Les casas particulares de Cuba : pour un choix avisé.
1ère partie (14/01/2010)
Voyageant à Cuba depuis des années nous sommes toujours surpris de trouver dans les guides, reprises d'une édition à l'autre, des casas qui devraient en avoir été retirées depuis longtemps, d'autres qui devraient y figurer mais n'y entrent jamais et, globalement, de ne trouver que des informations assez sommaires sur cette version cubaine de la maison d'hôte, leur particularité, ce que tout voyageur est en droit d'en attendre et aussi la dérive actuelle de ce concept, des centaines de casas dépourvues du confort le plus élémentaire ouvrant à chaque coin de rue dans tout le pays.
Pour commencer le prix d'une casa est officiellement de 20 CUC. Certaines casas demandent aujourd'hui 30 et 35 CUC sous prétexte qu'elles ont réalisé divers aménagements ou inclus dans leurs services certaines options coûteuses. C'est vrai pour certaines, qui offrent par exemple un service Internet, extrêmement couteux à Cuba, mais souvent ces prix sont abusifs, les "aménagements" effectués n'étant que l'investissement normal pour transformer une pièce quelconque en une chambre propre et possédant le minimum de confort requis pour accueillir un voyageur. Ces 30 ou 35 CUC peuvent d'ailleurs être marchandés en fonction du nombre de jours passés sur place (sauf à La Havane où il est devenu très difficile de trouver une casa en-deça de 25 ou 30 CUC). D'autre part, sachez que le fait d'être amené par quelqu'un vous coûtera 5 CUC supplémentaires par jour, qui seront reversés à l'intermédiaire...
Le minimum que vous devez exiger est d'avoir une chambre propre, dans laquelle le ménage est effectué (et les draps changés) quotidiennement, y compris pour la salle de bains et surtout si celle-ci est partagée ; avec climatisation si vous venez durant les mois chauds, en particulier dans l'Oriente ; et, enfin, que l'on vous fiche la paix : vous n'avez pas à supporter le radiocassette à plein volume ou les chiens aboyant tout au long de votre séjour. Surtout posez bien toutes ces questions avant de vous engager : prix ? propreté ? climatisation ou ventilateur ? salle de bain privée ou partagée ? serviette et savon fournis ? tranquillité ? De façon générale entendez-vous clairement sur les prix. Toute ambiguïté qui pourrait subsister sera à votre désavantage au moment de payer la note.
Ensuite, c'est selon les options. Un petit déjeuner coûte généralement 2 ou 3 CUC. Attention aux prix des repas qui sont souvent excessifs, car c'est là que les propriétaires réalisent les bénéfices les plus juteux. Si cela reste entre 4 et disons 7 CUC tout va bien. Au-delà demandez ce qu'il y a. N'oubliez pas que le riz, les haricots, les tomates, le choux, le poulet et le porc, qui constituent le quotidien de la plupart des Cubains, sont achetés à très bas prix. Si c'est tout ce qu'on vous propose, vous êtes autorisés à marchander. Il est vrai que les plats sont souvent mieux préparés et plus copieux dans les casas, mais certains restaurants tout à fait acceptables proposent ce type de repas pour des prix équivalents ou inférieurs et dans un cadre souvent plus agréable. Bien sûr il s'agit d'une appréciation générale, les paramètres sont susceptibles de varier d'une ville et/ou d'une région à l'autre, et bien sûr on peut aussi choisir de payer le prix demandé parce qu'on n'aime pas marchander ou qu'on trouve les gens sympathiques ou accueillants.
Nous nous arrêterons là pour aujourd'hui. Si vous avez des questions n'hésitez pas.
2ème partie (15/01/2010)
Nous disions hier que certaines casas ne devraient plus figurer dans nos guides préférés, certains cas sont emblématiques. L'un d'eux pourraient être la Casa Soulary, située dans Reparto Vista Alegre à Santiago de Cuba. Voilà l'exemple type d'une casa à retirer de l'ensemble des guides. Elle figure dans le Lonely Planet édition 2005 et nous ne savons pas si elle se trouve encore dans l'édition 2009, mais le fait est qu'elle cumule la plupart des désagréments. Pour commencer, l'endroit décrit comme une vaste et agréable maison moderne est devenu un foutoir complet. Si vous vouliez profiter du garage pour y mettre votre voiture de location, oubliez car il est jonché d'outils et de pièces de moteur, et sol et murs brillent d'huile de vidange. Idem dans le jardin, où s'entassent les pièces détachées de toutes sortes de machines. Les chambres sont sombres et ne sont fournies que les erviettes (enfin ce qu'il en reste), vous devez donc vous procurez savon et papier toilette. La "vaste maison moderne" tourne autour d'un patio délimité par des piliers de ciment, où le plus souvent se trouve un énorme molosse noir qui chaque fois que vous passez glisse la tête par les interstices entre les piliers et essaye de vous attrapper la main. Lorsque le propriétaire s'en va sur sa moto il laisse son chien dans la cuisine, en vous recommandant de ne surtout pas entrer... Quand vous n'êtes pas dérangé par les aboiements, c'est par le même bonhomme qui bricole dans le garage (scie, marteau, etc.) et à la tombée du jour vous avez droit à l'odeur d'un élevage de porcs à proximité. Finalement, le prix des petits déjeuners, fixé à 3 CUC, est passé à 4 au moment de la note, le propriétaire nous expliquant avec un ton menaçant qu'il avait dit que ce serait en fonction de ce qui serait servi, et avait été servi plus et plus varié que prévu ! Inutile de vous recommander de ne surtout jamais mettre un pied dans ce coupe-gorge, et nous invitons sérieusement Lonely Planet à retirer cette casa de son guide.
Il faut préciser que Santiago de Cuba est un endroit où il est assez difficile de trouver une bonne casa. L'espace manquant dans le centre, il n'est pas facile pour ceux qui voyage en petit groupe de trouver des casas avec deux chambres de libre, on va donc vous éparpiller entre plusieurs casas de standing inégal, soyez vigilants et très clairs. D'autre part, les salle de bains sont souvent partagées, ce qui n'est pas toujours évident si vous ne connaissez pas les occupants de l'autre chambre et surtout si le ménage n'est pas fait quotidennement, car souvent le papier toilette utilisé doit être mis dans une poubelle, pas dans le WC... Or certains propriétaires rechignent à faire le ménage quotidiennement, se contentant d'aditionner ce que vous consommez. Si vous demandez à ce qu'il soit fait, la réponse est toute prête et c'est toujours la même : certains étrangers n'aimeraient pas qu'on entre dans leur chambre !
A bientôt pour la suite.
This post has been edited 3 times, last edit by "C & M" (Jan 15th 2010, 5:13pm)