Château de Labourdonnais

L'avis de l'auteur Lonely Planet

demeure coloniale et vergers

On chercherait presque Scarlett O’Hara dans les jardins de cette imposante maison coloniale du XIXe siècle, même si ici ce n’est pas le coton mais la canne à sucre qui a fait les beaux jours de cet ancien domaine sucrier. Une majestueuse allée de Ficus microcarpa, originaires d’Inde, donne sur cette bâtisse d’inspiration néoclassique italienne. Dotée d’une double varangue circulaire supportée par d’imposantes colonnes en teck, celle-ci fut construite à l’initiative du planteur Christian Wiehe entre 1856 et 1859.

La maison est toujours la propriété de la famille Wiehe qui l’occupa pendant plus de trois générations. L’agencement des pièces est caractéristique des hôtels particuliers du XIXe siècle avec un vestibule central desservant d’un côté la salle à manger et de l’autre le grand salon, doté de beaux meubles en palissandre noirci et un mobilier ­Napoléon III. On trouve aussi au rez-de-chaussée le bureau-bibliothèque en acajou du maître de maison avec ses carnets de comptes, l’accès à la cuisine et au godon (de l’anglais go down), nom exotique donné à la cave.

La rénovation du “château” entreprise entre 2006 et 2010 fut un vrai tour de force, le climat tropical et les insectes ayant considérablement endommagé sa structure et ses éléments décoratifs. Elle nécessita l’intervention d’artisans spécialisés notamment pour la rénovation des tapisseries, comme l’explique un film diffusé à l’étage. On trouvera aussi au premier niveau un petit musée très instructif sur l’histoire des concessions de l’île Maurice ainsi qu’un descriptif des produits fabriqués aujourd’hui sur les terres du Domaine Labourdonnais (350 ha de canne et 50 ha de verger), qui produisent chaque année 50 000 litres de rhum et 500 tonnes de fruits ; une plantation de vanille produit elle 450 kg de gousses séchées par an. De là on aperçoit la cheminée de l’ancienne sucrerie du domaine, démolie en 1960. Promenez-vous dans le verger du château qui regroupe de nombreuses essences, et notamment une cinquantaine de variétés de manguiers plantés au XIXe siècle. Vous trouverez aussi dans le jardin une rhumerie récente en activité que l’on peut visiter. Enfin, pour clore cette escale champêtre, laissez-vous tenter par la dégustation des rhums du domaine Labourdonnais, près de la boutique, et à faire une escale au restaurant  ; un peu plus loin, le restaurant La Terrasse sert quiches, paninis et salades, tandis qu’on peut acheter miel et pâtes de fruits à l’épicerie La Corbeille. Un petit train fait un tour commenté (45 minutes) du domaine.

Le château Labourdonnais est situé entre Pamplemousses et Goodlands. De cette dernière, prenez la direction de Mapou en tournant à droite à la sortie de la ville en direction de Poudre d’Or.

266 9533 ; domainedelabourdonnais.com ; Mapou ; tlj 9h-17h

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