Dzong de Trongsa

L'avis de l'auteur Lonely Planet

monastère-forteresse

Cette imposante forteresse, qui domine les flots tonitruants de la Mangde Chhu, bénéficie de l’un des cadres les plus spectaculaires du Bhoutan, avec un à-pic vertigineux côté sud qui semble souvent disparaître dans la brume. Épousant la crête, l’assemblage décousu de bâtisses qui compose l’ensemble est relié par une série de corridors aux allures de ruelles, de larges escaliers en pierre et de magnifiques cours pavées. Le Chörten Lhakhang, la partie la plus méridionale de la forteresse, se dresse à l’endroit où le premier ermitage fut érigé en 1543.

La première pierre fut posée par Ngagi Wangchuck (1517-1554), l’arrière-grand-père du Shabdrung Ngawang Namgyal. Arrivé à Trongsa en 1541, il bâtit une tshamkhang (petite salle de méditation) après avoir découvert des traces de sabots laissées par le cheval de la divinité protectrice Palden Lhamo. Trongsa (“nouveau village”, en dialecte local) doit son nom aux refuges, temples et autres résidences d’ermites qui ne tardèrent pas à se multiplier autour de la chapelle. La forteresse telle qu’elle apparaît aujourd’hui fut érigée en 1644 par Chhogyel Mingyur Tenpa, dépêché par le Shabdrung pour placer l’est du Bhoutan sous le contrôle du centre du pays. La bâtisse fut ensuite agrandie à la fin du XVIIe siècle par le desi Tenzin Rabgye. Également appelée Chhoekhor Raptentse Dzong (son nom officiel) ou Choetse Dzong (en raccourci), la forteresse fut sévèrement endommagée lors du séisme de 1897. Les travaux de réparation furent effectués par le penlop de Trongsa, Jigme Namgyal, père du premier roi du Bhoutan.

Le dzong de Trongsa est étroitement lié à la famille royale. Les deux premiers souverains, tenants d’un droit héréditaire, gouvernèrent depuis cette forteresse ; en outre, la tradition veut toujours que le futur souverain occupe le poste de penlop de Trongsa avant d’accéder au trône.

L’emplacement stratégique du site conférait à Trongsa une grande influence sur la région. L’unique piste reliant l’est et l’ouest du Bhoutan passe en plein milieu de Trongsa (elle traversait même la forteresse autrefois). Une position qui donnait au penlop de Trongsa un droit de regard enviable sur le commerce est–ouest et les impôts considérables qui en dérivaient. Aujourd’hui, si la plupart des visiteurs arrivent par l’entrée principale, à l’est, les plus sportifs s’offrent l’abrupte randonnée du sentier de Mangdue , et entrent par l’accès ouest, selon l’usage traditionnel.

Le rabdey (communauté monastique du district) de Trongsa se partage entre ses résidences de Trongsa (hiver) et du Bumthang (été), à l’image du dratshang (communauté monastique d’État) qui se divise entre Thimphu et Punakha.

Le dzong compte 25 lhakhang (temples), mais vous ne pourrez visiter que ceux dont les clés sont disponibles. La plupart des délicates décorations encore visibles aujourd’hui datent du règne d’Ugyen Wangchuck, le premier monarque du Bhoutan.

Parmi les pièces accessibles aux visiteurs figurent l’évocatrice salle d’assemblée, au nord, et le Mithrub Lhakhang, au sud, qui renferme le chörten funéraire de Ngagi Wangchuck, le fondateur du lieu. Notez les empreintes de pied laissées dans le parquet par un fidèle particulièrement dévot.

En décembre ou en janvier, la cour nord accueille le tsechu (festival de danses sacrées) de Trongsa pendant cinq jours, avec pour temps fort le dévoilement d’un thongdrol (un énorme thangka – image religieuse peinte ou brodée). Sur l’un des flancs du dzong, on trouve un terrain de tir à l’arc et le pavillon où le roi actuel (alors prince héritier) fut couronné penlop en 2004.

03-521220 ; 6h-17h, 6h-16h hiver

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