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Où méditer sur le temps qui passe ?

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Au son du tic-tac, ou dans le calme serein d'un cimetière, prenez un peu de temps pour faire une pause contemplative. Voici 10 lieux parfaits pour la méditation.
 

1. Horloge astronomique, Strasbourg (Bas-Rhin)

Chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre en matière de comput ecclésiastique, l'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg date du XVIIIe siècle pour le mécanisme horloger, et du XVIe siècle pour les buffets. Une première horloge datant de 1352 a cessé de fonctionner depuis longtemps, mais le musée des Arts décoratifs de Strasbourg expose un automate de l'époque (le plus vieux d'Europe), un coq articulé. Tous les jours, les touristes se pressent à midi en été (à 12h30 en hiver) pour s'extasier devant les jeux d'automates de cette célèbre horloge.
L'horloge indique aussi le jour, le mois, l'année, le zodiaque, la phase lunaire, et la position des planètes.


 
 

2. Musée du Temps, Besançon (Doubs)

Visite incontournable lors de votre passage dans la capitale de l'horlogerie française : le musée du Temps de Besançon. D'autant que le magnifique édifice Renaissance du palais Granvelle vaut le détour en lui-même, avec notamment sa très belle cour intérieure bordée d'arcades. Aventure de la mesure du temps aux XVIe et XVIIe siècles, découvertes de Huygens et de Galilée, évolution des objets d'horlogerie (horlogerie mécanique, montre à quartz, horloge atomique, microtechniques, nanotechnologies…). Ici, vous découvrirez les secrets du temps qui passe. Par ailleurs, la tour du palais accueille un pendule de Foucault.
Musée du Temps, palais Granvelle, 96 Grande-Rue. Infos pratiques sur le site www.besancon.fr/museedutemps. Le musée est gratuit le dimanche.


 
 

3. Alyscamps, Arles (Bouches-du-Rhône)

Alignement de sarcophages noyés dans la verdure, à un jet de pierre du centre-ville d'Arles, les Alyscamps (Champs-Élysées en provençal) dégagent une impression de mystère. Longeant la via Aurelia, cet ancien cimetière romain acquit une importance majeure à partir du Ve siècle, en abritant la sépulture du martyr saint Genest et les tombes des évêques arlésiens. Dante, envoûté par les lieux, s'en inspira dans son poème L'Enfer. Plus tard, en 1888, deux artistes, Gauguin et Van Gogh, y plantèrent leurs chevalets. Aujourd'hui, cette allée ombragée, ponctuée des vestiges romans de l'église Saint-Honorat, inspire une grande sérénité.
Ouvert tous les jours (horaires en fonction de la saison ; tarif plein/réduit 3,50/2,60 €). Le site est à environ 15 minutes à pied du centre-ville ou accessible par la ligne de bus n°4.


 
 

4. Cimetière marin de Varengeville-sur-Mer (Seine-Maritime)

Au sommet d'une falaise de la Côte d'Albâtre, le petit cimetière de Varengeville surplombe la mer de 80 m, avec pour horizon l'immensité du vent et de l'eau, qui démultiplie son aspect solennel et mystique, confinant à l'abstraction. Le compositeur Albert Roussel et le peintre Georges Braque y sont enterrés. À l'image de l'existence humaine, celle du cimetière est précaire : la mer prend sa revanche en réduisant la falaise d'un mètre chaque année, et malgré des travaux de consolidation, le cimetière marin et son église romane sont menacés de sombrer à leur tour.
Braque a réalisé un vitrail, L'Arbre de Jessé, pour l'église Saint-Valery, qui comprend également une série de son élève Raoul Ubac. www.varengille-sur-mer.fr


 
 

5. Cadrans solaires des Hautes-Alpes

Le département compte près de 400 cadrans solaires, qui ornent les façades des monuments, des édifices publics ou des maisons de village. Ces horloges solaires, marquées par l'influence des écoles de peinture italiennes, étaient réalisées par des maîtres cadraniers, qui passaient les cols pour proposer leur savoir-faire dans les villages. Les cadrans solaires servaient à la fois à indiquer l'heure et à décorer les façades des maisons, mais avaient aussi une portée morale avec les devises peintes en guise de décoration.
La commune de Saint-Véran, dans le Queyras, permet d'observer une vingtaine de cadrans solaires sur les façades de ses maisons.


 
 

6. Cimetière du Père-Lachaise (Paris)

Colline bucolique aménagée, en 1804, dans l'esprit des jardins à l'anglaise, ce vaste cimetière de 44 ha, planté de 5 300 arbres et sillonné de petites rues pavées, a presque des allures de village avec ses tombes parfois grandes comme des maisonnettes. Les racines ou les troncs qui parfois enserrent la pierre, les noms des « résidents » (estimés à un million), à la vie célèbre ou méconnue, les épitaphes naïves ou émouvantes prêtent à la méditation sur le temps qui passe, la transformation, le souvenir et l'oubli… comme à la promenade, agrémentée par la diversité architecturale des tombes et la profusion d'oiseaux  !
Parmi les célébrités enterrées au Père-Lachaise (www.pere-lachaise.com) figurent Molière, La Fontaine, Balzac, Musset, Delacroix, Proust, Chopin, Édith Piaf et Jim Morrison.


 
 

7. Vanités, lE Louvre (Paris)

Rendez-vous au Louvre pour méditer devant ces œuvres, appelées Vanités, dans lesquelles les symboles rappellent la vanité du monde et la fugacité de la vie : crâne, sablier et horloge, chandelle, boule de verre, livre ouvert, dé jeté, bulles de savon, insectes rongeurs ou même citron pelé… Dans ce genre pictural, venu de Hollande, qui se développa au XVIIe siècle, observez les natures mortes des peintres Heem ou d'Abraham Mignon : magnifiques bouquets ou tables garnies, où des pétales tombés, une bougie éteinte, des chenilles invitent à la méditation. Voyez ces Jeunes Gens soufflant des bulles de savon de Pieter de Grebber. Pour élargir la leçon, allez par exemple contempler La Madeleine à la veilleuse (1645) de Georges de La Tour.

  • Pour accéder au Louvre (www.louvre.fr) en évitant la longue file d'attente, achetez votre billet à l'avance ou entrez par la porte des Lions (voir le plan sur le site).

 
 

8. Les rives de la Seine (Paris)

Quoi de plus beau qu'une promenade sur les rives de la Seine pour méditer ? On commencerait à la pointe de l'île de la Cité, où Paris est né. On s'arrêterait pour contempler le chevet de Notre-Dame, chef-d'œuvre de l'époque médiévale. Sur les berges, on s'attarderait à voir le fleuve couler, rappel du temps qui passe. Puis, relevant les yeux, on admirerait l'harmonie architecturale de l'île Saint-Louis, bâtie au XVIIe siècle. Pour finir, on méditerait sur cette citation de Jankélévitch, inscrite au n°1 du quai au Fleurs, où le philosophe vécut : « Celui qui a été ne peut plus désormais ne pas avoir été ; désormais ce fait mystérieux et profondément obscur d'avoir vécu est son viatique pour l'éternité. »
Pour une réflexion pragmatique sur la beauté de la vie : une délicieuse glace de la maison Berthillon (www.berthillon.fr ; 29–34 rue Saint-Louis-en-l'Île, 4e arr.).
 
 
 

9. Cimetière marin de Sète (Hérault)

« Ce toit tranquille, où marchent les colombes/Entre les pins palpite, entre les tombes/[…] La mer, la mer, toujours recommencée. » Les vers de Paul Valéry résonnent dans le cimetière de Sète, forêt de croix blanches en escalier sur les flots bleus de la Méditerranée. Le lieu, renommé « marin » en 1945 en hommage au poète, est sa dernière demeure. Après avoir vu sa tombe, et celle de Jean Vilar, perdez-vous entre les allées pavées, parsemées de fleurs fraîches et de photographies. Au détour, quelques trésors, comme cette sépulture sur laquelle veille un ange en marbre blanc. Ne cherchez pas celle de Brassens : il est enterré au cimetière du Py, dit « des pauvres ».
Situé à la sortie du centre-ville, vers La Corniche, le cimetière est facilement accessible à pied, offrant l'occasion d'une belle balade en bord de mer.


 
 

10. Enclos paroissiaux bretons (Finistère)

Témoins de la prospérité économique de la Bretagne des XVIe et XVIIe siècles, ces fleurons de l'architecture religieuse sont autant de joyaux qui contrastent avec l'austérité de la Bretagne intérieure et de ses villages. Retraites spirituelles par excellence, les enclos paroissiaux, constitués d'une église, d'un ossuaire et d'un calvaire, séparent symboliquement le profane du sacré, et permettent la rencontre entre le monde des vivants et celui des morts. Autant dire que le silence qui y règne est propice à la méditation. Situé le long de la vallée de l'Élorn, celui de Saint-Thégonnec en est le plus bel exemple, mais d'autres se révèlent plus intimistes, comme celui de Locmélar.
L'office du tourisme du Léon (www.paysduleon.com) propose un circuit des enclos paroissiaux.