Boukhara

Cité la plus sainte d’Asie centrale, Boukhara possède des monuments qui couvrent un millénaire d’histoire. Le centre de la vieille ville, toujours habité, n’a probablement guère changé depuis deux siècles et offre un excellent aperçu du Turkestan prérusse. Le centre est un trésor architectural protégé, restauré avec plus de subtilité qu’à Samarcande. Jalonné de madrasa et de minarets, il comporte une forteresse royale massive et les restes d’un bazar jadis étendu. Les restaurations ont été menées avec davantage de subtilité qu’à Samarcande et la qualité de l’hébergement, de loin le meilleur du pays, ajoute à l’attrait de ce joyau. Jusqu’au début du XXe siècle, Boukhara était alimentée en eau par un réseau de canaux et quelque 200 bassins en pierre, autour desquels les habitants se rassemblaient pour bavarder, boire et se laver. Le renouvellement trop rare de l’eau provoquait des épidémies et, au XIXe siècle, l’espérance de vie moyenne de la population boukhariote était de 32 ans. Les communistes modernisèrent le système et drainèrent les bassins. Le plus célèbre d’entre eux, le Liab-i-Haouz ombragé de mûriers, a toutefois été conservé au cœur de la ville. Comptez au moins deux jours de visite et prenez le temps de vous perdre dans la vieille ville. Plutôt qu’explorer scrupuleusement les quelque 140 monuments classés, privilégiez une perception de l’ensemble.

A voir, à faire

Liab-i-Haouz. Place construite autour d’un bassin en 1620, le Liab-i-Haouz, ombragé de mûriers centenaires, est l’endroit le plus calme et le plus intéressant de la ville.
Madrasa Nadir Divanbegi. Cet ancien caravansérail fut transformé en madrasa par le khan en 1622. Le pichtak recouvert de superbes carreaux arbore un couple d’oiseaux fantastiques de part et d’autre d’un soleil à visage humain, ce qui contrevient à l’interdit musulman de représenter des êtres vivants dans les lieux de culte.
Bazars couverts dans le secteur du Tak-i-Sarrafon et du Tak-i-Telpak Fourouchon. Des dizaines de bazars ­spécialisés, il ne reste que trois marchés couverts, lourdement restaurés à l’époque soviétique : Taq-i-Sarrafon (changeurs), Taq-i-Telpak Fourouchon (chapeliers) et Taq-i-Zargaron (bijoutiers). Désormais occupés par des boutiques touristiques, ils ne reflètent que vaguement leurs fonctions d’origine.
Maghok-i-Attar et musée des Tapis. Entre ces deux bazars couverts, dans l’ancien marché aux herbes et aux épices, se tient la plus vieille mosquée d’Asie centrale, la Maghok-i-Attar (fosse des herboristes), avec une façade du IXe siècle et de jolies reconstructions du XVIe siècle.
Madrasa Ulug Beg  (Tak-i-Zargaron). La doyenne des madrasa d’Asie centrale, érigée en 1417 et non restaurée, servit de modèle à beaucoup d’autres. Couverte de faïences bleues, ce fut l’une des trois construites par Ulug Beg avec celle de Gijduvan, à 45 km sur la route de Samarcande, et celle du Registan à Samarcande.
Madrasa Abdul Aziz Khan. Autre joyau non restauré, cette madrasa fut bâtie au XVIe siècle par Abdul Aziz Khan pour surpasser en taille et en splendeur celle d’Ulug Beg, en face.
Minaret Kalon. Lors de sa construction par le seigneur karakhanide Arslan Khan en 1127, le minaret Kalon était probablement le plus haut bâtiment d’Asie centrale – kalon signifie “grand” en tadjik.
Mosquée Kalon. Au pied du minaret, à l’emplacement d’une mosquée détruite par Gengis Khan, se dresse la mosquée Kalon, du XVIe siècle, qui peut accueillir 10 000 fidèles.
Madrasa Mir-i-Arab. C’est l’une des plus belles madrasa du pays, surtout au coucher du soleil. Mir-i-Arab, un cheikh naqshbandi du XVIe siècle originaire du Yémen, eut une forte influence sur le seigneur chaïbanide Ubaidullah Khan.
Ark. Cette cité royale spectaculaire, dans la ville, est la plus vieille structure de Boukhara, habitée du Ve siècle jusqu’à son bombardement par l’Armée rouge en 1920. L’intérieur est majoritairement en ruine, hormis quelques appartements royaux transformés en musées.
Mausolée d’Ismaïl Samani. Achevé en 905, ce mausolée situé dans le parc Samani est le plus ancien monument musulman de la ville et sans doute le plus robuste.
Maison de Faïzoullah Khodjaïev. La maison de Faïzoullah Khodjaïev fut autrefois la demeure d’une des personnalités tristement célèbres de Boukhara : l’homme qui complota avec les bolcheviks pour renverser l’émir Alim Khan. Faïzoullah fut récompensé par la présidence de la République populaire de Boukhara, puis la direction du Conseil des commissaires du peuple de la RSS d’Ouzbékistan, avant d’être liquidé par Staline.
Mausolée de Turki Jandi. Au cœur de la vieille ville, le petit mausolée de Turki Jandi est réputé exaucer les vœux.
Musée d’Art. Le musée d’Art occupe l’ancien siège de la Banque russe centrasiatique (1912). Il renferme une belle collection de peintures d’artistes boukhariotes, pour la plupart du XXe siècle.

Mis à jour le : 17 mars 2015
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