Naïfs, attention:
à lire avant de s'embarquer dans le genre de truc ci-dessus.
Bonjour ELFEAILLEURS,
Je suis le directeur de Projects Abroad en France. Sachez que si nous souhaitons nous exprimer, nous affichons clairement qui nous sommes. Nous n'utilisons pas de faux utilisateurs déguisés.
C'est intéressant que vous ayez connaissance de l'article du Guardian "Before you pay to volunteer abroad, think of the harm you might do".
Mais avez-vous lu l'étude "AIDS Orphan tourism" qui était le déclencheur de cet article? La question "Est-ce qu'il est utile de faire du volontariat dans le monde en voie de développement ou non?" est complexe et elle mérite qu'on l'approfondisse. S'arrêter à la lecture d'un article ou la visite d'une page qui donne les prix d'une mission serait rester seulement à la surface.
Sachez que la discussion autour de l'article du Guardian était assez controversée en Angleterre. L'étude a été critiquée, aussi par d'autres chercheurs, à cause de sa focalisation excessive sur la durée des missions de volontariat. Personnellement, je pense qu'on peut lui reprocher entre autres
- qu'elle mélange sans discernement la couverture média sur les adoptions de Madonna avec la communication des organisations de volontariat
- qu'elle ne fait même pas la tentative de catégoriser les différentes formes de volontariat et se contente de baser son jugement de celles-ci sur des "scans of the industry"
- que la situation idéale qu'elle dépeint, des orphelins hébergés dans des maisons d'accueil de petite taille entourés de personnel qualifié et en nombre suffisant, est malheureusement très loin de la réalité de nos organisations partenaires. Même si l'exposition à différents volontaires qui se succèdent n'est pas optimal, la question est légitime si cette solution n'est quand même pas mieux que de laisser les enfants seuls.
Je pense qu'il convient aussi de creuser un peu plus lorsque vous découvrez que la mise en place de missions de volontariat coûte de l'argent. En bref: puisque Projects Abroad ne reçoit pas des subventions ou d'autres financement, et puisque nous ne demandons pas aux organisations du Sud de payer, ce sont les volontaires qui financent la structure de Projects Abroad et autofinancent leurs missions. C'est expliqué en détail sur la page "
Pourquoi payer pour être volontaire?".
Les prix sont ce qu'ils sont, nous essayons d'être très transparent sur cet aspect de sorte que tout le monde puisse faire son choix - de partir avec Projects Abroad ou non. Notre planète a besoin de toutes les bonnes volontés réunies et je pense que nous perdons notre temps si nous essayons de prouver pourquoi une certaine forme de volontariat ne répond à tous les problèmes. Bien sûr, vous pouvez rejeter en bloc tout ce qui coûte de l'argent, mais je me demande si ça serait bien utile pour les populations au Sud.
L'impact de nos volontaires sur le terrain est incontestable. En Amérique du Sud,
nos volontaires forment par exemple les profs d'anglais de la région de Cusco,
réalisent des puits dans des orphelinats en Bolivie, où participent à la
réintroduction d'animaux sauvages au sein du premier centre de réintroduction officiellement accrédité par l'état péruvien.
Quant à la question "Payer pour faire un travail que des locaux pourraient faire en étant payé?" par skunkman38, elle est intéressante, et nous y répondons sur
http://www.projects-abroad.fr/decouvrez-projects-abroad/. Je vous colle un extrait ici:
"L’engagement de Projects Abroad part d’un constat : beaucoup des problèmes de nos pays d’actions trouvent leur origine dans les pays dits développés. Dans notre façon de consommer ou le manque de considération que les pays occidentaux ont parfois pour les besoins du Sud.
L’on peut avancer beaucoup de raisons pour cela, mais selon notre analyse une raison importante est l’absence de relations de beaucoup de nos décideurs – politiques, administratifs, économiques – avec les pays en voie de développement ou émergeants. Beaucoup d’entres eux ne connaissent nos pays d’action qu'à travers les médias, des rapports ou des visites organisées loin des populations défavorisées. Très peu ont vécu dans un pays en voie de développementpour pouvoir ainsibâtir une relation – affective, mais aussi de connaissance – avec ces pays-là . Or, pour pouvoir aimer, il faut connaître et c’est là où Projects Abroad agit.
Notre objectif est de donner à un maximum de personnes l’occasion de passer un certain temps en immersion dans un pays en voie de développement ou émergeant.
Nous espérons que pendant leur expérience, nos volontaires tissent des liens durables avec les communautés dans lesquelles ils travaillent. Nous espérons qu’à leurs retours, nos volontaires porteront un petit peu du monde en voie de développement dans leurs cœurs et que cela les motivera pour prendre les besoins du Sud en considération lorsqu’ils agissent au Nord. Pas seulement dans leur vie personnelle, mais aussi lorsqu’ils auront des décisions à prendre dans leur vie professionnelle au niveau politique, administrative, économique."
Cordialement
Frank Seidel
Directeur Projects Abroad France
This post has been edited 1 times, last edit by "ProjectsAbroad" (Oct 3rd 2011, 7:48pm)