Kounia-Ourguentch

Jadis important centre musulman, la ville moderne de Kounia-Ourguentch (“Vieille Ourguentch”) est aujourd’hui une bourgade rurale et tranquille où le bétail évolue dans les rues de terre battue. Conquis dans la première moitié du XIe siècle par les Turcs seldjoukides, le Kharezm prospéra au XIIe siècle sous la dynastie seldjoukide des Kharezmshah pour devenir un empire étendu. Avec ses mosquées, ses madrasa, ses bibliothèques et ses bazars florissants, Gourgandj (le nom perse de Kounia-Ourguentch) fut un centre du monde musulman jusqu’à ce que Mohammed II Kharezmshah s’empare de Samarcande en 1210 et en fasse sa capitale.
En 1218, 450 marchands en provenance du territoire de Gengis Khan furent assassinés à Otrar, une ville frontière du Kharezm à l’est de la mer d’Aral. Gengis Khan dépêcha trois envoyés à Samarcande pour demander réparation, mais Mohammed II en fit exécuter un et fit brûler la barbe des deux autres.
Gengis Khan arriva en 1221 pour venger ces meurtres et assiégea Kounia-Ourguentch. Les habitants résistèrent pendant six mois et se battirent dans les rues quand les Mongols réussirent à franchir les remparts. Les Mongols incendièrent les maisons, mais les citadins continuèrent de combattre dans les ruines. Finalement, les Mongols détournèrent le cours de l’Amou-Daria pour inonder la cité et noyer les survivants.
Les généraux mongols pourchassèrent Mohammed II, qui leur échappa pendant des mois avant de mourir d’épuisement en 1221 sur une île de la mer Caspienne. Les tombeaux de son père Tekesh et de
son grand-père Il-Arslan ont survécu et comptent parmi les monuments de la Vieille Ourguentch.
Au cours de la période de paix qui s’ensuivit, le Kharezm fut un fief de l’immense et riche Horde d’or, le plus occidental des khanats résultant de la division de l’empire de Gengis Khan après sa mort. Reconstruite, Ourguentch devint à nouveau la capitale du Kharezm et l’une des principales villes marchandes d’Asie centrale, vaste, splendide, populeuse et dotée d’une nouvelle génération d’édifices monumentaux.
Puis vint Timur (Tamerlan). Considérant le Kharezm comme un rival de Samarcande, il rasa Ourguentch en 1388. La cité fut partiellement rebâtie au XVIe siècle, puis abandonnée quand l’Amou-Daria changea son cours ; l’actuelle Kounia-Ourguentch date du creusement d’un nouveau canal au XIXe siècle.
Aujourd’hui, la majeure partie de la Vieille Ourguentch gît sous la terre, mais il en reste suffisamment de traces pour se faire une idée de sa splendeur passée et le site a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2005. La ville moderne compte peu d’infrastructures touristiques et la plupart des voyageurs passent la nuit à Dachoguz.

À voir, à faire

Les monuments de la ville antique parsèment un vaste site chevauchant la rue d’Achgabat, à 1 km au sud de la rue principale. Un seul billet est valable pour tous les sites.
Musée de Kounia-Ourguentch   Le modeste musée de Kounia-Ourguentch occupe la mosquée Dash du début du XXe siècle, juste avant le principal ensemble de mausolées. Il renferme des artefacts de la Vieille Ourguentch et d’anciens textes arabes. Remarquez les symboles chrétiens sculptés sur quelques pierres. Près de la cour de la madrasa, plusieurs salles sont consacrées à la culture turkmène et comprennent un atelier de poterie et des métiers à tisser les tapis. D’un côté de la mosquée, le mausolée de Matkerim-Ishan, date également du début du XXe siècle.
Mausolée de Nejameddin Kubra Derrière le mausolée de Makterim-Ishan, un chemin conduit au mausolée de Nejameddin Kubra, à gauche, et au mausolée du sultan Ali en face, de l’autre côté d’une petite cour ombragée.  L’édifice comporte trois coupoles et un portail carrelé, qui semble sur le point de s’effondrer. Les tombes à l’intérieur – une pour son corps, l’autre pour sa tête (tranchée par les Mongols) – se distinguent par leurs carreaux de faïence à motifs floraux richement colorés.
Ensemble de Tourabeg Khanym   L’ensemble Tourabeg Khanym, en face de la billetterie, continue de susciter la controverse. Les habitants et certains érudits pensent qu’il s’agit d’un mausolée, mais personne ne sait qui y repose. Des archéologues pensent qu’il s’agit d’une salle du trône construite au XIIe siècle et dotée d’un système de chauffage (sans utilité dans un mausolée). Quelle que soit sa fonction, il se distingue par sa perfection architecturale.
Minaret de Koutloug-Timour Unique vestige de la principale mosquée de la Vieille Ourguentch, décoré de bandes de briques et de quelques céramiques turquoise, ce minaret de 59 m n’est plus aussi haut que jadis et penche de manière évidente.
Kyrk Molla À proximité, la butte funéraire appelée Kyrk Molla (colline des “quarante mollahs”) est le site sacré où les habitants de Kounia-Ourguentch opposèrent une ultime résistance aux Mongols. Des jeunes femmes dévalent en roulant sur elles-mêmes le versant de la colline, un rite de fertilité et l’un des spectacles les plus curieux de Kounia-Ourguentch.
Mausolée du sultan Tekesh   Reconnaissable d’emblée à sa coupole turquoise, le mausolée du sultan Tekesh est l’un des plus beaux monuments de Kounia-Ourguentch.
Mausolée d’Il-Arslan  Le plus ancien monument de Kounia-Ourguentch encore debout. Son dôme conique, avec un curieux motif de briques en zigzag, fut le premier du genre et le modèle fut exporté à Samarcande par Timur.
Minaret de Mamun II  Au sud du mausolée d’Il-Arslan, gît la base du minaret de Mamun II bâti en 1011, tronqué par les Mongols, reconstruit au XIVe siècle et finalement renversé par un tremblement de terre en 1895.

Mis à jour le : 15 février 2015
Paramètres des cookies