Le musée de Shanghai abrite l’une des grandes collections d’art chinois du pays. Bronzes rituels, céramiques, sculptures, peintures, calligraphies, jades et sceaux permettent de parcourir plusieurs millénaires de création, depuis les premières dynasties jusqu’aux dernières heures de l’Empire.
Le musée est aujourd’hui réparti entre deux sites. Le Shanghai Museum East, à Pudong, est devenu le principal écrin des collections permanentes d’art chinois. Le bâtiment historique de People’s Square, longtemps associé à l’institution, accueille désormais surtout de grandes expositions temporaires.
Le Shanghai Museum East, nouveau cœur des collections
Ouvert à Pudong, le Shanghai Museum East a considérablement agrandi les espaces consacrés aux collections. Son architecture contemporaine tranche avec le bâtiment emblématique de People’s Square, mais l’ambition reste la même : présenter l’histoire de l’art chinois à travers des œuvres choisies pour leur qualité autant que pour ce qu’elles racontent de leur époque.
L’ampleur du musée invite à faire des choix. Les bronzes, les céramiques et les sculptures constituent sans doute la meilleure introduction pour une première visite. Les galeries de peinture et de calligraphie demandent davantage de temps et d’attention, tandis que les collections de jades, de sceaux et de monnaies permettent d’explorer des domaines moins familiers de l’art chinois. Le Shanghai Museum East compte aujourd’hui treize galeries permanentes.
Bronzes, céramiques et sculptures : les collections majeures
La galerie des bronzes reste l’un des temps forts du musée. Vases à vin, récipients destinés aux offrandes, armes et cloches rappellent le rôle essentiel de ces objets dans les cérémonies religieuses et le culte des ancêtres. Certains remontent aux premières dynasties chinoises et témoignent déjà d’une maîtrise remarquable de la fonte et du décor.
Il faut surtout s’approcher pour observer les surfaces. Dragons, animaux fantastiques et motifs stylisés couvrent les pièces les plus anciennes. Leur fonction n’était pas seulement décorative : ces créatures appartenaient à un univers rituel dans lequel le pouvoir, les ancêtres et le monde surnaturel étaient intimement liés. La collection permet de suivre environ 3 600 ans d’évolution de l’art du bronze chinois.
Les sculptures offrent un tout autre visage de la Chine ancienne. Aux figures funéraires succèdent des représentations bouddhiques dont les formes révèlent les échanges entretenus avec l’Inde et l’Asie centrale le long de la route de la Soie. Bouddhas, bodhisattvas et divinités protectrices montrent comment les modèles venus de l’ouest furent progressivement assimilés et transformés par les artistes chinois. Certaines œuvres conservent encore des traces de couleurs, rappelant que ces sculptures aujourd’hui monochromes étaient souvent peintes. La galerie réunit près de 300 pièces, dont sculptures en pierre, bois, bronze et terre cuite.
La céramique offre un parcours tout aussi riche. Les œuvres les plus anciennes remontent aux premières productions chinoises, avant de laisser place aux figurines des Han, aux glaçures polychromes des Tang puis aux créations beaucoup plus dépouillées des Song. C’est souvent dans ces dernières que l’art chinois de la céramique atteint une forme d’épure : un bol parfaitement proportionné, une glaçure à peine colorée ou un céladon aux nuances vert d’eau suffisent à retenir le regard.
Les porcelaines des Ming et des Qing offrent un contraste spectaculaire. Les formes deviennent plus complexes, les décors plus abondants et la palette s’élargit. Les productions de Jingdezhen, grand centre porcelainier du Jiangxi, occupent naturellement une place de choix. La galerie actuelle rassemble plus de 500 pièces et retrace aussi le rôle considérable joué par la céramique chinoise dans les échanges avec le reste du monde.
Peinture et calligraphie chinoises
Les galeries consacrées à la peinture réunissent plusieurs siècles de tradition chinoise, avec une place importante accordée au paysage. Montagnes noyées dans la brume, rivières, arbres isolés et pavillons composent des scènes où le vide fait pleinement partie de l’œuvre. Quelques traits d’encre suffisent souvent à suggérer un relief ou une profondeur, loin de la recherche de réalisme propre à la peinture occidentale.
Parmi les artistes représentés figurent de grands maîtres comme Ni Zan et Wang Meng, deux figures majeures de la peinture lettrée sous la dynastie Yuan. Leurs paysages montrent toute la subtilité d’un art fondé sur la maîtrise du pinceau, les variations de l’encre et l’équilibre de la composition.
La calligraphie occupe une galerie distincte. En Chine, elle est considérée comme un art à part entière : la forme des caractères, la fluidité du geste et la manière dont l’encre se dépose sur le papier comptent autant que le texte lui-même.
Les informations pratiques pour préparer sa visite du musée
Le Shanghai Museum East se trouve au 1952 Century Avenue, dans le quartier de Pudong. Il ouvre de 10 h à 18 h, avec une dernière admission à 17 h, et ferme le mardi sauf certains jours fériés. Les visiteurs individuels n’ont actuellement pas besoin de réserver à l’avance.
Pour entrer, les visiteurs étrangers doivent se munir de l’original de leur passeport. L’accès individuel s’effectue par l’entrée Est située au niveau B1, près de Dingxiang Road, après le contrôle de sécurité.
Le métro constitue le moyen le plus simple de rejoindre le musée. La ligne 2 dessert la station Shanghai Science and Technology Museum, dont la sortie 8 permet de rejoindre le site. Il est également possible d’utiliser la ligne 4 jusqu’à Pudian Road, sortie 2, ou la ligne 6 jusqu’à Pudian Road, sortie 1.
Pour plus d'informations, consultez le site officiel du musée de Shanghai