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Sports et activités

Quelles conséquences le COVID-19 aura-t-il sur mes projets de ski cet hiver ?

Texte par

Daniel Fahey (traduit de l'anglais par Vincent Guilluy)

Mis à jour le : 16 septembre 2020

Carte

Vous allez être vert de jalousie : on skie déjà en Europe continentale. Oui, les stations de Zermatt, Cervinia, Val-d'Isère et Tignes voient déjà les aspirants Bode Miller laisser leurs traces dans la neige estivale. Mais est-il raisonnable de réserver un séjour de ski pour cet hiver ?

La réaction au COVID-19 des stations de ski

Le 9 mars, le silence est retombé sur les pistes de ski du pied du Matterhorn. Les remontées mécaniques ont cessé de ronronner, on a mis au garage les cabines de téléphérique et les bars de Cervinia – qui résonnent habituellement du bruissement des équipements de ski, du beat de l’Euro dance et des verres de schnaps qui claquent sur le comptoir – ont été fermés sur décisions du gouvernement italien.
“Extraordinaires”, c’est ainsi que le président de la région Val-d’Aoste a décrit ces mesures à l’époque. Mais avec une hausse du nombre de personnes touchées par le COVID-19 aussi vertigineuse que la pente de la piste Harakiri à Mayrhofen, en Autriche – c’est la plus raide d’Europe – il semblait alors que seules des mesures extraordinaires pouvaient stopper l’avalanche de nouveaux cas.

Et puis, le 20 juin, les pistes de Cervinia ont été rouvertes au ski sur le glacier du Plateau Rosà. Les confinements nationaux dans la majorité des pays européens avaient permis de limiter l’augmentation des transmissions et on a privilégié les sports de plein air permettant la distanciation physique – telles que dévaler des pentes – plutôt que les activités d’intérieur car la propagation du virus était plus faible en extérieur.
Le ski est donc de retour, mais avec quelques changements : masques obligatoires sur les remontées mécaniques, distance à respecter de 1 m quand on fait la queue, téléphériques fonctionnant aux deux tiers de leur capacité, nombre de participants aux cours de ski collectifs réduit… Mais hôtels, refuges de montagne et restaurants ont rouvert, tant qu’ils pouvaient garantir la mise en place des mesures barrières nécessaires.

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Les organismes de tourisme ne pensent pas que les restrictions vont être très différentes des mesures mises en place cet été

 

Skier en ce moment est-il sans danger ?

Les premières indications sont bonnes. Avec les mesures barrières instaurées, le ski est considéré comme une activité peu risquée. Le Centre Européen de Prévention et de Contrôle des Maladies cite plusieurs études à petite échelle qui montrent que la majorité des transmissions du COVID-19 ont lieu dans des lieux clos, même si on sait qu’elles se produisent aussi lors de grands rassemblements en extérieur.
“[Ça a été] une très bonne saison d’été, déclare un porte-parole de l’office du tourisme de Cervinia. Les clients ont respecté les mesures imposées sans aucun problème.” Les chiffres semblent le confirmer : la station a vu passer 30 % de visiteurs en plus par rapport à l’année dernière. Plus important, elle n’a enregistré aucun cas de COVID-19.

Même réussite à Zermatt : les réservations d’hôtels ont certes baissé de 25% en juillet par rapport à 2019, mais le domaine skiable est devenu la destination locale la plus prisée des résidents suisses cet été. Là aussi, aucun cas de coronavirus n’a été relevé dans la station depuis sa réouverture, le 6 juin.

“Les skieurs ont adhéré en masse aux nouvelles mesures, dit Simona Altwegg, de Zermatt Tourism. La différence majeure avec le passé, c’est le port du masque obligatoire dans les téléphériques. Il n’y a pas eu de nouvelles règles à appliquer sur les pistes, essentiellement parce que la distance minimum de 1,5 m entre deux personnes est de toute façon respectée quand on fait du ski. »
Val-d'Isère, en France, a aussi été plébiscitée et a vendu plus de 18 390 forfaits journaliers de remontées mécaniques depuis le 6 juin. Chiffre qui inclut une augmentation de 14,5 % du nombre de visiteurs en août par rapport à l’année dernière. “Notre saison d’été a été vraiment réussie, déclare Chloé Harlé de Tourisme Val d’Isère. Beaucoup de clients habitués à venir l’hiver ont décidé de découvrir Val d’Isère en été.”

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Sur les pistes, les skieurs ont toujours maintenu leurs distances

Quelles stations de ski ouvriront cet hiver ?

Le ski sur glacier a servi de galop d’essai avant la vraie saison de ski, comme si les stations testaient leur état de forme, sur des pistes d'apprentissage.  À Val d’Isère, par exemple, la station a commencé par limiter le nombre de skieurs autorisés sur le glacier du Pisaillas.
“Pour s’assurer du respect de la distanciation sociale, le nombre de skieurs a été limité à 500 par jour, la première semaine, avant d’être porté à 600. Il fallait réserver en ligne, pour échelonner les arrivées et les départs et éviter tout surnombre”, dit Chloé Harlé.
Cette saison, Val d’Isère ouvrira la totalité de ses 300 km de pistes – y compris celles que la station partage avec Tignes – et il devrait en être de même dans toute l’Europe. Toutes les stations que nous avons contactées devraient tourner à plein cet hiver ; en Suisse et en France, tous les grands domaines skiables devraient accueillir à nouveau les skieurs.
“À l’heure actuelle, Switzerland Tourism prévoit que tous les grands domaines ouvriront pour la saison 2020/2021, dans le respects des mesures de sécurité”, dit Alex Herrmann, directeur de Switzerland Tourism pour le Royaume-Uni et l’Irlande. “Toutes les stations [françaises] seront ouvertes cet hiver et fonctionneront à plein”, nous affirme un porte-parole de l’Agence de développement touristique de la France.

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Pour préserver la distanciation, il y aura moins d’événements d’après-ski


Les mesures que prendra l’Autriche pour la saison hivernale ne sont pas encore définitivement arrêtées, mais la majorité des stations – sinon toutes – ouvriront, et notamment St Anton, St Christoph, Stuben-Lech, Oberlech, Zürs-Warth et Mayrhofen. Lonely Planet a également contacté l’Office du tourisme italien pour se faire confirmer quelles stations de ski ouvriraient cet hiver, mais n’a pas reçu de réponse. Les skieurs, cependant, peuvent déjà réserver des séjours à Cortina et à Sauze d'Oulx. D’autres stations moins importantes devraient également ouvrir, si l’on se fie à leurs sites Internet.

Dans toute l’Europe, les vacanciers doivent s’attendre à des événements d’après-ski moins nombreux, et à moins d’occasions de se rassembler à l’intérieur. “[Cet été] nous avons organisé des concerts deux fois par semaine sur une barge flottant sur le lac, pour éviter les grands rassemblements,” déclare Amandine Renevot, de l’Office du tourisme de Tignes. “Dans le domaine des spectacles, le nombre de spectateurs a été strictement limité pour faire respecter la distanciation”, ajoute Chloé Harlé, pour Val d’Isère.

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Les masques sont obligatoires sur les remontées mécaniques

Quelle est la meilleure période pour réserver mon séjour au ski ?

Le message de la plupart des stations, c’est que les visiteurs peuvent réserver en toute confiance pour cet hiver. Les mesures de sécurité prises aux niveaux nationaux et régionaux restent encore à harmoniser de part et d’autre des Alpes, mais il semblerait que les restrictions devraient peu changer par rapport à celles mises en place avec succès cet été.
La plupart des stations, cependant, s’attendent à ce que les clients ne réservent que peu de temps avant le début de saison, en cas d’augmentation du nombre de cas de coronavirus ou de modifications des restrictions en Europe. “Nous pensons que les réservations se feront au dernier moment, disait un porte-parole de l’Office du tourisme de Cervinia, et qu’elles dépendront des mesures prises par chaque pays au cours de l’hiver.”
Mais ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas réserver maintenant. Certains opérateurs proposant des séjours au ski que nous avons interrogés ont vu augmenter leur nombre de demandes de renseignements, notamment sur les locations d’appartements indépendants. Crystal Ski Holidays déclare ainsi avoir connu une hausse de 125 % des réservations depuis que les restrictions sur les avions ont été levées. D’autres compagnies, comme Skiworld, vont par ailleurs réduire le nombre de chalets qu'elles ont en gestion en 2020, limitant ainsi les options disponibles.

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Les séjours de ski hors voyages organisés devraient augmenter cet hiver

Quel est le meilleur moyen de me rendre à ma station de ski ?

Les voyageurs indépendants devraient être plus nombreux cet hiver, et les touristes contactent déjà les opérateurs qui manifestent de l’intérêt pour cette manière de faire. Depuis le Royaume-Uni, Eurotunnel demande aux passagers de rester dans leur voiture durant tout le trajet, ce qui permet de fait à ceux qui voyagent en voiture de rester dans leur bulle privée.

“Nous partirons faire du snowboard en décembre, nous dit Jamie Evans de Croydon, qui a réservé pour une semaine à Tignes avec deux de ses amis. Nous avons envisagé l’avion, mais décidé de faire le trajet de nuit en voiture pour ne pas entrer en contact avec d’autres personnes.”
Malgré les faibles taux d'infection à bord des avions, la confiance en ce moyen de transport reste faible. “Durant ces premiers mois de reflux de la pandémie, il y a moins de passagers à affirmer encore qu’ils reprendront l’avion, dit Alexandre de Juniac, président de l’International Air Transport Association (IATA). Début avril, 61 % d’entre eux déclaraient que oui. Début juin, ils n’étaient plus que 45%.”
Ils restent cependant nombreux à vouloir prendre l’avion. Plus de deux millions de passagers ont embarqué sur un vol en juillet, selon les chiffres de Civil Aviation Authority, l’organisme qui chapeaute l’aviation civile au Royaume-Uni. Un chiffre en baisse de 39,4 % par rapport à 2019. Pourtant, Easyjet et British Airways font encore la promotion de séjours au ski pour cet hiver, et continueront de desservir les grands aéroports des stations de ski, tels ceux de Genève, Innsbruck et Lyon.

Selon Daniel Elkan, de Snowcarbon, site Internet qui propose des séjours au ski en train au départ du Royaume-Uni, le retour de ce moyen de transport pour se rendre dans les stations a également été affecté par la pandémie. “Il est plus intéressant d’aller jusqu’aux stations des Alpes en train plutôt qu’en avion ou en voiture, et l’urgence climatique pousse vraiment de plus en plus de skieurs à s’intéresser à un moyen de transport durable pour y aller, dit-il. Mais dans l’ensemble, avec l’incertitude due au COVID-19, les demandes sont moins fréquentes par rapport à l’année dernière.”

Le Ski Train d’Eurostar qui emmenait l’année dernière les voyageurs vers ‎Les Arcs, ‎Val Thorens, ‎Val d'Isère et ‎Tignes, ne circulera pas en 2020 à cause de la pandémie. “Le COVID-19 a sévèrement affecté l’industrie du tourisme, notre activité également, et nous continuons à travailler dans des conditions très difficiles. En conséquence, nous avons pris la décision de concentrer nos efforts sur les liaisons entre les capitales, qui sont les plus demandées par nos clients, et dont les temps de trajet sont les plus courts”, déclare Rosie Jones d’Eurostar.

Il reste cependant possible de rejoindre les pistes par le rail. “Ceux qui veulent aller skier en prenant le train peuvent rallier de très nombreuses gares d’où on accède aisément aux Alpes françaises, comme Lyon ou Chambéry, ajoute-t-elle. On peut aller de Londres à Lyon en moins de cinq heures, en passant par Paris ou avec une simple correspondance à Lille Europe.” Eurostar a également entrepris de faire entrer de l’air frais dans ses voitures toutes les 15 minutes pour en améliorer la ventilation, et établi un plan de réservation différent dans les voitures, ce qui permet aux voyageurs d’être assis à une distance raisonnable les uns des autres.

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Les cours de skis compteront moins d’élèves que d’habitude

Quid de mon séjour au ski si les restrictions liées au COVID-19 évoluent ?

Les scientifiques prévoient une recrudescence des cas de coronavirus cet hiver, ce qui signifie que certains gouvernements risquent de limiter les autorisations de voyager. Mais ceux qui travaillent dans le secteur sont plutôt confiants et pensent que les pistes resteront ouvertes. “Une quarantaine, ou d’autres restrictions à l’entrée dans le pays, ne devraient pas retarder la saison car notre marché intérieur est très important”, dit Alex Herrmann de Switzerland Tourism. Et comme beaucoup de pays l’ont découvert cet été, une période d’isolement de deux semaines à leur retour ne rebute pas tous les voyageurs venus du Royaume-Uni.

"J’imagine que nous vivrons une saison pleine, mais c’est très difficile à prévoir, ajoute Daniel Elkan de Snowcarbon. Ce qui est encourageant, c’est de voir que les opérateurs de voyages organisés autour du ski et les hébergeurs proposent une garantie de remboursement à 100% en cas d’annulation due au COVID-19. Ceci devrait contribuer à mettre les clients en confiance.” La plupart des opérateurs travaillant avec les grandes stations de ski ont intégré une forme de flexibilité dans leurs forfaits pour cet hiver. Ainsi, Ski Solutions a supprimé ses frais de modification, et permet aux voyageurs de modifier gratuitement leurs dates ou leur destination, jusqu’à 12 semaines avant le départ. Et si le FCO (Bureau britannique des affaires étrangères et du Commonwealth) déconseillait tout voyage non essentiel à cause du coronavirus, un remboursement ou le déplacement du séjour à une date ultérieure seraient également possibles.

“Les règles habituelles d’annulation dans les hôtels et les appartements de location ont été assouplies pour la saison 2020–2021” dit Chloé Harlé, de Val d’Isère. Nous conseillons aux clients de contacter leur hébergement pour en savoir plus. Il est également possible de reprogrammer son séjour ou d’obtenir un bon d’achat pour une date ultérieure.”

Comme pour tous les voyages à l’heure actuelle, il est impératif de se renseigner sur les dernières restrictions en vigueur. Il est également conseillé de prendre une assurance voyages couvrant le COVID-19, au cas où votre gouvernement mettrait en place de nouvelles restrictions aux voyages pendant votre séjour à l'étranger.



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