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Sunday, May 27th 2012, 4:10am UTC+2

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Friday, January 23rd 2009, 10:52am

Help! Des idees de treks please!

Bonjour a tous et a toutes,

Je suis alle en Birmanie une premiere fois en un mois au cours duquel j'ai fait le circuit classique (Bagan, Kalaw-Inle, Rangoon, Mandalay, Rocher d'or). Je vais y retourner pour un mois et je cherche a concocter un circuit un peu different. Je suis un grand amateur de treks et je voudrais savoir si quelqu'un pouvait me conseiller pour des endroits a faire. Je pensais a Mrauk et ses environs mais j'aurais beaucoup aime faire la partie Chin. Malheureusement j'ai l'impression que ce sont des treks super encadres et extremement chers.

Donc un peu d'aide serait la bienvenue, est ce que je peux passer par une agence pour obtenir une autorisation pas trop chere? Des adresses?

A defaut que me conseiller vous dans les limites de la legalite?

Merci d'avance

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Tuesday, March 17th 2009, 2:00am

Quelques ballades autour du rocher d'Or. il est pratiquement impossible de reellement marcher en Birmanie sans pouvoir sortir des limites imposees par la legislation (circuit classique).

- Si il y a bien un
endroit où vous ne serez pas inquiété concernant le hors-circuit en Birmanie, c'est
Kyaik Hti Yo. Il existe beaucoup d'autres endroits dans le pays y compris des
endroits inviolés et sauvages mais vous risquez de vous faire rattraper ou
refuser l'accès (lac Indawgyi par exemple) si vous sortez des sentiers battus.





- Revenons à Kyaik
Hti Yo. En dehors du fait de monter les marches, ce qui est déjà remarquable
car cela n'est pas une partie de plaisir
(oct/février période idéale) compter 3h00 à 5h00 pour les plus lents, il est
possible de pousser plus loin de l'autre côté du plateau, un endroit appelé "chicken
bazaar" (encore appelé "bouche de l'oiseau") et redescendre à
pied en direction de la cascade Mobaw d'où vous pouvez repartir et remonter sur
le versant parallèle qui vous permettra de longer et voir le rocher d'or vu de
l'autre versant en passant trois pagodes pratiquement désertée (que l'on
aperçoit depuis le rocher puisqu'elles lui font face) puis demander à la
troisième où se trouve le petit chemin caché par les herbes qui descend jusqu'à
la pagode Sauneingyi. Vous êtes alors à une heure à pied de Kinpun base camp. Prévoir
de l'eau et à manger (une petite journée de marche à éviter absolument en forte
chaleur). Les ballades autour du rocher durant la saison des pluies sont aussi
déconseillées à cause de la roche mouillée rendue glissante. Montez au rocher
en fin d'après-midi et prenez la journée complète le lendemain pour redescendre
via la cascade. Un peu ardu mais possible pour de bons marcheurs (une dizaine d'heures
de marche au total).





- À une demi heure du
rocher d'or, toujours de l'autre côté, en descendant les marches où se cotoient
beaucoup de boutiques qui vendent des produits médicinaux traditionnels, le
rocher du corbeau (Kyeepazat) qui abrite une grotte dédiée au Bouddha peut vous
emmener si vous vous enfoncez dans les entrailles de la Terre jusqu'à la
rivière Sittaung mais là, chut ! Peu le savent car cela n'est pas autorisé et
personne n'en est jamais revenu...





[font='&quot'] - Demander aussi à aller à la montagne Weikzar
(si vous n'êtes pas encore fatigué). [/font]

3

Friday, July 24th 2009, 3:20am

Autour de Hsipaw et son histoire, balade à pied jusqu'aux différentes chutes d'eau.

L’histoire de Hsipaw est remarquable et intéressante. Un livre « Twilight over Burma » écrit par la femme du dernier sawbwa la raconte en partie. Ils formaient le couple le plus charismatique de l’un des états d’Asie du sud-est dans les années cinquante. Les pages People au niveau international les avaient rendus célèbres à cause de leur relation. Le Sawbwa, dernier chef de file de l’un des états Shan étudiait l’ingénierie aux Etats-Unis lorsqu’il avait rencontré sa future femme, une étudiante autrichienne. Elle l’avait accompagné dans son état féodal qu’il voulait moderniser tant au niveau de ses mines, les différents moyens d’extraction, qu’au niveau de son agriculture et sylviculture. L’avènement au pouvoir du Général Ne Win en 1962 mis fin à ses espoirs. Il fut arrête après avoir visité la famille de son frère à Taunggyi et retenu prisonnier à Ba Htoo Myo à côté de Yaukshaw. Deux messages écrits sont restés comme unique preuve de son arrestation et de sa détention. On n’a jamais su ce qu’il est advenu de lui. L’armée et Ne Win lui-même a toujours nié qu’il avait été arrêté. Il le craignait car il était très populaire. Sa femme qui parlait couramment le birman et le shan pour remplir ses obligations à la cour vit aujourd’hui aux Etats-Unis où elle s’est retirée. Un neveu et une nièce du sawbwa entretiennent la maison de maitre qui surplombe un bras du fleuve Namtu (Doktawaddy).

A la pagode Mahamyatmuni, deux moines seulement sont là pour les services. Chaque quart de lune – tous les sept jours – ils doivent très tôt le matin à 4h00 laver le visage du Bouddha qui trône dans la pagode. Il y a autour de Hsipaw dans la campagne avoisinante des petites chutes d'eau à des distances appréciables pour les atteindre à pied. La première me surprend au détour d'un chemin après être allé visiter la pagode Bawgiyo. Elle se jette dans le vide du haut de la falaise en un filet à peine retenu qu'on pourrait le comparer à un voile de la mariée. Le bain de pied ne me suffit pas et j'arpente la roche vermoulue sur laquelle l'eau glisse depuis un bassin de retenue naturel qui a tout l'air d'une piscine. Une multitude de nid-de-poule gorgés d'eau suffisamment imposants pour poser les fesses et les rafraîchir. Le chemin d'accès à la seconde cascade passe par un cimetière chinois situé à l'entrée de la bourgade. Entre terrains privés, cabanes isolées et rizières, le chemin se dessine tel un ruban qu'il nous faudrait suivre pour ouvrir la boite à malices que l'on aperçoit déjà depuis les champs. Celle-ci est plus large que le "voile de la mariée", le nom que l'on pourrait donner à la chute précédente. Il y en a effectivement deux principales qui se jouxtent. En approchant, une multitude collées les unes aux autres tissent un rideau tellement fin qu'il n'arrive pas à cacher la couleur sombre de la roche en arrière-plan. Je traverse quelques rizières où des équipes familiales coupent le riz et le fagotent en petites bottes avant de le passer à l'égreneuse avec le grain en sac d'un côté, la paille de riz au sol de l'autre. Il n'y a plus d'habitation devant moi. J'avise un bassin de retenue d'eau construit pour l'irrigation et je m'y plonge avec délices à l'aller comme au retour car il n'y pas moyen de se baigner à la chute trop puissante pour rester dessous. Elle en est même impressionnante tellement l'eau s'écrase sur le sol avec force. Il faut dire qu'elle a de la hauteur et ricoche avant de retomber lourdement éclaboussant tout sur son passage. En cette fin de saison des pluies, la nature nous a doublement gâté en nous offrant deux belles cascades. Je repars en longeant la falaise et sillonne quelques sentiers de traverse au hasard. Ceux-ci me conduisent à une fabrique artisanale de sucre de canne. Il y a des sacs qui n'ont pas trouvé preneur et sont en train de pourrir. La toile est mangée par l'humidité - la saison des pluies vient de s'achever - et les trois gars les remettent en sac avant de tenter d'en faire de l'alcool de canne à sucre (cachaça birmane). J'en ramasse des miettes que je prends grand plaisir à sucer. Ils m'invitent à en emmener. Je ne connais pas de reconstituants plus nourrissants que ces produits à base de canne à sucre qui ont été bouillis et rebouillis pendant des heures. La matière n'est pas raffinée mais je m'en fous. On peut parler de "gros sucre" comme si c'était du "gros sel". Elle est à l'état brut. Je me perds un peu plus loin dans une école monastique où les novices papillonnent par dizaine et ânonnent des "mister". Remis dans le droit chemin, je continue à pied en longeant la route principale que j'aperçois de loin. Il y a une source naturelle d'eau chaude 9 miles (=13 km) sur la route de Maymio, 5 miles (=8 km) après la pagode Bawgyio mais je préfère prendre congé de Hsipaw et ses environs quelques jours pour aller marcher plus loin du côté de Namshan distant de 48 miles soit près de 70 kilomètres.

4

Friday, July 24th 2009, 3:24am

Aller-retour Hsipaw - Nam Hsan (100 miles = 160 km en 3 jours).

Je sors de Hsipaw en camion pendant 10 km avant qu’il ne tourne vers la gauche et n’arrive dans une usine de briqueterie où je me perds. Je dois rebrousser chemin car j’ai dépassé la piste qui monte vers le « village des fleurs ». C’est le nom que porte le village traduit en français. Vient ensuite "le village de la montagne". Ça grimpe raide pendant 6h00. Je suis en nage et met à l'épreuve mes cuisses pour pousser et monter toujours plus haut. A ne pas entreprendre sans entraînement. Je n’arrête pas de me laisser dépasser par des motocyclettes qui montent des « chinoiseries », produits divers pas forcément de première nécessité mais qu’ils vont vendre aux Palaungs. Même si je voulais que l'un d'eux m'emmène, cela ne pourrait se faire tellement la dénivellation est ardue et pentue. L’un d’eux, palaung lui-même, me donne son contact pour passer la nuit mais je ne peux pas atteindre son village ce soir. C'est chez une charmante personne d'une cinquantaine d'année que je vais passer une nuit sans problème. Je la rencontre dans la maison familiale avec ses parents, ses frères et sœurs, ses neveux et nièces mais elle dispose de son propre toit, les murs d'à côté où je peux disposer du premier étage avec un petit autel à Bouddha, un cierge allumé, tandis qu'elle reste au rez-de-chaussée avec sa petite fille. Etonnant mais elle se débrouille en anglais, shan, thaï et palaung, ce qui va être le cas de beaucoup de gens que je vais rencontrer. Les Palaungs ont un bon niveau d'éducation. Leur principale ressource est leur thé de bonne réputation qu'ils commercialisent eux-mêmes. Ils leur faut donc parler d'autres langues. Je passe une nuit sans souci, sans aucune intervention extérieure de qui que ce soit. Ma logeuse est sereine et je suis à l'abri tout comme elle peut l'être, hors d'atteinte de tous tracas d'ordre policier. Je continue le matin vers Khon Hulk et retrouve le motocycliste bienveillant à mon égard. Il y a même un monastère avec un gars en train de se doucher et baragouinant l'anglais qui se propose de me guider. Autant dire que je hâte le pas pour dépasser le village joliment agencé dont les habitants doivent tirer leurs ressources des aller-retour incessants à la frontière chinoise. Il se trouve à moitié chemin de Hsipaw jusqu'à Nam Hsan, huit heures à pied d'un côté comme de l'autre. Je suis maintenant sur le plateau et bénéficie d'un panorama splendide. Je vais un peu tourner comme sur moi-même dans les jours qui viennent car j'aperçois Nam Hsan de l'autre côté, à l'ouest. Des pans de montagnes habillés de vert - la couleur des plantations de thé qui font la réputation de la région - jaillissent et se recoupent à certains endroits font de cet endroit un cirque naturel merveilleux à contempler. Je me régale jusqu'à l'arrivée à Omtet, village Palaung pittoresque où je suis accueilli partout à bras ouverts. Je m'arrête dans une boutique où un agent de l'immigration très aimable et sympathique m'invite à me reposer. Il est en train d'enregistrer les coordonnées des locaux afin de leur établir des papiers d'identité dont ils contestent la nécessité. C'est une campagne nationale du genre: "Donnons une carte nationale d'identité" à chacun. Elle procède d'une bonne volonté mais d'autres la pressentent comme une campagne pour ficher les individus. Ceux qui ne sortiront pas du coin n'auront nullement besoin de ces papiers. Ceux qui veulent se rendre à Mandalay ou Rangoun en ont besoin car les contrôles sont fréquents sur les routes. C'est bien la première fois que je copine avec un officier d'immigration birman. Il est jeune et est arrivé ce matin de Nam Hsan. Le photographe chargé des photos d'identité arrive tôt demain matin. Je me rends au monastère où je suis invité à déjeuner. Le Supérieur me gâte avec tout ce qu'il peut m'offrir, thé, café, biscuits, toddy (sucre de canne). Il m'invite à rester pour la nuit. Je m'éclipse à contre cœur. En "fouillant" dans le village, je tombe sur un rassemblement familial dont j'ignore le motif. Cela ressemble à un repas de funérailles. Je refuse l'invitation à déjeuner mais les mains de vieilles palaungs coiffées et habillées traditionnellement en haut de l'escalier se tendent et m'appellent. La curiosité aidant, je me retrouve au premier étage en pleine réunion familiale, les hommes d'un côté buvant et fumant, les femmes de l'autre n'étant pas en reste. Peu de lumière pénètre cette salle où j'ai l'impression d'être plongé dans un autre siècle, le moyen-âge tel que nous le décrivait avec des photos ou des illustrations nos livres d'histoire. Le détail qui tue l'histoire et me rappelle à la réalité, c'est toute cette "quincaillerie multicolore" d'objets de bric et de braque "made in China" accrochés aux murs ou les présents offerts à la jeune disparue décédée d'un cas rare de leucémie. L'ambiance n'est pas mortifère, ni celle endeuillée à laquelle l'on pourrait s'attendre même si la victime, une vingtaine d'année seulement, n'était qu'au seuil de sa vie d'adulte. Les membres de la famille se sont retrouvés et papotent gentiment, pas un mot plus haut que l'autre, en sirotant du thé tout simplement. Je retourne à mon officier d'immigration et prends congé de lui. Il me donne l'adresse de sa sœur dans son village natal où je peux passer la nuit. C'est le prochain village. En cours de chemin, je tombe nez-à-nez avec des cueilleuses de thé toutes enturbannées, "thanakée", se taquinant et se moquant les unes les autres. Elles prennent la pose avant que je ne les quitte et les dépasse. A l'entrée du village, je suis invité à une assiette de riz par un groupe de moissonneurs. La journée finie, tout le monde se rassemble autour d'un repas, se remémorant les détails de la journée de labeur ou bien tout autre sujet de peu d'intérêt qui rassemble un large consensus à l'image de nos tables d'antan pendant les récoltes. A suivre...

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Friday, July 24th 2009, 3:26am

2: En route vers Nam Hsan (suite et fin).

Je prends contact avec le premier moine que je rencontre à l'approche d'un joli monastère shan en bois noir. Il n'y pas de souci quant à mon hébergement. Nous prenons la douche à la tombée du jour quand un moine arrive dont je ne sais d'où m'intimant de le suivre après avoir vaguement parlementer avec mon hôte qui s'incline. Nous traversons deux ou trois rues avant de grimper l'escalier qui conduit à la pagode principale. La vue est magnifique et s'étend sur 360°. Il me demande d'attendre dehors tandis qu'il va parler au Supérieur qui décline la possibilité de m'héberger. Légèrement énervé - de quoi se mêle-t-il ? - je décide bien évidement de retourner dans le premier monastère. Il me suit. Un peu plus tard, il vient me chercher pour me conduire dans une maison où je suis accueilli pour la nuit. Je suis un peu dégoûté d'être baladé d'un endroit à l'autre sans trop savoir quel est le problème qui se pose même si mon expérience me dit que le fait d'être étranger explique tout. Je refuse naturellement le diner qui m'est offert et grimpe à l'étage assez rapidement à la lueur de la bougie. La bâtisse est énorme avec des pièces habitées ou laissées en désuétude. Une vieille dame monte un peu plus tard se coucher dans la chambre qui jouxte la mienne sans oublier de mettre une bougie sur l'autel sur lequel trône le Bouddha et au pied duquel je suis allongé les pieds tournés vers l'extérieur. Je partage le petit-déjeuner avec les quatre adultes présents, deux hommes et deux femmes, avant de quitter le lieu. J'apprends que j'ai finalement dormi chez la sœur de l'officier. J'ai décidé. Je veux éviter Nam Hsan alors que je pensais initialement y passer un moment de la journée et continuer ensuite. Il y a une guesthouse gérée par l'état et je n'ai pas envie qu'un emmerdeur vienne me poser des questions et casser les pieds sans compter que je devrais me rendre à l'office d'immigration si j'y suis poliment invité. Le parcours que je me concocte est magnifique à tous points de vue. Je commence à regarder l'autre versant du cirque, celui par lequel j'ai débuté ma marche. De petits sentiers m'emmènent entre vallons et collines. Je croise quelques cabanes dans lesquelles vivent les gens au milieu de leurs cultures vivrières de subsistance. Je ne manque pas de leur demander ma direction et soit ils me confirment le chemin à suivre, soit ils me réorientent et m'indiquent vers où me diriger. Je n'ai pour ultime but que de rattraper la route principale anciennement asphaltée qui permet la liaison Hsipaw-Nam Hsan (48 miles). J'ai aussi dans l'idée d'atteindre la pagode de Nam Hsan, environ 15 km plus au sud de la ville du même nom. Elle est perchée à une telle hauteur que ce doit être un bonheur d'assister à un coucher du soleil là-haut. Peu avant d'atteindre le goudron ou ce qu'il en reste, un gigantesque magnolia enrubanné abrite un petit autel dédié à Bouddha. A côté de l'arbre immense, un tumulus de briques rouges de taille moyenne en partie ébrasé, recouvert de lichens et mousses envahissantes, procure à l'endroit une once de religiosité. Il est vrai que l'arbre du Bouddha est "magnolia religiosis". Je pense aussi qu'un tel endroit naturel doit pouvoir servir à des dévotions aux Nats et qu'il est avant tout dédié à ce genre de manifestations. Je rejoins la route proche et commence à marcher en direction de Hsipaw. Je croise des camions qui montent. Vu l'état de la chaussée défoncée, combien de temps leur faut-il pour arriver jusqu'ici ? un jour ou deux ? J'ai fait aussi bien à pied. Je continue jusqu'à la bifurcation qui conduit vers la pagode et dépasse un hameau de maisonnées avant d'arriver dans le dernier village où je marque une courte pause et parle avec un moine anglophone. Le soleil baisse à l'horizon et j'entreprends l'ascension d'un escalier interminable, parallèle à la route, qui monte et aboutit aux pagodes. Sa forme épouse celle du ruban noir. A un virage correspond un changement de direction des marches. Il est impressionnant. Au sommet, la pagode principale est sous les ors du soleil couchant. La couleur jaune des stupas change de nuance au fur et à mesure que l'astre lumineux décline. Ils vont même prendre des tons rougissants, ce qui me laisse pantois, car je n'avais pas remarqué ce rouge écarlate qui enveloppe certains pagodons. Plus le soleil tombe, plus le rouge s'assombrit. On pourrait le comparer au sang qui en cas d'oxygénation, s'épaissit et devient noir. Pourquoi tous les pagodons ne sont-ils pas ensanglantés ? Je me remémore les "trois jours sanglants" (26/27/28 septembre 2007). Y-aurait-il un pagodon pour chaque victime des représailles ? Dans ce cas, on en est loin du (dé)compte (officiel de victimes) puisque tous dégoulinent de rouge écarlate. La référence aux événements de 2007 dans ce décor grandiose est un hommage aux victimes de la répression et dans un sens plus large aux atteintes à la liberté individuelle dans ce pays. Qui parle de liberté ? J'ai l'impression d'être seul sur le toit du monde, à mi chemin entre tout le monde et le nirvana. Tout autour de moi, à l'horizon, s'étend la magnificence. Cette vue générale n'a rien à envier à celle du Mont Sinaï où Moïse reçut les tables de la loi. Elle commande le respect et l'humilité et force l'admiration pour amorcer un début de contemplation. Je voudrais rester ici une éternité, rester attaché au rocher sur lequel je suis assis sans m'en détacher. C'est beau et tout la beauté générée par ce haut-lieu spirituel resplendit sur les êtres qui l'habitent. Les bhikkhunis ne comprennent pas que je sois encore dehors par ce froid de canard car tout lieu qui se mérite a aussi des inconvénients. Balayés par le vent, il n'assure aucune protection naturelle. Je le respire à fond, à pleins poumons même si je sens le froid me pénétrer le dos. Je repère un endroit près d'un Bouddha précieux en vert où je souhaite passer la nuit. Il y a un lit et mon duvet me suffira. Je ne suis pas sûr d'obtenir l'autorisation mais je pense qu'un tel lieu mérite une nuitée d'exception. La permission m'est accordée et je me réfugie dans mon antre. Je vais vivre, voir et dormir plusieurs nuits en une seule. Je suis en train de marcher / méditer sous le ciel étoilé éclairé par la lune, enveloppé dans une couverture qui me protège du froid. Je suis le dernier allongé, le premier levé avant que l'astre lumineux ne daigne montrer les bouts de ses rayons. Inaudible tel le silence balayé par le vent qui souffle. Impossible endroit qu'il serait difficile d'imaginer si je ne l'avais pas vu. Je suis contrit de le quitter. Les nonnes m'auraient bien garder une nuit supplémentaire. Ce n'est pas si souvent qu'elles ont de la visite. Je quitte en cours de matinée et comme à l'habitude, je me lance dans des raccourcis hasardeux car je ne veux pas faire demi tour et redescendre l'escalier. Après deux heures de descente ardue sur un chemin qui se lit à peine à travers la végétation, je retombe sur la route à mi chemin entre Nam Hsan et Hsipaw. Je fais un bout en moto derrière un militaire qui s'arrête à ce qui sera dans quelques années une plantation de thé. Depuis quand l'armée investit-elle dans le thé ? Après une demie heure de marche, un petit camion finit par me ramasser et me déposer à la bifurcation Namtu-Hsipaw, portion de route qui est aussi utilisée depuis Lashio pour se rendre à Hsipaw. La nuit n'est pas bien loin et je ne risque pas d'avoir beaucoup de véhicules à cette heure avancée de la journée. Après avoir patienté à la sortie du village devant un monastère où la fête bat son plein, je m'éclipse à pied pour 16 miles (environ 25 km) de marche. Si je compte 7 km/h, j'y serai à coup sûr vers 10h00 ce soir, ce qui est encore une heure respectable pour rentrer à Hsipaw. Ne voilà-t-il pas qu'une mobylette avec deux jeunes s'arrêtent et insistent pour m'embarquer jusqu'à Hsipaw. Ils m'ont demandé où j'allais. La route est forcément en mauvais état et je crains pour les pneumatiques du deux-cycles "made in China" tout flambant neuf. Ils se rendent à Maymio où il sera revendu. Ils servent de transitaires et se payent une virée en prenant du bon temps. De l'argent de poche facile et beaucoup de plaisir en perspectives sur la route pour des jeunes birmans d'une vingtaine d'années. Ils semblent ignorer que je pèse plus lourd qu'un Birman. Il rare ici de voir une seule personne sur une motocyclette. C'est un moyen de transport familial et collectif. Je leur fais signe d'avancer mais ils ne me laisseront pas derrière. Je décide d'embarquer et me dis que s'ils m'avancent de quelques kilomètres, cela peut me faire gagner une heure à l'arrivée. Je pense qu'ils vont se rendre compte que faire toute la route ensemble ne sera pas possible. Je me trompe. A cœur vaillant, rien d'impossible. La progression est très lente. Le copain du propriétaire de la moto conduit avec attention, presque trop lentement même, si bien que l'on doit presque mettre pied à terre car on frôle le déséquilibre lorsque l'on évite les nid-de-poule. Nous arrivons deux heures plus tard à bon port. Ils sont même prêts à m'inviter à diner mais je préfère regagner Hsipaw à pied.

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Friday, July 24th 2009, 3:29am

Half day trekking depuis les grottes du Bouddha (Myin ma ti gu) jusqu'à Kalaw.

Half day trekking depuis les grottes du Bouddha (Myin ma ti gu) jusqu'à Kalaw (dernière étape ou première étape du trek Inlé-Kalaw selon le sens dans lequel on le prend). A ne pas confondre avec celles de Shwe Oo Min à 1.6 mile du centre de Kalaw.

A Kalaw, prendre en direction du Pine Hill resort hôtel et un chemin sur la droite se détache du goudron pour monter à travers une pinède en coupant court les virages d'une ancienne route empierrée que l'on peut deviner. N'hésitez pas à demander votre chemin en prononçant Myin ma ti gu (tout le monde connait). Une fois sur le plateau, la vue sur la ville en contrebas derrière vous, vous continuez à travers la forêt magnifique, à l'ombre des pins, toujours vers l'est jusqu'à croiser après une heure et demie de marche la route qui relie Aug Ban - Loïkaw. De l'autre côté du goudron, les grottes du Bouddha (qui soit dit en passant ne valent pas le déplacement, faites-le pour la balade). sur votre gauche, la direction à prendre pour revenir jusqu'à la bifurcation avec la route principale Kalaw - Inle - Taunggyi (4 miles = 6 km) et ensuite autant depuis le croisement jusqu'à Kalaw. Il y aura toujours quelqu'un pour vous ramener à partir des grottes.

Dans le sens inverse, à partir de Kalaw, vous pouvez sauter dans n'importe quel pick up en direction de Aug Ban et vous faire déposer au croisement de la route qui part vers Loïkaw (normalement interdite aux étrangers) et aller à pied jusqu'aux grottes d'où vous repartirez à pied. Bonne balade.