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Sunday, May 27th 2012, 4:29pm UTC+2

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1

Monday, April 14th 2008, 4:27pm

Thomas Kohnstamm, un auteur indélicat ?

Vous aurez peut-être découvert et lu ce matin (14 avril) dans la presse des articles (Le Figaro, [URL=http://tf1.lci.fr/infos/economie/medias/0,,3818168,00-aveux-bidonneur-.html]LCI[/URL] , L'Express ou rue89) au sujet d'un ex-auteur Lonely Planet, Thomas Kohnstamm Celui-ci dit avoir "bidonné" son travail d'auteur. On reviendra sur le sujet mais il faut tout de même relever des inexactitudes dans certains articles :
- Thomas a collaboré en tant qu'auteur à trois guides Lonely Planet : Chili et ïles de Pâques (traduit en Français, 1re édition), South America on a shoestring (10e édition) et Carribean Islands (4e édition).
- Thomas en citant son travail sur le guide Colombie dit n'avoir pas eu les moyens de se rendre sur place. Il est a noter que pour ce guide, Thomas a été sous contrat Lonely Planet pour mettre à jour les parties introductives du guide (histoire, culture, gastronomie et environnement) et n'avait donc pas de recherches directs à effectuer sur le terrain. Deux autres auteurs (Michael Kohn et Robert Landon) étaient chargés de faire des recherches sur le terrain et des chapitres régionaux.
On notera que Thomas sort dans quelques semaines un livre intitulé "Do Travel Writers Go to Hell? (Les auteurs de guide iront-ils en enfer ?) dans lequel il relate son expérience d'auteur pour une édition du guide Brésil, rééditée depuis. Thomas n'a pas été auteur sur cette dernière édition.
Affaire à suivre

Posts: 451

wcf.user.option.userOption43: BZH

2

Monday, April 14th 2008, 5:37pm

RE: Thomas Kohnstamm, un auteur indélicat ?

et oui, ils en ont même parlé sur France Info, hier!

En tous cas, ca fait pas vraiment de la bonne pub tout ca...

Posts: 1,731

wcf.user.option.userOption43: un certain nombre ou un nombre incertain

3

Tuesday, April 15th 2008, 1:12pm

il y a une différence entre ....

1 auteur qui écrit .....( demander des faveurs pour inscrire un retaurant n'engage que lui ......)

et 1 une maison d'édition qui est à priori responsable de ce quelle publie mais si il faut envoyer des controleurs sur place pour verifier ce qu'ont mis les auteurs .............


on n'est pas sorti de l'auberge

4

Tuesday, April 15th 2008, 2:44pm

Moi on m'a demandé plusieurs fois mes faveurs contre le gite gratuit mais je suis honnéte je n'ai jamais cédé (sauf si la cave était bonne ) .

Posts: 565

wcf.user.option.userOption43: :

5

Tuesday, April 15th 2008, 3:12pm

RE: il y a une différence entre ....

Quoted

posté à l'origine par Magne
1 auteur qui écrit .....( demander des faveurs pour inscrire un retaurant n'engage que lui ......)
et 1 une maison d'édition qui est à priori responsable de ce quelle publie mais si il faut envoyer des controleurs sur place pour verifier ce qu'ont mis les auteurs .............
on n'est pas sorti de l'auberge


>>> maison d'édition qui est à priori responsable ...
Non, c'est une fausse idee, il faut voir le contrat.

Enfin, on aura peut-etre droit a une enquete sur un guide de voyage dont on ne doit pas taire le nom :) LOL

En gros il vous a fait un petit dans l'dos

Comme tu dis, ou presque: On est pas rentrer dans l'auberge ! :)

This post has been edited 1 times, last edit by "Zone" (Apr 15th 2008, 3:15pm)


6

Wednesday, April 16th 2008, 11:55am

Bonjour à tous
En tant qu'auteur régulier pour Lonely Planet depuis plus de 10 ans, je tiens à réagir aux propos de mon ex-confrère Thomas Kohnstamm, dont le livre 'Do Travel WritersGo to Hell' raconte ses mésaventures en cours de mission pour Lonely Planet.
Pour info, j'ai signé ou co-signé près de 50 éditions de guides Lonely Planet, en français et en anglais, et je travaille actuellement pour tous les bureaux de Lonely Planet (Melbourne, Oakland et Londres) et pour les éditions françaises (basées à Paris). J'ai également été salarié 5 ans dans cette maison d'édition, donc je crois pouvoir dire que j'en connais bien les rouages.

Ceci posé, voilà mes réactions:

- la communauté des auteurs Lonely Planet est exaspérée par les propos de ce trublion, qui ne reflètent vraiment pas la réalité de notre métier d'auteur LP. Thomas Kohnstamm, c'est un peu le 'Jérôme Kerviel' de Lonely Planet. Lonely Planet fait travailler 350 auteurs, recrutés après un processus sélectif, mais il y a statistiquement quelques brebis galeuses qui échappent à toute les procédures de contrôle qualité. C'est inévitable mais, en aucun cas, je le répète, ses propos et ses pratiques ne reflètent la réalité de notre travail et de nos vies d'auteur.

- je connais un certain nombre de mes confrères et consoeurs. Tout ce que je peux dire, c'est que nous partageons les mêmes valeurs: implication, passion, professionnalisme, sérieux, loyauté. Thomas Kohnstamm est 'atypique' et ne nous représente pas, pas plus qu'il ne représente Lonely Planet.

- A mon sens, Thomas Kohnstamm a flairé le bon coup éditorial. Il publie un livre, et se fait sa pub, en utilisant des ingrédients bien connus. Le 'trash', ça fait vendre! C'est un peu facile de ternir de cette manière l'image de Lonely Planet.

- Mon ex-confrère laisse entendre qu'il a 'bidonné' des infos et qu'il a écrit sur des endroits/sites/prestations qu'il n'a pas visités.
C'est fort possible qu'il soit passé entre les mailles du filet, et que personne ne soit aperçu de rien, mais généralement ce sont des choses que l'on repère vite en aval.
Par ailleurs, et c'est l'une des qualités essentielles pour faire ce métier, les auteurs Lonely Planet sont des 'fous du terrain', qui ne rechignent pas à la tâche, gourmands en kilomètres et en expériences de voyage. Certains d'entre nous (et c'est mon cas) passent jusqu'à 6 mois par an sur le terrain, et en redemandent. C'est notre passion, une grande partie de notre vie s'articule autour du voyage. Thomas Kohnstamm s'est sans doute trompé de métier s'il estime que Lonely Planet lui en demandait trop!
Nous faisons le maximum pour couvrir toutes les prestations de la région. Et oui, c'est possible. Et s'il y a certains secteurs ou prestations que, pour une raison ou pour une autre, nous n'avons pas pu physiquement couvrir lors d'une édition, nous leur donnons la priorité lors de l'édition ultérieure.
Par ailleurs, nous avons acquis une expertise des destinations sur lesquelles nous travaillons. Si Lonely Planet m'envoie couvrir une partie du Pacifique Sud, c'est parce que j'ai passé déjà plus de 15 mois en Polynésie en plusieurs voyages. En revanche, Lonely Planet ne m'enverra certainement pas couvrir la Chine, car ce n'est vraiment pas mon domaine d'expertise!

- Mon ex-confrère laisse entendre que Lonely Planet ne donne pas les moyens financiers à ses auteurs de faire correctement leur travail sur le terrain.
Là encore, je suis étonné du manque de professionnalisme de mon ex-confrère. Plusieurs mois avant le début du projet, les discussions portent sur l'ampleur du travail à effectuer (nombre de chapitres à traiter, nombre de mots, nombre de cartes etc) et la rétribution prévue. Une offre formelle est ensuite faite à l'auteur, qui dispose d'un délai de réflextion pour voir si cela lui convient ou pas (et oui, il y a une marge de négociation si nous avons de bons arguments à faire valoir). Un auteur comme Thomas Kohnstamm, qui connaissait très bien l'Amérique du Sud, était donc tout à fait à même de faire ses calculs, d'estimer ses dépenses sur place et sa rétribution, et de décliner l'offre si elle lui semblait insuffisante! Lonely Planet n'a jamais 'pris en traître' ses auteurs. Les choses sont claires et nettes, et écrites noir sur blanc; après, c'est la responsabilité de chacun de faire ses comptes et d'évaluer sa rentabilité.
Il est vrai que Lonely Planet demande beaucoup à ses auteurs, et est très exigeant; mais c'est justement ce qui fait la qualité de ces guides. Après tout, c'est valorisant.
Quant au niveau de vie des auteurs, je crois pouvoir dire que la plupart d'entre nous vivent correctement. On ne s'enrichit pas autant qu'un trader de la bourse de Shanghai, certes, mais nous vivons correctement de notre passion, dans un contexte devenu très concurrentiel pour les maisons d'édition de guides de voyage.

- Il parle de 'faveurs' et de gratuités en échange de commentaires positifs.
Je suis choqué qu'il ait pu accepter de travailler de cette façon, car les auteurs n'aiment pas la sensation d'être achetés. Lonely Planet n'a pas été au courant de ces pratiques car Lonely Planet ne 'flique' pas ses auteurs. Ce travail repose sur une relation de confiance, et Thomas Kohnstamm s'est mis en porte à faux par rapport aux règles de la maison d'édition.

- Je tiens également à souligner que Lonely Planet 'soigne' bien ses auteurs (Thomas Kohnstamm laisse entendre qu'il est laissé à lui-même). Nous avons des interlocuteurs désignés pendant toute la durée du projet, à qui nous référons en cas de besoin; nous avons une assurance professionnelle qui nous couvre en cas de pépin sur place; nous disposons d'un forum spécial, qui réunit les auteurs et le staff de Lonely Planet, sur lequel nous pouvons exprimer nos doléances (elles sont écoutées!), nous avons une newsletter mensuelle qui nous tient informé des développements de Lonely Planet, et nous avons également des séminaires annuels auxquels nous sommes invités (aux frais de Lonely Planet) pour rencontrer les personnes avec qui nous travaillons et échanger. Et nous avons des contrats 'carrés', avec des paiements en temps et en heure - jamais d'incident. Je ne suis pas sûr que toutes les maisons d'édition fassent de même avec leurs freelance! A mon sens, Thomas Kohnstamm a craché dans la soupe.

En conclusion: beau coup de pub pour son bouquin, mais crédibilité zéro. Se vanter d'avoir arnaqué un employeur honnête, je ne vois pas où cela le mènera.

7

Tuesday, May 27th 2008, 4:05pm

La suite à la radio...

Pour ceux que le sujet intéresse ou simplement pour savoir comment sont fabriqués les guides de voyage (à Lonely Planet ou ailleurs), rendez-vous le 1er juin dans l'émission de France Inter, Au détour du Monde (le dimanche à 16h). On y parlera du travail de l'auteur, des différentes méthodes selon les éditeurs... Olivier Cirendini, auteur de plusieurs guides (Corse, Québec, Madagascar...) sera à l'antenne ainsi que Beaudouin Echapasse qui a écrit un livre il y a deux ans intitulé "Enquête sur un guide dont on doit taire le nom.

8

Wednesday, September 10th 2008, 1:41pm

Et enfin on lira dans l'excellent magazine Ulysse de ce mois-ci, un interview de TK, ex. auteur Lonely Planet, qui revient sur cette affaire.

Voici les propos de TK que l'on pourra lire dans Ulysse

Rencontre avec Thomas Kohnstamm, ancien auteur de guides Lonely Planet et auteur de « Do travel writers go to hell ? ».

Ulysse : Vous êtes devenu célèbre en avouant avoir rédigé le guide "Colombia" de Lonely Planet sans y avoir été... Est-ce la vérité ?

Thomas Kohnstamm : Cette polémique repose sur une fausse citation J'avais parlé du nécessaire travail de desk (de bureau) dans l'industrie du guide touristique Pour une introduction, on n'a pas nécessairement besoin d'aller dans le pays. Voici la phrase, telle que je l'ai écrite : "Ce que je ne peux pas plagier, je peux toujours l'inventer. " Je n'ai jamais dit que j'avais plagié ou inventé. Un journal à sensation a détourné mes propos pour lancer une polémique Ensuite, des sites et des blogs ont propagé la rumeur.

Vous avez voulu vous faire de la pub ?

Croyez-vous qu'un auteur apprécie d'avoir des propos négatifs associés à son nom ? Je ne suis pas fou.

Certains auteurs de Lonely vous accusent de ternir l'image de l'éditeur et de régler vos comptes.

Beaucoup d'autres ont pris ma défense et confirment que les pratiques que je décris sont courantes dans le milieu Je parle uniquement de mon expérience personnelle Je n'ai pas de soucis particuliers avec Lonely Planet Leurs guides touristiques sont parmi les meilleurs. Le vrai sujet de mon livre est le voyage.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Je m'ennuyais a écrire des guides, je voulais tenter quelque chose de différent Je voulais montrer la réalité du voyage, les bons côtés, les moins bons, les rencontres invraisemblables.

Vous attendiez-vous à la polémique que votre livre a déclenchée ?
Je ne veux pas discréditer les guides touristiques Ce sont des outils utiles maîs ils ne sont pas infaillibles. Ils sont subjectifs. Ils reflètent le point de vue de leurs auteurs. Les voyageurs devraient s'en servir comme point de départ et non comme le seul chemin pour découvrir un lieu.

Combien de temps avez-vous travaillé pour Lonely Planet ?
J'ai commencé en 1998-1999 en écrivant des recueils d'expressions linguistiques. J'ai recommencé a travailler pour les guides en 2004.

Y a-t-il une méthode pour écrire un guide ?
Non, il y a beaucoup de façons différentes de faire ce travail. Il n'y a pas d'approche standard, maîs c'est toujours difficile à cause des contraintes de temps et d'argent

Pourquoi n'avoir pas testé toutes les adresses que vous citez ?

Il m'était impossible de faire mon travail sérieusement avec le temps et l'argent disponibles. Je ne me sentais pas à l'aise de ne pas pouvoir parler de tous les endroits, mais j'ai toujours essayé d'obtenir la meilleure information possible grâce a mes contacts. La plupart des auteurs font pareil Ils n'ont pas le choix Demandez-leur. Ils ne l'admettront pas en public, mais c'est la vérité.

Est-ce que les hôtels et restaurants où vous étiez invité avaient droit à une bonne critique même s'ils ne le méritaient pas ?
Bien sûr que non ! Je le dis dans mon livre. Je n'ai jamais fait de critique positive en échange d'un service

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