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Publié le 23/03/2026 5 minutes de lecture
Escaliers en colimaçon ou droits comme des I, il y a dans le monde autant d'escaliers que de manières de les monter.
1. Tulip stairs à Londres, l’un des escaliers les plus mystérieux du monde
Situé dans la Queen’s House dans le quartier de Greenwich à Londres, le Tulip Stairs est considéré comme le premier escalier en spirale autoportant d’Angleterre. Conçu au XVIIe siècle par l’architecte Inigo Jones, il se distingue par sa structure élégante et sa rampe en fer forgé décorée de motifs floraux.
Mais ce qui a véritablement contribué à sa renommée dépasse l’architecture. Une photographie prise dans les années 1960 semble montrer une silhouette fantomatique gravissant les marches. Depuis, cet escalier est aussi célèbre pour son aura mystérieuse que pour son innovation technique.
2. Maison des Esclaves sur l'île de Gorée, un escalier historique bouleversant
Sur l’île de Gorée, au large de Dakar, un escalier simple en apparence incarne une réalité historique bouleversante. Dans cette ancienne maison coloniale, il marquait la séparation entre les esclaves, enfermés au rez-de-chaussée, et les négriers installés à l’étage.
Depuis ce point en hauteur, ces derniers surveillaient les captifs entassés dans des cellules exiguës avant leur départ forcé par la tristement célèbre « porte du non-retour ». Cet escalier n’impressionne pas par son architecture, mais par la charge émotionnelle qu’il porte encore aujourd’hui.
3. Ghats Sacrés de Varanasi en Inde, les escaliers les plus sacrés du monde
À Varanasi, considérée comme la ville la plus sacrée de l’hindouisme, les escaliers ne sont pas de simples structures urbaines. Les ghats, longues volées de marches descendant vers le Gange, organisent toute la vie de la cité. On en compte près de quatre-vingts, chacun ayant une fonction, une histoire ou une signification particulière.
Dès l’aube, ces escaliers deviennent le théâtre d’une activité continue. Des fidèles y accomplissent leurs ablutions rituelles, convaincus que l’eau du fleuve purifie les fautes. À quelques mètres, des enfants jouent, des hommes discutent accroupis, tandis que des femmes lavent des saris aux couleurs vives qui sèchent ensuite au soleil sur les marches.
Mais certains ghats ont une fonction plus solennelle. Sur ceux dédiés aux crémations, les bûchers funéraires brûlent jour et nuit. Les corps sont incinérés à ciel ouvert, selon des rites ancestraux, dans une proximité totale avec les vivants. Pour un regard extérieur, la scène peut sembler brutale. Pour les hindous, elle incarne au contraire l’un des passages les plus essentiels : la libération du cycle des renaissances.
Ces escaliers condensent ainsi toute la complexité de Varanasi. Ils ne séparent pas les usages, mais les superposent : le sacré et le quotidien, la vie et la mort, l’intime et le collectif.
4. La Trinité-Des-Monts à Rome, les escaliers les plus célèbres d'Europe
Un escalier espagnol menant à une église française, au cœur de Rome : dès son origine au XVIIIe siècle, cette volée de 137 marches se situe au croisement des cultures européennes. À proximité de la Trinité-Des-Monts, le poète anglais John Keats y vécut ses derniers jours, dans une maison aujourd’hui transformée en musée.
En contrebas, la Piazza di Spagna reste l’une des places les plus animées de Rome. Autour de la fontaine de la Barcaccia, touristes et vendeurs ambulants se mêlent en permanence. On y jette une pièce, on s’y arrête, puis on gravit les marches jusqu’à l’église de la Trinité-des-Monts.
Les marches servent encore de lieu de passage et de pause, même si s’y installer pour manger est désormais interdit.
5. Jardins Mirabell à Salzbourg, un escalier de film culte
Vénus, Vestale, Minerve, Junon… mais aussi Liesl, Marta et Maria : toutes ces figures se croisent dans les jardins de Mirabell. Aux statues de divinités qui bordent les parterres parfaitement entretenus répond l’empreinte bien plus récente de La Mélodie du bonheur, qui a rendu célèbre la volée de marches ocre où Julie Andrews chante face à Salzbourg.
Un peu plus loin, le jardin révèle un autre visage : un labyrinthe de haies et, à l’écart, le jardin des Nains, peuplé de statues du XVIIIe siècle aux traits volontairement grotesques, inspirées, dit-on, de personnages bien réels.
Ouverts toute l’année, de l’aube au crépuscule, les jardins prennent toute leur dimension à la belle saison, lorsque les fleurs renforcent encore le contraste entre élégance baroque et fantaisie presque dérangeante.
6. L'escalier du château de Blois, Un chef-d’œuvre de la Renaissance
Cette magnifique tour d'escalier polygonale, adossée à la façade de l'aile François 1er, est l'image que l'on retient le plus souvent du château de Blois. Les décors de cet escalier d'inspiration italienne sont caractéristiques de la première Renaissance française, style que l'on retrouve dans de nombreux châteaux de la Loire (notamment Chambord, voir notre top des escaliers de France); moulures et sculptures horizontales croisent la verticalité frappante des hautes ouvertures ; on retrouve ce même antagonisme entre le ciselé des baies et les contreforts massifs. L'escalier, aéré, permet une vision d'ensemble, à la fois de l'extérieur et de l'intérieur.
7. El Castillo à Chichén Itzá au Mexique, un escalier qui devient un serpent
Dans la jungle du Yucatán, le temple de Kukulcán – souvent appelé El Castillo, le château - est une pyramide d'escaliers de 24 m de haut avec un temple au sommet. Cette représentation en pierre d'un calendrier, dotée de 365 marches (soit le nombre de jours dans une année) réparties sur quatre côtés, devient saisissante à l'équinoxe.
À cette période, la taille, l'inclinaison et l'orientation minutieusement calculées de la pyramide permettent au soleil de faire apparaître ce qui ressemble à l'ombre d'un serpent rampant jusqu'au sommet.
Bon à savoir : Lors des équinoxes (21 mars et 22 septembre), il y a foule. Sachez que l'on voit quasiment aussi bien ces jeux de lumière la semaine précédant et la semaine suivant les équinoxes.
8. Les marches du musées des Beaux-Arts de Philadelphie : les plus célèbres du cinéma
Plus qu'un simple escalier, les marches du musée des Beaux-Arts de Philadelphie à l'architecture d'inspiration romaine, immortalisées par Sylvester Stallone, sont la métaphore du triomphe de l'outsider. Des hordes de fans viennent désormais imiter en haut des marches le geste de Rocky dressant au ciel le poing de la victoire.
Après avoir gravi l'escalier et profité de la vue sur les gratte-ciel, direction le musée qui abrite l'une des plus belles collections des États-Unis. Une statue en bronze du boxeur utilisée dans Rocky III se dresse au pied des marches.
9. L'escalier Inca au Pérou, le plus vertigineux au monde
Les Incas ne craignaient guère les hauteurs. Leur ouvrage sans mortier est une superbe structure, mais il faut avoir du cran pour gravir les anciennes marches en pierre latérales jalonnant en zigzag le Huayna Picchu, le sommet emblématique de 2 700 m qui domine, en toile de fond, toutes les cartes postales du Machu Picchu.
Par endroits, l'escalier est pratiquement à la verticale quand les marches, étroites et basses, ne jouxtent pas un gouffre dans la montagne. Une vue imprenable sur la dernière cité inca perdue récompense néanmoins la montée difficile et périlleuse jusqu'au sommet, 350 m en amont des ruines.
Cet article publié en 2014 a été mis à jour en mars 2026.