9 monuments hérités de grands mégalos

Publié le 19 Avril 2013, dans Idées de voyage

Certains hommes sont plus soucieux que d’autres de passer à la postérité : découvrez leurs constructions délirantes.

1. Palais du Parlement, Bucarest, Roumanie

Nicolae Ceausescu fit (quoi de plus simple ?) raser 520 ha du centre de Bucarest en Roumanie, et déplacer des églises pour implanter son colossal palais du Parlement. Une construction qui fut probablement pour le dictateur communiste ce que la Ferrari est au quadragénaire lambda. Ce monstre architectural (deuxième plus grand bâtiment administratif du monde, derrière le Pentagone) compte 12 étages, 1 100 pièces, des lambris de chêne, de la feuille d’or et du marbre à gogo – pour une facture de quelque 3,3 milliards d’euros. La visite couvre à peine 5% de sa superficie, mais passe par le balcon où Ceausescu espérait s’adresser au peuple – si ce dernier ne l’avait fait exécuter avant l’achèvement du palais.

Le palais est ouvert de 10h à 16h ; une visite guidée, de 45 minutes, part environ toutes les demi-heures.

Astana. Ken & Nyetta

2. Astana (Kazakhstan)

Peut-on être plus mégalo qu’en déplaçant la capitale de son pays pour la reconstruire selon ses caprices ? En 1998, le président kazakh Noursoultan Nazarbaev a délaissé Almaty, capitale d'origine du Kazakhstan, pour une bourgade septentrionale aux confins de la Sibérie qu’il rebaptisa Astana (nom très original signifiant... “capitale”). Près de 15 ans plus tard, non content d’avoir fait du 6 juillet (son anniversaire) la Journée d’Astana, Nazarbaev a aussi fait construire une série de structures délirantes : le Khan Shatyr, le plus grand chapiteau du monde (abritant jardins chauffés et minigolf) et la Bayterek, une tour de 105 m où les visiteurs peuvent placer leurs mains dans l’empreinte de celles du “chef de la nation” et faire un voeu.

Visitez Astana de mai à septembre : le reste de l’année, le temps est glacial, avec une température autour de -15°C en hiver.

Arc de Constantin. Sarah-Rose

3. Arc de Constantin, Rome (Italie)

L’empereur Constantin était non seulement un vaniteux, mais aussi un vil chapardeur. L’arc de triomphe de 31 m de haut bâti à sa gloire en 315 fit usage de nombreux éléments de monuments plus anciens – morceaux de statues, frises, bas-reliefs de l’époque de Trajan, d’Hadrien ou de Marc-Aurèle.... Se plaçant ainsi dans leur illustre lignée, il fit aussi en sorte que ce chef-d’oeuvre ne passe pas inaperçu : son arc, probablement couronné à l’origine d’une statue le représentant, enjambe la Via Tiumphalis, qu’empruntaient tous les empereurs pour célébrer leurs triomphes : chacun, passant dessous, ne pouvait que reconnaître sa gloire éternelle.

Le billet d’entrée (12 €), valable deux jours, donne aussi accès au Forum, au Colisée et au mont Palatin (www.pierreci.it).

Statue de Masudae, Pyongyang. yeowatzup 

4. Grand Monument de Mansudae, Pyongyang (Corée du Nord)

L’imposante statue du Grand Leader nord-coréen constitue la première halte de tout circuit organisé en Corée du Nord. Les visiteurs sont priés de présenter leurs respects à l’idole de 20 m de haut : après avoir déposé des fleurs à ses pieds, les groupes doivent faire une révérence dignement synchronisée. Les Nord-Coréens adoraient Kim (du moins en public), et Kim lui-même s’adorait : il fit ériger en 1972 la statue de Mansudae pour son 60e anniversaire. Disparu en 1994, le dictateur continue ainsi de garder l’oeil sur son peuple.

Seuls les circuits organisés permettent de visiter ce pays : les voyages indépendants sont interdits, tout comme les balades seul dans les rues.


Trump Tower. Alexander Montuschi

5. Trump Tower, New York (États-Unis)

Vous faites construire un gratte-ciel tape-à-l’oeil sur l’avenue la plus chic de New-York. Vous êtes le plus célèbre magnat américain de l’immobilier. Naturellement, votre ego est assez généreux. Quel nom donnez-vous à votre bâtisse de 202 m ? Le vôtre, évidemment ! Édifiée en 1983, la Trump Tower continue de faire tourner les têtes sur la Cinquième Avenue. Elle abrite principalement des appartements et des bureaux, mais les magasins du rez-de-chaussée donnent une idée du style : marbre rose et blanc, miroirs géants, cuivre étincelant, le tout frappé du T du grand ordonnateur.

Pour un F1 dans la Trump Tower (721 Fifth Avenue), comptez environ 2,3 millions de dollars (www.trumpinternationalrealty.com).

Château de Neuschwanstein. nite dan

6. Châteaux de Louis II de Bavière (Allemagne)

Interné pour démence à la fin de son règne, le fantasque Louis II de Bavière (1845-1886) a marqué son époque par les châteaux délirants qu’il fit construire. Neuschwanstein et ses tours néogothiques recèlent un intérieur fantasmagorique inspiré des opéras de Wagner, dont le souverain idolâtrait la musique. Blotti dans une vallée alpine, l’ancien pavillon de chasse Linderhof fut transformé en un petit palais rococo, où se nichent notamment une grotte et un lac artificiels décorés comme une scène de théâtre. Enfin, édifié sur une île au milieu d’un lac, le château de Herrenchiemsee est un pastiche incroyable de Versailles. Le monarque n’y vécut qu’une semaine, mais sa construction le ruina.

Chacun des trois châteaux peut se visiter lors d’une excursion au départ de Münich, situé à moins de 2 heures de route.

Abou Simbel. Waterpolo Sam

7. Abou Simbel (Égypte)

Ramsès II a su faire en sorte qu’on ne l’oublie pas. Dédié au dieu-soleil Rê, au dieu Amon et à Ramsès lui-même, le majestueux temple d’Abou Simbel en Égypte a pour façade quatre statues monumentales du pharaon mégalo ; à l’intérieur, la grande salle hypostyle est ornée de superbes reliefs peints (où figure Ramsès, bien sûr). Pourtant, malgré les efforts du pharaon, Abou Simbel fut englouti sous les sables et l’oubli, pour n’être redécouvert qu’en 1813. Mais en 1964, le temple fut déplacé pierre par pierre (pour quelque 80 millions de dollars) pour ne pas être submergé par les eaux du barrage d’Assouan. Ramsès n’en attendait pas moins.

Abou Simbel est à trois heures de route et 45 minutes d’avion d’Assouan ; le billet d’avion inclut la navette jusqu’au temple.


La maison de Pablo Escobar. La mujer elefante

8. Hacienda Nápoles (Colombie)

Voilà où mène une vie de narcotrafic, de violence et de corruption : une maison en ruine et quelques tristes dinosaures en plastique. Si l’Hacienda Nápoles peut aujourd’hui faire peine à voir, c’était, avant la mort de son propriétaire Pablo Escobar en 1993, un palais flamboyant construit pour montrer la richesse et puissance du baron de la drogue, avec des arènes, une piste d’atterrissage et même un zoo qui, à la belle époque, abritait 2 000 espèces. La plupart des animaux sont morts ou ont été envoyés dans d’autres zoos à l’exception d’un troupeau d’hippopotames.

L’Hacienda Nápoles (www.haciendanapoles.com), à 165 km de Medellín en Colombie, est aujourd’hui un parc à thème ouvert de 8h à 17h.

Hearst Castle. CAHairyBear

9. Hearst Castle, Californie (États-Unis)

“J’aimerais construire un petit quelque chose”, écrivit le magnat de la presse William Randolph Hearst à son architecte en 1919. Une extraordinaire litote, puisque la commande donna naissance à une opulente et ostentatoire hyperbole d’architecture et de paysagisme. Hearst Castle compte 165 pièces, plusieurs piscines et un aérodrome privé ; l’édifice principal s’inspire d’une cathédrale espagnole. Le domaine n’a cessé d’être “amélioré” : pendant que la jet-set des années 1920 et 1930 venait y festoyer, Hearst installait les souvenirs rapportés de ses voyages : une mosaïque romaine, une terrasse italianisante ou un zèbre pour le zoo… Une démesure qui servit de modèle à Orson Welles pour son film Citizen Kane.

Plusieurs visites sont proposées (www.hearstcastle.org) ; lors de l’Evening Tour, des guides font revivre l’histoire du lieu.

1000 choses à voir

Retrouvez encore plus de monuments incroyables dans le livre 1000 choses à voir dans le monde publié chez Lonely Planet. 

 


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