Toniná

L'avis de l'auteur Lonely Planet

site archéologique

À 14 km à l’est d’Ocosingo, le centre cérémoniel de Toniná perché sur une colline artificielle domine une vallée pastorale verdoyante. Il s’agit de l’un des ensembles de temples les plus imposants du monde maya. Toniná est la ville qui vint à bout de la puissante Palenque.

L’année 688 correspond à l’arrivée au pouvoir de la dynastie des Crânes de serpent-Griffes de jaguar. Ambitieux et belliqueux, les nouveaux souverains disputèrent alors le contrôle de la région à Palenque, dont le chef, K’an Joy Chitam II, fut capturé puis décapité en 711 par les guerriers de Toniná.

C’est ainsi que cette communauté acquit une vaste renommée sous le nom de “Lieu des captifs célestes”, en référence aux dignitaires de Palenque et d’autres cités mayas qui y furent détenus pour être échangés contre de fortes rançons, voire exécutés. On voit d’ailleurs sur le site diverses scènes sculptées représentant des prisonniers aux mains liées qui sont projetés au sol avant leur décapitation.

Pour accéder au site, suivez la route après l’entrée et le musée de site, où est détaillée l’histoire de Toniná illustrée par d’intéressants objets. La route se transforme en un sentier, traverse un cours d’eau et remonte jusqu’à la vaste Gran Plaza. À l’extrémité sud de cette dernière se dresse le Templo de la Guerra Cósmica (temple de la Guerre cosmique), précédé de cinq autels. D’un côté de la place, un jeu de balle fut inauguré en 780 sous le règne de la régente nommée Miroir fumant, à proximité de l’autel des décapitations. En 2011, des archéologues ont découvert deux sculptures en pierre grandeur nature figurant des prisonniers de guerre originaires de Copán (Honduras) si l’on en croit l’inscription, ce qui confirme l’alliance nouée par ce royaume maya avec Palenque.

Au nord s’élève le centre cérémoniel de Toniná aménagé en plusieurs terrasses successives culminant à 80 m au-dessus de la Gran Plaza. L’entrée d’un labyrinthe rituel s’ouvre à l’extrémité droite des marches reliant les deux premiers niveaux.

Plus haut sur la droite, le Palacio de las Grecas y de la Guerra (palais des Grecques et de la Guerre) doit son nom aux frises à motif géométrique en X et en zigzag (dites “grecques”) qui représentent peut-être Quetzalcóatl. À droite, on pense que le dédale de chambres, de passages et d’escaliers correspondait au quartier général administratif de Toniná.

Au pied de la sixième terrasse a été exhumé le décor en stuc le plus remarquable de Toniná souvent désigné sous le nom de codex, le Mural de las Cuatro Eras (fresque des Quatre Ères). Réalisé entre 790 et 840, ce relief en stuc composé de quatre panneaux (le premier en partant de la gauche a disparu) décrit le cycle des quatre soleils, c’est-à-dire les quatre ères de l’histoire de l’humanité. Les habitants de Toniná pensaient qu’ils vivaient à l’époque du Quatrième Soleil, celui de l’hiver, des miroirs, du Nord et de la fin de l’humanité. Une tête décapitée est représentée dans une position renversée au centre de chaque panneau. Le sang qui jaillit du cou de ces prisonniers décapités forme à la fois un cercle de plumes et un soleil. Sur l’un des panneaux, un squelette danse en brandissant une tête décapitée. À gauche de la tête, un seigneur du monde souterrain est représenté sous la forme d’un énorme rongeur.

Un nouvel escalier mène au septième niveau où s’étendent les vestiges de quatre temples. Derrière le deuxième, en partant de la gauche, des marches descendent jusqu’à la très étroite Tumba de Treinta Metros (tombe de Trente Mètres), fortement déconseillée aux claustrophobes !

L’acropole, siège du pouvoir de la cité, domine l’ensemble de ses huit temples principaux répartis sur 2 niveaux (quatre par étage). Au niveau inférieur, le Templo del monstruo de la Tierra (temple du Monstre de la Terre, édifié vers 713), le plus à droite, possède la crête de toit la mieux conservée de Toniná.

Au dernier niveau, le temple le plus élevé, le Templo del Espejo Humeante (temple du Miroir fumant), a été édifié par Zots-Choj, qui prit le pouvoir en 842. Sous cette ère du Nord et du Quatrième Soleil, le souverain se devait en effet d’ériger en direction du nord un temple dépassant tous les autres ; pour ce faire, il fut nécessaire d’élargir la colline vers le nord-est.

919-108-22-39 ; 8h-17h).mar-dim

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