Abbaye de Fontevraud

L'avis de l'auteur Lonely Planet

site remarquable

Le site propose des visites guidées ou des audioguides (les commentaires sont parfois un peu répétitifs mais donnent de bons repères) et, à certaines dates et sur réservation, des visites pour les familles ou à thème. Pour le jeune public (9-14 ans), un jeu de piste sur iPad a également été mis au point.

Entouré de jardins, le site, qui comptait à l’origine cinq monastères et prieurés, prend place sur 13 ha. Longue de 90 m, construite en tuffeau entre 1105 et 1165, l’église abbatiale romane frappe par son volume, sa nef ornée d’une centaine de chapiteaux, son chœur élancé et sa lumière. Mais surtout, elle abrite aujourd’hui les fameux gisants polychromes (XIIIe siècle) de la dynastie Plantagenêt, un ensemble vraisemblablement commandé par Aliénor d’Aquitaine (1122-1204). Son gisant la représente lisant un livre psautier pour l’éternité. À ses côtés, son second mari Henri II d’Angleterre (1133-1189), son fils Richard Cœur de Lion (1157-1199) et, se distinguant des autres par sa réalisation en bois et non en pierre, la sculpture funéraire d’Isabelle d’Angoulême (1188-1246), l’épouse de Jean sans Terre, le dernier fils d’Aliénor, qui fut roi d’Angleterre de 1199 à 1216.

Le parcours de visite se concentre sur le monastère principal du Grand-Moûtier. Outre l’abbatiale, il compte un beau cloître autour duquel s’organisait la vie monastique – la galerie sud affiche un style gothique, avec des arcades larges et moulurées, tandis que les autres sont plus classiques. Il distribue notamment le long réfectoire de 46 m et la salle capitulaire, où se prenaient les décisions importantes. L’abbesse y réunissait l’assemblée des religieuses une fois par semaine. Des fresques murales, réalisées au XVIe siècle par un artiste angevin, Thomas Pot, représentent des scènes de la passion du Christ…avec quelques anachronismes cependant : les ajouts, pour la plupart postérieurs, des portraits des abbesses. Au sol, on retrouve le monogramme de la maison des Bourbons (les initiales “R.B.” pour Renée de Bourbon, et le “L” ailé de Louise de Bourbon). Depuis les galeries du cloître, un bel escalier Renaissance monte aux dortoirs. Seul le grand dortoir est accessible au public, avec une étonnante charpente en bois en forme de carène de bateau renversé. L’espace accueille depuis l’été 2012 une œuvre de Claude Levêque créée dans le cadre de la dernière édition d’Estuaire Nantes-Saint-Nazaire, “Mort en été” (voir aussi p. 67). Depuis 2010, l’abbaye donne chaque année carte blanche à un créateur, en l’invitant à investir un espace du site.

L’ancien chauffoir était, à l’époque de l’abbaye, le seul espace chauffé. Les moniales s’y retiraient à certaines heures de la journée pour y faire des travaux d’aiguille. Il abrite actuellement une salle du Trésor, qui invite à une découverte muséographique de Fontevraud à travers ses grands personnages, et plus largement les traces et les témoignages de ses habitants. Autre bâtiment d’intérêt, séparé des autres : les cuisines romanes. La pierre de Charente remplace ici le tuffeau. Sa forme octogonale – un style byzantin rapporté des croisades – sa toiture étonnante en “écailles de poisson”, avec sa vingtaine de cheminées, ont longtemps constitué une énigme. Un document iconographique est venu attester qu’il s’agissait bien là de cuisines, construites en pierre pour prévenir les incendies, et qui servaient sans doute de fumoir. Les poissons de Loire n’étaient pas très loin…

Le quartier Saint-Benoît était en travaux lors de notre passage, et la fin du chantier prévue pour le printemps 2013. Ses bâtiments ont servi d’infirmerie sous l’ère monastique et de quartier des femmes à l’époque de la prison. Au nord de la cour se trouve la chapelle Saint-Benoît, qui témoigne de l’art gothique Plantagenêt. Au centre de la galerie orientale, à l’intérieur de la chapelle des morts, se trouve un Jugement dernier, ensemble monumental sculpé en haut-relief.

Le passé carcéral est également évoqué au cours de la visite, dans les anciens parloirs de la prison. Le fil conducteur de l’exposition est la figure de Jean Genet, qui fut détenu à la colonie pénitentiaire de Mettray, mais évoque la centrale de Fontevraud dans son livre Le Miracle de la rose.

02 41 51 73 52 ; www.abbayedefontevraud.com ; Fontevraud-L’Abbaye ; visite libre adulte/8-18 ans 9/6 €, visite audioguidée ou guidée +4 € ; fin jan à début avr tlj sauf lun 10h-17h30, début avr à fin juin tlj 9h30-18h30, juil-août tlj 9h30-19h30, sept à début nov tlj 9h30-18h30, début nov à fin déc tlj sauf lun 10h-17h30

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