Et si tout était dans tout, et réciproquement...?
Touriste ou voyageur...?
Est-ce que "le touriste, c'est l'Autre", pour paraphraser Sartre?!
J'ai été dans 35 pays environ, pour visiter ou pour travailler
J'ai pensé être voyageur lorsque je passais du temps dans un pays, que j'y habitais. Y travailler permet de toucher une facette essentielle de la vie du pays et des gens, qu'on ne peut ressentir, aborder, sans ça.
Mais, d'expérience, ça n'est ni totalement suffisant ni totalement indispensable, il me semble.
Je ne crois pas avoir été voyageur lorsque, arrivant quelque part, il suffisait de prendre un ticket au bon endroit, pour aller sur l'île, là , en face. Le "voyageur", va devoir trouver quelqu'un qui veut bien l'amener, sur l'île en face: il n'y a pas de ticket, disons.
D'ailleurs, doit-on prendre un bouquin, un guide de voyage, pour faire un "voyager"? N'est-ce pas un vil outil de "tourisme"?!
Eh oui, le voyageur-le-vrai, lui non plus, ne va pas qu'en terre vierge.
Alors, chercher l "authentique" ou pas?
Une chose parait claire: le voyage prend plus de temps et d'énergie que le tourisme.
Les premiers "critères discriminants" que je citerais sont sans doute le temps et l'énergie, entre voyage et tourisme; Ou plutôt, dans le continuum entre voyage et tourisme (car il saute aux yeux que c'est un continuum, au mieux).
Quand je vais à Londres pour la 1° fois et que je prends un tour, pour une visite rapide de la ville, qui me permet de "trier" où je peux retourner les jours suivants pour "aller un peu plus loin" (histoire, quartier, musée, vie, gens, et autres inattendus), et ainsi éviter de "perdre du temps" sur ce qui m'intéresse moins, je crois que le matin j'ai fait du tourisme, et qu'ensuite je ne me suis que... rapproché du voyage...
Je dégagent là 2 autres° "critères": être attentif à l'imprévu (mais accepter de "perdre son temps" sur "l'inintéressant"); être "efficace" et ne rater que le moins possiblede "choses à voir"...
Mais quand j'arrive à l'aéroport, entre les pépés/ mémés et les sac-à -dos à lunettes noires + apparence blasée/détachée, je me dis que chacun est là pour voir à sa manière, à ses moyens, ce qu'il y avait de l'autre coté de la montagne. A l'aune de son passé et de ses attentes...
L'importance de cette différence entre tourisme et voyage devient alors toute relative, si on veut bien considérer l'Autre avec bienveillance, il me semble.
Ne me reste plus alors qu'à continuer mon voyage en me demandant si cette différence tourisme/ voyage représente quelque chose pour ceux chez qui nous allons, pépés, mémés, bobos, blasés et MOI.
Et je pars en pensant Raffles, qui a -entr'autres- redécouvert Borobudur. Borobudur qui était pourtant resté au même endroit (si, si), 400 ans après son abandon. Connu des seuls "locaux". Qui n'en ont parlé qu'après mille questions de Raffles, tellement ce vieux truc abandonné leur était banal. il lui a fallu venir (par hasard?), à moins de 20km du truc, pour que sa question trouve un écho. Qu'il est long le chemin du voyage...
Alors, Raffles était il un "voyageur" ou un "touriste"? Et si cette typologie n'avait d'intérêt que français, que parisien...?
Bon vent!