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Publié le 30/09/2026 8 minutes de lecture
Aux confins des États-Unis, l’Alaska incarne à lui seul le dépaysement absolu. Qui n’a pas rêvé d’explorer cette terre lointaine et sauvage ? Les magnifiques côtes de l’Alaska étant inaccessibles par voie terrestre (et très chères par avion), la croisière est l’option la plus appropriée pour découvrir ces territoires vierges. À bord du Roald Amundsen, un navire spécialement conçu pour ce type d’aventure, de la compagnie HX Expedition, on plonge, au fil des escales, dans une odyssée féerique : fjords, glaciers, forêts, communautés isolées… Avec, en prime, une incroyable faune sauvage, terrestre et marine, notamment les ours bruns et les baleines.
Jour 1 : embarquement à Vancouver au Canada
L’embarquement se déroulant dans le courant de l’après-midi, la matinée est consacrée à la visite de Stanley Park, le plus célèbre parc urbain de Vancouver. On profite de jolis points de vue sur la skyline (la ligne des gratte-ciel) et on marque une halte aux Totems, d’imposantes œuvres sculptées dans du bois de cèdre rouge, qui rendent hommage aux peuples autochtones du nord-ouest du Canada.
Un petit tour au marché couvert de Granville Island, qui regorge de produits frais (hmmm, les myrtilles en saison !) et d’artisanat local, et il est temps de monter à bord pour les formalités d’embarquement, puis de prendre la mer.
Jour 2 : Les falaises vertigineuses du Misty Fjords National Monument Wilderness
Effet waouh garanti dans cette zone naturelle ultra sauvage et protégée. Le navire s’aventure jusqu’au fond d’un fjord, au milieu de falaises de granit qui s’élèvent jusqu’à 900 m de haut, garnies d’un manteau de mousses, de cèdres et d’épicéas.
Ce lieu, l’un des plus arrosés du monde, est souvent drapée dans la brume (d’où le nom de “Misty”), ce qui donne l’impression d’évoluer dans un décor préhistorique. À bord d’un zodiac, on se rapproche des falaises, où grondent d’impressionnantes cascades.
Jour 3 : Wrangell, à la découverte d’un glacier grandiose
Débarquement à Wrangell, une bourgade de 2 000 habitants. Cette petite ville de pêcheurs aux maisons en bois colorées est la base de départ de plusieurs excursions. À bord d’un jetboat (embarcation rapide), on file vers une vaste baie au fond de laquelle s’élève le glacier LeConte. La vision de ce monstre de glace bleutée, strié de crevasses et précédé d’un champ d’icebergs qui dérivent, est époustouflante.
Le capitaine coupe le moteur pour que les passagers s’imprègnent de la beauté majestueuse du site. Le glacier est vivant : à mesure que l’on s’approche, on perçoit des craquements sourds.
De retour à Wrangell, avant de remonter à bord, il est encore temps de se balader jusqu’au site culturel de Petroglyph Beach. Cette plage de galets sombres rassemble plusieurs pétroglyphes (gravures sur pierre) qui auraient plus de 8 000 ans.
Jour 5 : À Sitka, une histoire russe, des baleines et du snorkeling
Deuxième débarquement à terre, cette fois à Sitka, une étonnante petite ville accessible uniquement en avion ou en bateau. Surprise : le centre-ville est dominé par le bulbe bleu-vert de la cathédrale orthodoxe Saint-Michel, qui rappelle la présence russe en Alaska jusqu’en 1867. Tout proche, dans la rue principale, une pause gourmande s’impose au Backdoor Cafe, un coffee shop réputé pour ses délicieuses pâtisseries.
Depuis Sitka, un prestaire organise des excursions nautiques dans la baie de Sitka Sound. Postés sur la cime des arbres, des pyrargues à tête blanche sont prêts à fondre sur l’eau pour capturer des poissons. On scrute le rivage… Soudain, un ours brun (grizzli) sort du couvert végétal et arpente la plage de galets, en quête de saumons à dévorer. Une rencontre magnifique !
En pleine mer, on guette l’apparition d’une autre star de la faune locale : les baleines à bosse. En été, elles viennent ici se gaver de krill (petites crevettes). On les repère à leur souffle à la surface, et à leur queue qui se soulève avant l’immersion. Avec de la chance, elles effectuent un breaching (saut hors de l’eau).
Qui l’eût cru ? On peut faire du snorkeling à Sitka ! En été l’eau n’est pas si froide (environ 14°C). Équipé d’une combinaison épaisse et accompagné du moniteur, on s’immerge depuis la plage pour nager au-dessus des incroyables forêts de kelp (des algues brunes géantes) autour de Magic Island. Le fonds rocheux est tapissé d’étoiles de mer aux couleurs vives.
Jour 6 : Le village de pêcheurs d’Elfin Cove et l’observation de la faune dans l’archipel des îles lnian
La chaloupe du Roald Amundsen débarque les passagers à Elfin Cove, une toute petite communauté isolée (10 habitants permanents l’hiver, environ 300 en été), blottie au fond d’une baie échancrée. Ici, on vit au rythme de la pêche (saumon, morue et sébaste). Aucune route ni voiture, les déplacements se font sur des caillebottis en bois construits sur pilotis. Les habitants sont ravis d’échanger avec les passagers – un peu d’animation dans la vie locale !
Une sortie en zodiac est organisée dans l’archipel des Inian, un sanctuaire de la vie marine. Les très forts courants de marée qui s’engouffrent dans les chenaux créent des tourbillons puissants, riches en nutriments. Cet écosystème très particulier draine une faune abondante : des oiseaux marins, quantité de loutres de mer qui dodelinent à la surface, des baleines à bosse et des colonies d’énormes otaries de Steller regroupées sur les rochers ou qui chassent le saumon à la surface.
Jour 7 : ambiance de création du monde à Icy Bay
En termes de paysage, Icy Bay est le clou de la croisière. Imaginez un fjord entouré de plusieurs gigantesques glaciers avec, en arrière-plan, les sommets enneigés du colossal mont Saint Elie (5 489 m). En zodiac, on navigue jusqu’au fond du fjord, au milieu des growlers (fragments de glace).
Choc sensoriel assuré : sous le soleil d’été, le glacier offre un spectacle grandiose, avec un contraste saisissant entre la glace aux reflets bleu électrique, la roche noire et d’énormes cascades qui vomissent des quantités phénoménales d’eau de couleur grise dans les eaux jade du fjord, dans un fracas assourdissant. Ce flux opaque, de consistance laiteuse, est constitué d’eau de fonte chargée de sédiments et de poussières de roche. Incroyablement photogénique.
Jour 9 : rencontre avec les habitants d’Old Harbor, sur l’île de Kodiak
Une journée inoubliable, ponctuée d’échanges avec les habitants d’Old Harbor, une toute petite communauté isolée qui compte seulement 220 habitants permanents. La plupart sont des Alutiiq, le peuple autochtone de la région. Ils partagent avec plaisir leur culture et leur mode de vie avec les passagers. Les jeunes du village, revêtus de costumes colorés, effectuent des démonstrations de danse traditionnelle.
On peut aussi acheter de l’artisanat local, dont des sculptures sur os. On remarque également l’église orthodoxe russe des Trois-Saints, qui témoigne de la forte influence russe dans la région.
Jour 10 : kayak dans Kinak Bay, le royaume des ours bruns
Encore un fjord sauvage et reculé, bordé de parois de granit taillées comme des lames de couteau, dans le parc national de Katmai. Tout au fond se trouve Hidden Harbor, une vaste lagune accessible en traversant un goulet à bord d’une petite embarcation.
Ce secteur abrite une forte concentration d’ours bruns, que l’on peut apercevoir lors d’une excursion en kayak, moyen idéal pour s’approcher discrètement des berges. Aujourd’hui, deux imposants spécimens sont au rendez-vous : ils fouillent la vase pour déterrer des palourdes. Immobile sur le kayak, sans un bruit, on s’imprègne de leur chorégraphie pendant une quinzaine de minutes avant qu’ils ne s’éloignent dans le couvert forestier. Inoubliable !
Jour 11 : Geographic Harbour, un site légendaire pour l’observation des ours bruns
Kinak Bay, la veille, n’était qu’un avant-goût. Un peu plus à l’ouest, Geographic Harbour est un spot mondialement réputé pour l’observation des grizzlis (ours bruns), dans un cadre sensationnel.
Imaginez d’abruptes parois rocheuses d’origine volcanique, aux formes biscornues, des forêts denses, des nappes de brume, des eaux couleur émeraude… et des rivières à saumon où viennent se régaler des familles d’ours bruns. Leur présence est garantie ou presque en période estivale.
Tout commence par une navigation lente à bord du zodiac. Dès qu’un ours est repéré, le moteur est coupé. Le silence s’installe. On les regarde à une centaine de mètres de distance en train de creuser le sol à la recherche de crustacés, manger des herbes, croquer des saumons qui se débattent dans leur gueule… Une expérience unique.
Jour 12 : immersion dans le village fantôme d’Unga
Séquence mélancolie sur l’île d’Unga, noyée dans la brume. On se croirait en Écosse. On débarque en zodiac sur une plage de galets, puis on marche jusqu’à un village abandonné, où il ne subsiste plus que des maisons en bois en ruines, cernées par des herbes hautes.
L’histoire du site est poignante. L’île a attiré de nombreux mineurs et colons lors de la ruée vers l’or à la fin du XIXe siècle. Lorsque les ressources se sont épuisées, la population a progressivement déserté l’île. La dernière famille est partie en 1969. Depuis, la nature a repris ses droits.
Jour 13 : Dutch Harbor (île d’Unalaska), le port de pêche du bout du monde
À l’extrémité ouest des îles aléoutiennes, Dutch Harbor, sur l’île d’Unalaska, est une ville portuaire, entièrement tournée vers la pêche commerciale et les conserveries. Devant les grands hangars de la zone portuaire, on aperçoit de gros chalutiers en partance pour les eaux riches de la mer de Béring, où ils captureront du crabe royal, du saumon, du flétan, du cabillaud…
Le paysage, d’origine volcanique, est à la fois spectaculaire et austère : des collines recouvertes de végétation rase et des falaises qui dégringolent dans de grandes baies aux eaux bleu cobalt.
Unalaska a connu une histoire tumultueuse, en raison de sa position stratégique. En juin 1942, Dutch Harbor fut bombardée par l’aviation japonaise, une tragédie encore visible à travers les vestiges militaires disséminés sur la colline de Bunker Hill, que l’on gravit à pied, en compagnie d’un guide. La ville compte plusieurs musées, dont l’excellent Museum of the Aleutians, consacré à l’histoire de l’archipel.
Jours 15 et 16 : aux confins du monde, les îles St-Paul et St-Mathew
Perdue en pleine mer de Béring, loin des côtes de l’Alaska, St Paul Island est synonyme de dépaysement absolu. Battue par les vents, enveloppée de brouillard, elle donne l’impression de débarquer sur une autre planète.
Malgré sa petite taille, elle compte une population de 400 habitants, essentiellement des Unangan (peuple autochtone des îles Aléoutiennes), qui vivent de la pêche. Au bourg, on trouve les services essentiels : école, dispensaire, commerces et une église orthodoxe. Cette île de poche est sanctuaire animalier : chaque été, des dizaines de milliers d’otaries à fourrure viennent se reproduire sur les plages de galets noirs. Un belvédère a été aménagé pour ne pas perdre une miette du spectacle. Les animaux se dandinent, se chamaillent, crient, plongent dans l’eau… Les falaises accueillent des colonies d’oiseaux marins, dont l’étrange macareux huppé, reconnaissable à son grand bec rouge-orangé et à ses longues mèches jaunes recourbées derrière les yeux.
Tout aussi isolée, encore plus inhospitalière, St Matthew Island, inhabitée, est une terre vierge ou presque, visitée par quelques bateaux de croisière en été.
Jour 18 : Nome
Terminus Nome, une ville à l’extrême ouest de l’Alaska, à l’atmosphère de Far West. Elle a connu la prospérité à l’époque de la ruée vers l’or, au siècle dernier. Front Street, l’avenue principale, concentre l’essentiel des infrastructures : commerces, bars, boutique d’artisanat inuit, musée.
Nome est aussi connue pour être la ville d’arrivée de l’Iditarod, la célèbre course de chiens de traîneaux, qui se déroule chaque année en mars. À la périphérie de la ville, il est fréquent d’apercevoir, au bord de la route, d’imposants bœufs musqués (qu’il ne faut pas trop approcher, car agressifs). De l’aéroport de Nome, on prend l’avion du retour pour Vancouver.
Jean-Bernard Carillet a voyagé en Alaska à bord du Roald Amundsen, navire de la flotte HX Expeditions (travelhx.com), compagnie reconnue pour ses prestations de qualité, qui suit toutes les recommandations liées à la protection de l’environnement.
Les contributeurs de Lonely Planet n’acceptent aucune contrepartie en échange d’un reportage favorable.