Château d’Angers

L'avis de l'auteur Lonely Planet

forteresse du xiiie siècle

La première occupation du site remonte au néolithique, comme en témoigne l’emplacement d’un cairn retrouvé lors de fouilles récentes. Mais c’est au IXe siècle qu’un premier château comtal fut édifié sur ce promontoire rocheux, pour surveiller et organiser la défense contre les invasions normandes. Il deviendra, au XIIe siècle, le siège de la dynastie des Plantagenêts. Au XIIIe siècle, la régente Blanche de Castille décida l’élévation d’une forteresse abritant une garnison sur place qui défende l’Anjou et le royaume de France face à la Bretagne. Construite en pierre de schiste et en calcaire blond, entourée de douves sèches, la citadelle compte 17 tours et une enceinte de près de 1 km. L’entrée se faisait alors par la porte des champs et non, comme actuellement, par la porte de la ville.

Aux XIVe et XVe siècles, la forteresse devint un lieu de vie, à la faveur des ducs d’Anjou, et en particulier de Louis II et Yolande d’Aragon qui firent construire le logis royal et la chapelle. Le roi René, qui y naquit en 1409, continua d’embellir le château, lui adjoignant notamment des jardins. À la fin du XVIe siècle, les guerres de religion firent rage et le roi de France Henri III ordonna de détruire la forteresse afin qu’elle ne tombe pas dans les mains des protestants. Seule la tour nord, haute de 40 m, réchappa aux travaux auxquels il fut mis fin à la mort du roi, en 1589. Le gouverneur de la forteresse, Donadieu de Puycharic, en profita alors pour la moderniser et l’adapter aux progrès de l’artillerie : contre la poudre, des murs furent doublés et des canons ajoutés. Devenue simple enceinte de sûreté, elle servit par la suite de prison – Fouquet, amené par d’Artagnan, fut l’un de ses célèbres prisonniers –, d’asile et, pendant la Seconde Guerre mondiale, de dépôts de munition pour les Allemands. Sa restauration débuta en 1948. Depuis 1954, le château abrite aussi l’exceptionnelle tenture de l’Apocalypse (voir l’encadré ci-dessous).

Des maquettes installées dans la chapelle rendent bien compte de l’évolution du château. De l’édifice comtal, il ne reste qu’un pan de mur de l’ancienne salle de réception, visible sur votre gauche avant d’entrer dans la galerie de l’Apocalypse. Le chemin de ronde est ouvert à la promenade et offre un beau panorama sur la ville. Très abîmé par le feu en 2009, le logis royal a récemment rouvert après trois ans et demi de travaux, qui ont permis d’établir qu’il fut construit en une seule fois, entre 1435 et 1440. Il doit accueillir d’ici 2014 une scénographie sur les comtes d’Anjou.

02 41 86 48 77 ; www.angers.monuments-nationaux.fr ; 2 promenade du Bout-du-Monde ; tarif plein/réduit 8,50/5,50 €, gratuit -26 ans, visites libres et guidées, audioguide adulte/-18 ans 4,50/3 € ; mai-août tlj 9h30-18h, sept-avr tlj 10h-17h30

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