Olympie antique

L'avis de l'auteur Lonely Planet

site archéologique

Organisés tous les 4 ans pendant un millénaire au moins, les Jeux furent abolis en 393 par l’empereur Théodose Ier. La destruction ordonnée par Théodose II et les nombreux tremblements de terre successifs ont peu épargné les superbes temples et les installations sportives, suffisamment néanmoins pour qu’on se fasse une idée de la splendeur passée de ce site classé au Patrimoine mondial de l’humanité.

En flânant entre les ruines ombragées par les arbres, il est facile d’imaginer le sang des bœufs sacrifiés à Zeus et à Héra, les athlètes au corps huilé luisant de sueur attendant d’entrer dans le stade, les foules se bousculant, ainsi que les femmes et les esclaves observant les compétitions de la colline voisine. Les différents édifices n’étant pas contemporains, une visite préalable au musée d’archéologie facilitera leur repérage et leur compréhension.

Dirigez-vous d’abord vers le gymnase, qui date du IIe siècle av. J.-C. Au sud vous découvrirez les colonnes de la palestre (école de lutte), en partie restaurée, où s’entraînaient les concurrents, puis le théokoléon (maison des prêtres). À l’arrière, on peut voir l’atelier de Phidias, où l’artiste sculpta la monumentale statue de Zeus en or et en ivoire, l’une des Sept Merveilles de l’Antiquité. L’atelier a été identifié par des archéologues grâce à la découverte d’outils et de moules. Au-delà du théokoléon, le vaste léonidaion hébergeait les hôtes de marque.

L’Altis, ou enceinte sacrée de Zeus, se détache à l’est du chemin, repérable à son gigantesque bâtiment dorique, le temple de Zeus (Ve siècle) où trônait la statue de Phidias, jusqu’à son envoi, sur ordre de Théodose II, à Constantinople (où elle disparut dans un incendie en 475). Une colonne a été restaurée et remontée pour figurer la taille du sanctuaire.

Au sud du temple de Zeus, le bouleutérion (lieu de réunion du sénat olympique dit boulè) a conservé son autel des serments, où les concurrents juraient obéissance aux règles en promettant de ne pas tricher.

À l’est du temple, la colonnade dorique du portique de l’écho s’étire jusqu’au stade. Son nom souligne son acoustique remarquable répercutant 7 fois le son. Juste à l’est du portique, on peut voir les vestiges de la villa que l’empereur Néron occupa en 67 quand il participa aux Jeux. L’édifice a recouvert l’ancien sanctuaire d’Hestia.

On pénètre ensuite dans le stade en passant sous une arche de pierre. Rectangulaire, il pouvait accueillir au moins 45 000 spectateurs. La pierre marquant le départ et l’arrivée de la piste de course du 120 m, ainsi que le banc des juges, existent toujours.

Au nord du temple de Zeus se dresse sur une petite butte boisée le pélopion, autel voué au culte de Pélops, héros fondateur des Jeux. Il était entouré par une enceinte intégrant les vestiges de son portique dorique. Quantité d’objets découverts ici sont désormais exposés au musée.

Plus au nord, le temple d’Héra (VIe siècle), dorique, est l’édifice le mieux conservé du site. Le culte d’Héra et de Rhéa avait décliné au profit de celui de Zeus. C’est à cet endroit que fut retrouvée la statue d’Hermès.

À l’est de ce temple, le nymphée, construit pour le riche banquier romain Hérode Atticus en 156-160, est typique des bâtiments financés par des mécènes romains. Cette grandiose construction en demi-cercle comportant des colonnes doriques était flanquée de chaque côté par un temple circulaire, qui renfermait des statues d’Hérode Atticus et de sa famille. Si sophistiquée soit son apparence, le nymphæum n’en assurait pas moins une fonction pratique primordiale : alimenter Olympie en eau de source.

Face au nymphée, le foyer sur l’autel d’Hestia brûlait en permanence le temps des Jeux, symbole du feu dérobé par Prométhée. Il en allait de même sur les autels des temples de Zeus et d’Héra. Aujourd’hui, la flamme olympique est allumée à l’endroit où se dressait le temple d’Hestia.

Au-dessus du nymphée, en haut d’une volée de marches en pierre, 12 trésors, chacun érigé par une cité-État, s’alignent jusqu’au stade. Servant à entreposer les offrandes aux dieux, ils soulignaient surtout le prestige et la richesse des cités en question.

Au pied de l’escalier, vous devinerez peut-être les vestiges d’un metrôon du Ve siècle av. J.-C, temple dédié à Rhéa, mère de tous les dieux. Des orgies y étaient organisées, dit-on, pour lui rendre hommage.

Les fondations du philippéion, à l’ouest du temple d’Héra, sont tout ce qu’il reste d’un bâtiment circulaire à colonnes ioniques construit par Philippe II de Macédoine pour commémorer la bataille de Chéronée (338 av. J.-C), au cours de laquelle il vainquit les Athéniens et les Thébains. L’édifice contenait des statues couvertes d’or et d’ivoire de Philippe et de sa famille, dont son fils, Alexandre le Grand.

Au nord du philippéion, le prytanée était la résidence du magistrat. Ici, on fêtait et distrayait les athlètes victorieux.

26240 22517 ; tarif plein/réduit 6/3 €, site et musée 9/5 € ; 8h-20h

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