Azerbaïdjan : Culture

Les grandes figures de la culture azerbaïdjanaise sont révérées dans tout le pays. Leurs bustes ornent les plus beaux bâtiments de Bakou, les rues portent leurs noms, et leurs maisons sont souvent transformées en “maisons-musées” (ev-muzeyi) où l’on vient leur rendre hommage.

Cinéma

Le cinéma en Azerbaïdjan remonte aux images des puits de pétrole d’Abşeron, datées de 1898. Bakou a offert un décor sur mesure à maints cinéastes. Dans Le Monde ne suffit pas, Pierce Brosnan, qui jouait James Bond, conduisait une BMW Z8 à travers les champs pétrolifères de Bayıl. Grand classique soviétique culte de 1968, Brilliantovaya Ruka (Un Bras de Diamant, www.youtube.com/watch?v=cibzTYr-PSs) se déroule dans la vieille ville de Bakou. Celle-ci sert de décor à cette farce à la De Funès, dont les héros font de la contrebande de bijoux. Bakou apparaît également beaucoup dans Yarasa (La Chauve-Souris, www.youtube.com/watch?NR=1&v=qozngjNA-dE). Ce film d’art et d’essai d’Ayaz Salayev a été couronné au festival de cinéma Premiers Plans d’Angers en 1996.
Les cinéphiles azerbaïdjanais se rendent sur le site Internet spécialisé Kinozal (www.kinozal.az). L’Azerbaijan Film Commission (http://afc.az/eng) possède une page en anglais sur l’histoire du cinéma azerbaïdjanais (http://afc.az/eng/az_films/tarix.shtml). Enfin, l’unique salle qui projette régulièrement des films sous-titrés en anglais, Çingis Klubu, se trouve à Shaki.

Littérature

L’Azerbaïdjan possède une longue tradition littéraire. Omniprésentes, les statues de Nizami Gandjavi (1141-1209), le “Shakespeare azéri”, sont presque plus nombreuses que celles de Heydar Aliyev. Il écrivait en distiques persans. Mais c’est Mehmed bin Suleyman Füzuli (1495-1556) qui, le premier, écrivit entièrement en turc azéri. Son adaptation délicate du poème classique de Nizami, “Leïli et Madjnoun” (une parabole soufie présentée comme le récit d’un amour fou) influença nombre d’auteurs ultérieurs. Citons notamment le poète Khurshudbanu Natavan (1830-1897), le dramaturge Mirza Fatali Axundov (1812-1878) et le poète et satiriste Mirza Sabir (1862-1911). Le poème a aussi inspiré à Eric Clapton sa chanson “Layla”. Samed Vurgun, particulièrement populaire dans sa région natale de Qazax, est l’écrivain phare du XXe siècle en Azerbaïdjan. Elchin Afandiyev, actuellement Premier ministre suppléant, est un dramaturge célèbre.

Musique

Mugham

Le mugham (muğam) azerbaïdjanais, genre musical traditionnel, a été classé Chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité par l’Unesco. Ce qui résonne comme une mélopée mélancolique aux oreilles occidentales revêt une intensité émotionnelle très particulière. C’est comme si l’âme chantait. Alim Qasimov est actuellement le plus grand interprète de mugham. Écoutez un éventail d’artistes de diverses époques et différents styles en ligne sur Mugam Radio (www.mugamradio.az). Traditionnellement, les khanende (chanteurs de mugham itinérants) se défiaient lors de compétitions semblables à celles des bardes du monde celte. Elles ont toujours lieu aujourd’hui sous le nom de meykhana (meyxana), et ne sont pas sans évoquer le slam, dans la forme du moins (improvisations mi-chantées, mi-parlées). Les paroles, plus joyeuses et légères, sont accompagnées au synthétiseur.

Jazz

À Bakou, le jazz a gagné en popularité dans les années 1950 et 1960. Le pianiste et compositeur Vagif Mustafazadeh (1940-1979) lui a donné une couleur locale en le mariant aux improvisations du mugham azéri traditionnel. Sa fille, la très talentueuse Aziza Mustafazadeh (www.azizamustafazadeh.de ; née en 1969), a ensuite mélangé jazz mugham et musique classique. Pianistes contemporains incontournables de jazz mugham, Shahin Novrasli et Isfar Sarabski ont triomphé respectivement en 2007 et 2009 au festival de jazz de Montreux.

Rock et pop

L’essentiel de la pop azerbaïdjanaise est largement calquée sur la musique pop turque. On trouve aussi une petite scène rap, R&B et rock. Le talentueux groupe de rock New Skin évoque une sorte de Muse azerbaïdjanais. On les entend souvent sur le site www.rockzone.az.

Peinture et sculpture

L’art azerbaïdjanais a prospéré dans les années 1960. Aujourd’hui, les œuvres du grand peintre néo-impressionniste Sattar Bahlulzade coûtent plusieurs centaines de milliers de dollars. L’œuvre de Tahir Salahov navigue entre le réalisme socialiste, l’art du portrait aux riches couleurs, et les paysages de style cubiste. L’essentiel de la statuaire publique d’avant l’Indépendance a été remplacée il y a peu par des fontaines ou des statues de Heydar Aliyev. Il reste toutefois de grandes et belles œuvres, en particulier d’Omar Eldarov. Sa statue de Hüseyn Cavid domine la place Lev Landau à Bakou.

Mis à jour le : 30 mars 2014
Vizeat

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