacs ou les cours d'eau.
Ne pas ramasser de souvenirs, de spécimens biologiques ou géologiques (y compris des pierres, des os, des œufs, des fossiles) ou emporter des éléments ou le contenu de bâtiments.

Recherche scientifique

Ne pas perturber les recherches, infrastructures et équipements scientifiques.
Obtenir l'accord préalable pour visiter toute infrastructure logistique ou scientifique en Antarctique ; confirmer le rendez-vous entre 24 et 72 heures à l'avance et se conformer strictement aux règles applicables à ce type de visites.

Mis à jour le : 8 avril 2014

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