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Publié le 13/05/2015 7 minutes de lecture
Dormir dans un refuge isolé est une expérience recherchée par les voyageurs qui souhaitent s’éloigner du tourisme classique et renouer avec des territoires sauvages.
Qu’il s’agisse d’un buron d’altitude, d’une cabane en bois au bord d’un lac nordique ou d’un abri battu par les vents sur une côte atlantique, chaque région du monde possède ses propres refuges, façonnés par le climat, l’histoire et les usages locaux.
Ces hébergements, souvent rudimentaires et accessibles uniquement à pied, offrent bien plus qu’un simple toit pour la nuit : ils permettent une immersion totale dans le paysage et une relation plus directe à l’environnement.
Voici dix exemples de refuges isolés emblématiques dans le monde, sélectionnés pour leur cadre naturel, leur isolement et l’expérience unique qu’ils proposent aux randonneurs et voyageurs autonomes.
1. Les refuges du Club vosgien, une tradition de randonnée en France
Les refuges du Club vosgien constituent un réseau unique de chalets de randonnée disséminés dans le massif des Vosges. Construits à partir du XIXᵉ siècle, ils ont été pensés comme des abris accessibles aux marcheurs parcourant les crêtes et les forêts de la région.
À l’intérieur, l’aménagement est simple : tables en bois, cuisinière en fonte, éclairage minimal et poêles en faïence typiques. Le visiteur y dépose ses chaussures de marche et prépare lui-même son repas, souvent à partir de produits locaux.
Ces refuges sont entretenus par les sections locales de l’association et sont accessibles à petits prix, généralement en dortoirs. Certains proposent également une table d’hôtes, mais la majorité fonctionne sur le principe de l’autonomie. Leur isolement est relatif, mais ils permettent de passer la nuit en pleine nature, loin des zones urbaines.
2. Garbh Choire Refuge, l’expérience brute d’un bothy écossais
Situé dans le massif des Cairngorms en Ecosse, le Garbh Choire Refuge est un bothy, c’est-à-dire un abri non gardé typique du pays. La construction est sommaire, la toiture grince et laisse parfois passer l’eau, et les courants d’air sont fréquents.
Depuis les années 1960, ce refuge sert de point d’abri aux randonneurs et grimpeurs évoluant entre le Cairn Toul et le Braeriach, deux sommets majeurs de la région.
L’expérience est volontairement minimaliste : pas d’électricité, pas de services, et un confort très limité. En échange, le visiteur découvre une ambiance authentique et une solidarité propre aux bothies écossais. Les discussions autour d’une boisson chaude, lorsque le vent souffle à l’extérieur, font partie intégrante de l’expérience.
3. Un refuge andin accessible à cheval à Vilcabamba (Équateur)
Ce refuge privé d’altitude, sans nom commercial et accessible uniquement avec un guide local depuis le village andin de Vilcabamba, se rejoint à cheval par des sentiers étroits et sinueux qui s’agrippent aux flancs de la montagne. Le parcours traverse des rivières issues de la fonte des neiges, longe des pentes abruptes et serpente à travers la forêt de nuages, un écosystème dense et humide caractéristique du sud de l’Équateur.
À l’arrivée, le refuge offre un point de vue dégagé sur les sommets environnants et les versants tapissés d’orchidées et de broméliacées.
Situé à proximité immédiate du parc national de Podocarpus, le site reste volontairement confidentiel, l’accès se faisant exclusivement avec un guide local proposant des treks équestres.
4. Mungo Hut, une cabane extrêmement isolée dans les Alpes du Sud néo-zélandaises
La Mungo Hut est l’un des refuges les plus isolés des Alpes du Sud néo-zélandaises. Selon le registre conservé sur place, seuls quelques groupes y passent la nuit chaque année. L’accès se fait par un itinéraire exigeant, le long de la rivière Mungo, à travers la brousse dense et sans sentier clairement balisé.
Après plusieurs heures de progression, il reste encore une courte mais raide montée pour atteindre le refuge, installé dans une clairière entourée de cèdres de montagne et de pins jaunes.
La cabane elle-même est rudimentaire et ne dispose que de quatre lits superposés. Son isolement extrême est compensé par la présence de sources chaudes naturelles à proximité, accessibles à pied lorsque les conditions le permettent. Ce refuge s’adresse exclusivement à des randonneurs expérimentés, capables d’évoluer en terrain isolé et de gérer leur autonomie.
5. L’Erzherzog-Johann-Hütte, le refuge le plus élevé d’Autriche
Perchée à 3 454 mètres d’altitude, l’Erzherzog-Johann-Hütte est le plus haut refuge d’Autriche. Elle fait face au Grossglockner, le point culminant du pays, et offre une vue dégagée sur plusieurs sommets emblématiques des Alpes orientales.
L’accès au refuge constitue déjà une véritable course d’alpinisme : cinq à six heures d’ascension sont nécessaires depuis Kals ou Heiligenblut, avec traversée de glaciers et passages équipés de cordes fixes selon l’itinéraire choisi.
Le refuge est gardé durant la saison estivale, de juin à septembre, et nécessite une réservation en raison de sa popularité. Hors saison, une salle d’hiver permet néanmoins de s’abriter, offrant quelques lits superposés. Malgré sa fréquentation relative, son altitude et son environnement glaciaire en font un refuge réellement isolé, réservé à un public préparé.
6. Le buron d’Eylac, refuge d’altitude dans les volcans d’Auvergne
Le Buron d’Eylac est un refuge d’altitude situé dans le parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, face au Puy Mary. Accessible à pied ou en raquettes depuis le col de Serre, il se distingue par son caractère rustique.
Entre mi-septembre et mi-juin, il ne dispose ni d’eau courante ni d’électricité, et aucun repas n’est proposé sur place.
Le gîte compte quatorze lits et une pièce commune, mais la fréquentation reste faible en raison de l’isolement et des conditions climatiques. L’environnement est marqué par de vastes estives, où l’on croise bien plus de vaches que d’êtres humains. Ce refuge illustre parfaitement la tradition pastorale des burons auvergnats.
7. Un refuge d’altitude sur les itinéraires du parc national de Daisetsuzan au Japon
Dans le parc national de Daisetsuzan, au centre de l’île d’Hokkaido, les refuges d’altitude ponctuent des itinéraires de trek de plusieurs jours. Le Chubetsu-Dake Hinan-goya est l’un de ces abris, utilisé par les randonneurs parcourant l’épine dorsale du massif.
L’accueil y est souvent convivial malgré la barrière de la langue, et certains refuges disposent de sols recouverts de tatamis ou se situent à proximité de sources chaudes.
L’environnement reste cependant exigeant, avec la présence d’ours bruns dans la région. Une bonne préparation et un équipement adapté sont indispensables pour passer la nuit dans ces refuges isolés du Japon.
8. La stuga, cabane traditionnelle au cœur de la nature suédoise
La stuga est une petite maison en bois emblématique de la Suède rurale. Souvent située au bord d’un lac, en forêt ou en montagne, elle est accessible par un simple sentier ou une piste.
L’équipement est volontairement spartiate : espace réduit, mobilier simple et absence de luxe. Le véritable attrait de la stuga réside dans son environnement immédiat, qui devient le prolongement naturel de l’habitation.
Passer la nuit dans une stuga permet de découvrir le rapport étroit qu’entretiennent les Suédois avec la nature. L’isolement, le silence et les longues soirées face au paysage font partie intégrante de l’expérience.
9. Refugio Frey, un camp de base isolé en Patagonie
Surplombant la ville de Bariloche, le Refugio Frey est installé au pied du Cerro Catedral, dans le parc national du Nahuel Huapi. Accessible par plusieurs itinéraires de randonnée, il constitue un camp de base pour les randonneurs, skieurs de fond et grimpeurs explorant l’une des principales zones d’escalade de Patagonie.
Le refuge offre une vue panoramique sur les aiguilles de granit et les lacs aux eaux vertes qui caractérisent la région.
Malgré sa relative fréquentation, son altitude et son cadre minéral lui confèrent un véritable sentiment d’isolement, renforcé par la présence de condors planant au-dessus du massif.
10. Dormir sur l’océan dans une pêcherie au carrelet sur la côte Atlantique
Les pêcheries au carrelet sont des cabanons sur pilotis installés le long de la côte atlantique, de l’estuaire de la Loire jusqu’à la Gironde. Perchées au bout de jetées ou directement sur des rochers, elles sont équipées d’un grand filet carré, le carrelet, que l’on descend et remonte au gré des marées.
Certaines pêcheries peuvent être louées pour une nuit ou plus, offrant une expérience originale de refuge isolé au-dessus de l’océan.
Loin des plages fréquentées, ces cabanes permettent de pêcher bars, soles ou congres dans un environnement calme et exposé aux éléments. Leur isolement dépend des marées et des conditions météorologiques, mais elles offrent une immersion unique dans le paysage côtier.
Dormir dans un refuge isolé : questions fréquentes
Cette FAQ répond aux interrogations les plus fréquentes pour préparer une nuit en refuge isolé, que ce soit en montagne, en forêt ou dans des régions reculées, et voyager en toute autonomie.
Peut-on dormir dans un refuge isolé sans guide ?
Oui, de nombreux refuges isolés sont accessibles sans guide, notamment en Europe et en Amérique du Sud. En revanche, certains refuges situés en zones très reculées ou réglementées imposent l’accompagnement d’un guide local. Il est essentiel de se renseigner sur les conditions d’accès et le niveau requis avant le départ.
Faut-il réserver pour dormir dans un refuge isolé ?
Cela dépend du type de refuge. Les refuges gardés nécessitent presque toujours une réservation, surtout en haute saison. Les refuges non gardés ou abris d’altitude fonctionnent généralement sans réservation, selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Quel équipement prévoir pour une nuit dans un refuge isolé ?
Pour dormir dans un refuge isolé, il faut prévoir un sac de couchage adapté à la saison, une lampe frontale, de l’eau ou un système de filtration, de la nourriture, des vêtements chauds et une trousse de premiers secours. Certains refuges ne disposent ni d’électricité ni de chauffage.
Les refuges sont-ils ouverts toute l’année ?
Non, beaucoup de refuges isolés sont saisonniers. En montagne, l’ouverture dépend des conditions d’enneigement et des risques d’avalanches. Certains refuges disposent toutefois d’une salle d’hiver accessible hors saison, offrant un abri minimal.
Les refuges sont-ils gratuits ?
Certains refuges non gardés sont gratuits, mais beaucoup demandent une participation financière volontaire ou une cotisation à une association locale. Les refuges gardés sont payants, avec des tarifs variables selon le pays et les services proposés.
Est-il dangereux de dormir dans un refuge isolé ?
Dormir dans un refuge isolé n’est pas dangereux si l’on est bien préparé. Les principaux risques sont liés à la météo, à l’isolement et au manque de réseau. Une bonne planification, un itinéraire adapté et le respect des règles locales réduisent fortement les risques.
Peut-on faire du feu dans un refuge ?
Cela dépend des refuges et de la réglementation locale. Certains disposent d’un poêle ou d’une cheminée, d’autres interdisent strictement le feu en raison des risques d’incendie. Il est indispensable de vérifier les règles spécifiques avant d’utiliser un foyer.
Quelle est la différence entre un refuge gardé et un refuge non gardé ?
Un refuge gardé est tenu par un gardien et propose généralement des repas, de l’eau potable et parfois des sanitaires. Un refuge non gardé est un abri autonome, sans personnel, où les visiteurs doivent apporter leur nourriture, leur eau et gérer entièrement leur séjour.
Peut-on dormir dans un refuge avec des enfants ?
Oui, mais uniquement dans des refuges faciles d’accès et adaptés. Il est déconseillé d’emmener des enfants dans des refuges très isolés ou nécessitant une longue marche en terrain difficile sans expérience préalable.
Cet article publié en 2015 a été mis à jour en 2026.
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