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Idées de voyage

10 raisons de s'attarder à Mascate

Texte par

Emilie Thièse

Mis à jour le : 28 juin 2019

Carte

Mascate, la capitale du Sultanat d’Oman, est plus qu’une simple ville d'escale au pays de l’encens. Opéra royal à la programmation pointue, Grande Mosquée éblouissante, hôtels dignes d’un conte des Mille et Une nuits, quartiers historiques au charme préservé, plages aux eaux cristallines... Celle qui a accueilli pour la 10e fois cette année la course cycliste internationale de renom Tour of Oman, et dont l’aéroport s’enorgueillit, depuis l’automne, d’un terminal flambant neuf, a plus que jamais le vent en poupe. Et constitue une destination en soi.

Flâner dans le port de Mutrah et le Vieux Mascate

Mascate, qui compte plus d’1 million d’habitants, est une métropole éclatée. Sa dizaine de quartiers s’égrène sur près de cinquante kilomètres le long de la mer d’Oman, constellant les roches volcaniques de maisons blanches et de minarets colorés. Au fil de la route parfaitement asphaltée qui les relie, se succèdent tradition épurée et modernité dernier cri.
Tout à l’Ouest, se dresse le quartier historique de Mutrah, l’un des plus ancien port du Moyen-Orient, témoin du fier passé maritime du pays. On vient flâner sur ses quais tôt le matin, à l’heure de la criée. Sous la halle contemporaine ajourée du marché aux poissons, l’ambiance est joyeuse et animée. Sur les étals, les prises du jour accordent leurs couleurs à celles des dishdashas et kummas des vendeurs, tuniques et coiffes traditionnelles omanaises, en une poésie pastel.

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Poésie pastel et bonne humeur au marché aux pêcheurs.

Depuis le marché aux poissons, on longe ensuite la mer et le quartier chiite al-Lawatiya, ceint de façades aux balcons ouvragés, ponctué par l’emblématique dôme bleu de la mosquée Lawati. On s’engouffre alors dans la fraîcheur d’une ruelle pour suivre l'enfilade d'échoppes de bijoux en or jusqu'aux allées historiques du souk, plus ancien marché couvert d’Arabie. Babioles éblouissantes et tissus chatoyants - souvent plus indiens qu’omanais -, volutes enivrantes de l’encens - récolté dans la région du Dhofar, au sud du pays -, excitent les sens à l'extrême. Une simple diversion. Le vrai trésor des lieux, lui, se fait discret, et demande, pour être vu, de lever la tête : sur les plafonds en bois, les subtiles peintures décoratives rappellent celles du château de Jabreen, réputé pour être le plus beau du pays.

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Stimulations sensorielles au souk de Mutrah

Après l’effervescence du souk, on prend le temps de se perdre dans l’enchevêtrement des ruelles. Désordre géométrique en blanc et ocre, égayé ça et là de minarets, qui épouse les vides laissés par la roche. On rejoint ensuite la promenade de la corniche, trait d’union entre Mutrah et le Vieux Mascate, qui serpente entre les montagnes et la mer, pour se mêler au ballet en damier - blanc des dishdashas et noir des abayas - des Omanais, qui l’arpentent jour et nuit d’un pas sportif. Là, les montagnes, crénelées des forts Al Jibali et Al Mirani du XVIe siècle, vestiges de l’occupation portugaise, enserrent une nouvelle avalanche blanche et ocre, composée notamment du Musée national, et, seul écart à la sobriété dominante, du Palais royal, repérable à ses colonnes dorées et bleu.
 

Dormir dans un palais digne des Mille et Une nuits

Le long de sa côte, Mascate déroule de superbes plages de sable blanc où se sont établis quelques très beaux hôtels de luxe. Lovés dans des palmeraies percées de bassins, ils affichent une atmosphère moderne et épurée, jouant des esthétiques bédouines et de celles des palais omanais.
Au Sud-Ouest, dans une sublime baie abritée, l'Al-Bustan Palace permet de pousser le fantasme des Mille et Une nuits à son paroxysme. Aujourd'hui Ritz-Carlton hôtel, il fut à l'origine construit en tant que palais, afin de recevoir les chefs d’état et familles royales conviés au premier sommet des pays du Golfe, en 1985. Sa silhouette octogonale caractéristique, qui domine près de 200 hectares de jardins, s’ouvre sur un hall somptueux, orné d’arabesques sculptées en bois, en nacre et en or, et coiffé d’un dôme de 38 mètres de haut, d’où jaillit un lustre en cristal grandiloquent. Faste d'un raffinement extrême dont on jouit à loisir en faisant durer le rituel du kawa, café noir traditionnel relevé aux épices et accompagné de dattes, goûtant ainsi à la légendaire hospitalité omanaise.

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L’Al-Bustan Palace et son lobby étourdissant

Au cœur de l'oasis de l'Al Bustan, se niche le spa Six Senses, fort omanais miniature, fleuri de bougainvilliers en cascade et cerné de roches noires. Véritable havre de paix, il offre, outre la pléiade de soins dédiés, un espace bien-être uniquement réservé aux femmes, doté - luxe unique à Oman - d'une plage privée, dont les eaux cristallines invitent à ne plus bouger. 

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La plage privée pour femmes au spa Six Senses de l’Al Bustan Palace

S'offrir une soirée de gala au Royal Opera House

Travertin, marbre de Carrare et teck birman finement travaillés ; plafonds en bois peints inspirés du château de Jabreen ; lustres en cristal Swarovski... L'emphase intérieure de l'Opéra royal de Mascate est inversement proportionnelle aux lignes de sa façade, sobres et épurées. Situé dans le quartier chic et branché Al Qurum, celui qui se targue d'être le premier Opéra des pays du Golfe ne ravit pas seulement l'œil des visiteurs. De septembre à mai, il enchante également son ouïe, grâce à une programmation internationale de renom. Ballets, opéras, concerts de musique classique, arabe, de jazz... Une sélection éclectique, que son extension, fraîchement inaugurée, permettra encore d'élargir, tout en offrant expositions permanentes et temporaires. Le sultan Qaboos Ibn Said, mélomane averti, matérialise ici sa vision de Mascate comme lieu de rencontre entre les cultures.

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L’Opéra royal, où se côtoient épure et superbe, écrin d’une foisonnante programmation

S’ébahir devant la Grande Mosquée du Sultan Qaboos

Son dôme majestueux et les 5 minarets qui le veillent, nimbés, de nuit, d'une lumière orangée, surgissent, féériques, depuis la route. Chaque soir, en traversant l'artère principale de Mascate, la Grande Mosquée du Sultan Qaboos se laisse entrevoir, auréolée de mystère, attisant l'imagination, imposant le respect. De jour, l'édifice, ouvert à la visite le matin, impressionne par son gigantisme et la richesse de ses ornementations. Lustre en cristal Swarovski plaqué or de 8 tonnes et de 14 mètres de haut ; tapis persan de 4 200 m2, tissé à la main en Iran par 600 femmes... La salle de prière principale, dédiée aux hommes, remportait haut la main la coupe des superlatifs, avant que la mosquée Cheikh Zayed, à Abu Dhabi, ne s'empare du trophée en 2007. Mais qu'importe, car la séduction opère ailleurs : dans la grâce des frises de calligraphies coraniques sculptées dans la pierre ; dans la quiétude des jardins ; et surtout, sous les allées bordées d'arcades, les riwaq. Y défilent un cortège de niches égayées de mosaïques, donnant à voir la palette des techniques et motifs artistiques du monde islamique, depuis l'Espagne jusque l'Asie centrale.

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La Grande Mosquée du Sultan Qaboos, majestueuse

Palmer avec les tortues aux îles Daymaniyat

Au Nord de Mascate, à une vingtaine de kilomètres des côtes, le Golfe d'Oman égrène un chapelet d'une dizaine d'îles, roches ocre fardées de sable blanc, classées « réserve nationale et naturelle de la vie marine omanaise ». L'archipel des Daymaniyat, qui s'étend sur plus de 200 000 hectares, prête ainsi, de novembre à avril, ses eaux turquoises aux explorations sous-marines. Peuplant ses récifs coralliens : tortues, raies, requins léopards, ainsi qu'une multitude de petits poissons colorés...

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Les îles Daymanyat, dotées d’une vingtaine de spots de plongée

Se rafraîchir dans les wadis

Spécificité omanaise, les wadis - « cours d'eau » en arabe - percent les échancrures des monts Hajar de piscines naturelles aux eaux idylliques. Abreuvant de fraîcheur l'aridité du Nord-Est du pays, ils se rejoignent, pour beaucoup, en 1h30 tout au plus depuis Mascate. Pour les atteindre, il suffit parfois de remonter la course des aflaj, systèmes d'irrigation séculaire, datant de l'époque perse et classés patrimoine mondial par l'Unesco, qui alimentent les villages. Si la plupart, comme le célèbre Wadi Shab, sont facilement accessibles, d'autres, plus secrets et isolés, nécessitent l'expertise d'un guide local, spécialisé dans le tourisme d'aventure, comme Twenty3 Extreme. Randonnées dans des paysages grandioses ponctués de palmeraies, canyoning et bivouac sont alors au programme.

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Remonter la course séculaire des aflaj pour atteindre les wadis...

Goûter l'Inde, l'Afrique et l'Arabie

Sa position stratégique entre Orient et Occident, ainsi que sa longue ouverture maritime de 3 000 km, ont fait d'Oman, dès le IIIe millénaire, un carrefour commercial d'importance. De ses échanges entre la péninsule Arabique et le subcontinent indien, et de sa présence en Afrique au XIXe siècle - à Zanzibar notamment -, résulte une culture empreinte de métissage. Un brassage qui se goûte jusque dans l'assiette : viandes et poissons, grillés ou cuits lentement dans une feuille de palmier, accompagnés de riz ou de fines galettes cuites sur la plaque chaude, s'agrémentent de savants mélanges d'épices. À Mascate, deux adresses se distinguent par la qualité de leurs mets et leur cadre traditionnel enchanteur : Bait al Luban et Roznar.

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Métissage des saveurs...

Plonger au cœur du sultanat

Depuis Mascate, il est possible, sur une demi-journée, de plonger au cœur du sultanat, pour découvrir Nizwa, l'ancienne capitale. La « perle de l'Islam », où s'élèvent deux des plus anciennes mosquées du monde musulman, s'étire sous une sentinelle de palmiers, cernée par les ombres sinueuses du Hajar occidental. Fief des intellectuels sous le règne des Ya'ruba aux XVIIe et XVIIIe siècles, elle brille encore aujourd'hui grâce à son fort, considéré comme l'un des plus beau du pays. À ses pieds, le souk, où l'on s'approvisionne déraisonnablement en dattes et, pour les palais téméraires, en halwa, douceur omanaise traditionnelle, à base d'eau de rose, de farine, de sucre et d'épices...

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Nizwa, « perle de l’Islam »

Appréhender le paysage depuis la mer

Les dhow, ces boutres en bois traditionnelles, encore fabriquées aujourd'hui dans le port de Sur, incarnent l’ancienne puissance maritime omanaise. À Mascate, ces fiers vaisseaux prêtent désormais leurs ponts à des croisières au coucher du soleil, permettant d’apprécier les découpes si particulières de la côte et d’admirer certains édifices emblématiques de la ville.

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Aborder la côte dans la lumière du couchant...

Quand partir ?

D’octobre à mars, pendant la saison douce...


Guide de voyage

Lonely Planet : un guide de référence, à la fois pratique et culturel, pour un séjour inoubliable à Oman et aux Émirats arabes unis ! 

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