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Voyage responsable

Préoccupée par la destruction de ses milieux naturels, la France restreint l’accès au mont Blanc

Texte par

Maya Stanton (traduit de l'anglais par Maud Combier-Perben)

Mis à jour le : 5 mars 2020

Carte

Le 13 février dernier, le président de la République a annoncé que l’accès au mont Blanc allait être limité. Un projet qui prévoit notamment la réduction du nombre d’ascensions autorisées et l’introduction d’une zone de protection autour du très fréquenté toit de l’Europe.

C’est lors de sa visite à Chamonix, au cours de laquelle il fut amené à constater l’état désolant de la Mer de Glace, que le président de la République a annoncé la nouvelle. En effet, le plus grand glacier du pays (7,5 km de long) a réduit comme peau de chagrin en l’espace de vingt ans et a déjà perdu plus 120 mètres de profondeur en un siècle, tandis que son recul est estimé entre 8 à 10 mètres par an. Le ministère de l’Écologie a par ailleurs déclaré dans un tweet récent que la Mer de Glace aurait reculé de 700 mètres au cours des 30 dernières années. 

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La Mer de Glace a réduit comme peau de chagrin au cours des deux dernières décennies

« Ce que nous voyons avec l’évolution du glacier est une preuve irréfutable du réchauffement climatique et du renversement de tout un écosystème », a déclaré Emmanuel Macron lors de son discours sur place. « Un paysage se déforme devant nos yeux et les espèces disparaissent rapidement. La lutte pour la biodiversité est une lutte pour notre propre survie et est indissociable de la lutte contre le réchauffement climatique », a-t-il ajouté.
La visite du Président à Chamonix a coïncidé avec le lancement, la veille, de l’Office français de la biodiversité, une nouvelle agence gouvernementale dédiée à la surveillance et à la protection de la biodiversité dans l’Hexagone, ainsi qu’avec l’annonce par le gouvernement de la création d’une aire protégée sur le site du mont Blanc d’ici la fin de l'année . Une mesure qui aura pour effet la mise en place d’un quota concernant le nombre de visiteurs autorisés à se rendre sur le sommet, en particulier en été.

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« La lutte pour la biodiversité est une lutte pour notre propre survie » a déclaré Emmanuel Macron

Lorsque les nouvelles mesures entreront en vigueur, les alpinistes devront fournir la preuve qu’ils ont bien planifié leur ascension, réservé des places dans l’un des refuges qui jalonnent l’itinéraire et qu’ils sont équipés de manière adéquate.  
Ce n’est pas la première fois que la France essaie de limiter la fréquentation sur le célèbre sommet de 4810 mètres. En 2018, la préfecture de Haute-Savoie avait déjà temporairement interdit l’accès au mont Blanc par la voie normale dite « Voie royale » à tout alpiniste n’ayant pas réservé sa place dans l’un des refuges situés sur l’itinéraire. Selon France Bleu, l’objectif de ces mesures était d’éviter la surfréquentation de cette voie et les problèmes de sécurité.

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Des dizaines de milliers de personnes tentent de gravir le mont Blanc chaque année

Selon les autorités, 200 à 300 personnes se lancent chaque jour à l’assaut du plus haut sommet de l’Europe, soit 30 000 personnes par an. Et malheureusement, toutes sont loin de réfléchir aux conséquences de cette ascension sur l’environnement et sur leur santé. Ainsi, en juin dernier, deux alpinistes suisses avaient posé leur avion à quelques centaines de mètres du sommet afin d’écourter leur ascension à pied, avant d’être appréhendés par la police.  

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Parmi les futures mesures mises en place, les alpinistes devront fournir la preuve qu’ils ont planifié leur ascension

Fin août, un ancien membre de la British Royal Marine avait quant à lui entrepris l’ascension du mont Blanc avec un rameur sur le dos dans le cadre d’un pari visant à lever des fonds pour des associations de vétérans. Mais en raison de mauvaises conditions climatiques, l’homme avait dû abandonner l’appareil à 400 mètres du sommet lors de sa descente. Cet acte avait alors soulevé une vague de protestations et conduit le maire de Saint-Gervais-les-Bains à écrire au président de la République afin qu’il prenne des mesures contre ceux qui ne respectent pas la montagne et ont des comportements délétères pour l’environnement.
« Aujourd’hui, 99 % des personnes sont choquées par ce qui se passe au sommet du mont Blanc », a déclaré l'élu lors d’un entretien avec le quotidien 20 minutes. […] « Permettons d’aller sur le mont Blanc mais fixons les règles. Quand vous êtes invités chez quelqu’un, ce n’est pas vous qui allez dire comment on se comporte. On ne met pas les pieds sur la table. Et bien là, c’est pareil. »
 



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