Concernant le récit de Karolus, je pense sincèrement qu'il ne force pas tellement le trait. Je n'ai jamais pratiqué ce genre de randonnées organisées mais pour avoir lu pas mal d'autres pages de son blog, je le ressens assez objectif comme gars. Mais finalement ce n'est pas tellement étonnant que les agences écomachins de Luang Nam Tha ou de Muang Sing n'organisent pas de randonnées plus "poussées" dans la région (par exemple plus profondément dans la Nam Ha NBCA ou plus loin à l'est de Muang Sing).
Pour moi, deux raisons :
1) Ces agences n'ont (pour l'instant ?) pas de guides assez "compétents" ; sans vouloir dénigrer les compétences de ces guides, j'affirme que
seuls les villageois paysans des régions isolées pourraient être vraiment capables d'y guider des visiteurs. Et c'est normal car ces zones sont de véritables labyrinthes sillonnés de dizaines ou de centaines de sentiers étroits, de souvent seulement vingt centimètres de largeur (je n'exagère pas) et parfois recouverts d'herbes ; certains menant à des villages, d'autres seulement aux cultures et d'autres enfin étant seulement des passages du bétail, mais tous se ressemblant. Il faut obligatoirement y vivre pour connaître vraiment le terrain. Comme je le disais déjà un peu sur VF, après
mes notes de Pongsaly, souvent même des villageois ne savent pas vous guider plus loin que deux villages après le leur car ils n'y vont que trop rarement ou jamais. De plus, de ces zones vraiment isolées, la plupart des villageois descendent très rarement dans les "grandes" plaines de Luang Nam Tha et de Muang Sing, ce qui fait que les sentiers d'accès sont trop peu empruntés et donc trop peu entretenus et disparaissent presque dans la végétation, tandis que parfois d'autres sont créés plus loin. Sur le forum LP de la grande époque (avant sa refonte aseptique…) j'avais mis un petit récit d'une balade de 8 ou 9 jours effectuée entre Luang Nam Tha et Muang Long (bourg chef-lieu de district situé entre Muang Sing et Xieng Kok), mais Bip a tout viré (merci Bip…, à l'époque je n'en gardais pas d'autres copies, hé oui, on s'offrait entier à toi…!). Cette balade traversait le Nam Ha NBCA d'est en ouest et les grands arbres que Karolus n'a pas vu, là ils y étaient bien. Mais on ne tuait pas de cochons pour mon arrivée. Une poule si, assez souvent.
2) La deuxième raison, je la suppose seulement : probablement y a t-il une réelle volonté politique et un réel souci de "protéger" encore un peu ces fragiles populations qui ne sont absolument pas prêtes à recevoir le rouleau compresseur blanc (dans certains de ces villages isolés, un touriste arrivant pourtant seul, peut provoquer le désemparement de l'ensemble de sa population et une réelle peur pour une bonne partie d'entre elle, notamment femmes et enfants, surtout s'ils sont rencontrés à l'extérieur du village).
Pour en revenir à Ban Cha Up, le fameux « village fantôme », est-ce que quelqu’un connaît ? Est-ce que l’utiliser comme base pour des treks dans le quartier est envisageable, souhaitable, intéressant ? D’après la carte du Routard, ce n’est pas un si petit village que ça puisque il est mentionné.
Dans la région, une fois je (pardon de tant parler de moi) suis parti de Muang Long (le même bourg chef-lieu de district annoncé plus haut) jusqu'à Muang Sing, mais en faisant une boucle. J'accompagnais un "marchand de cheveux" itinérant chinois, tout juste rencontré à Muang Long (c'était un
Hani, c'est à dire un proche cousin ethnique des
Akha du Laos ; des
Hani t'en rencontreras plein vers Mengla si t'y vas) qui parcourait cette région pour la première fois mais qui offrait le grand avantage de pouvoir suffisament communiquer avec les
Akha afin, au fil des jours, de demander notre chemin. Une belle balade, on a marché 2 jours cap nord/nord-ouest, puis 6 jours vers l'est, avec quelques détours, avant de redescendre sur la plaine de Muang Sing. Là aussi y'en avait un p'tit récit sur le forum LP de la grande époque mais Bip a… tout viré (merci Bip…, désormais je les poserai sur VF…). Bref, juste pour dire qu'on n'est pas monté jusque vers Ban Cha machin (il aurait probablement fallu marcher deux jours de plus vers le nord avant de virer vers l'est) mais que je te garantis que c'est assez "sauvage" par là . On a traversé, entre autres multiples villages
Akha bien sûr, d'étonnants villages de sous-groupes
Khoui et
Mousseur très isolés dont, une caractéristique des premiers, les femmes se transperçaient les lobes d'oreille avec des morceaux de bambou de 2 à 3 cm de diamètre. Et, illustrant justement ce que je disais plus haut à la fin de 1), je n'ai jamais aperçu une seule de ces femmes descendue ni à Muang Sing, ni à Muang Long, ni à Xieng Kok.
Bref, ne focalise quand-même pas trop sur Ban Cha machin uniquement parce que c'est celui qu'a décidé de mentionner le GdR, car je suis persuadé qu'il n'a pas plus d'importance démographique et infrastructurelle que de nombreux autres misérables villages de la région que le GdR n'a pas représenté sur sa pov' carte. En tout cas, si c'est la première fois que tu vas au Laos et que tu parviens à atteindre ce coin par voie de terre, alors je te dirai "chapeau bas !". Enfin bon, vas-y donc et envoie nous des up-dates comme on dit !
Novembre/décembre : quid du climat ? La température peut descendre jusqu’à combien ?
On ne parle que du nord :
Novembre : presque plus de pluie, températures agréables jour et nuit (peut-être un peu frais la nuit en hauteur).
A partir de décembre : plus de pluie du tout. Chaud en journée, mais seulement quand les brouillards matinaux se seront levés, parfois vers 10h seulement. Parfois en dessous de 10°C la nuit dans les collines.
Ce n'est en revanche pas les périodes des plus belles lumières.
Muang Sing touristique ? C’est ce que je commence à lire à droite et à gauche. Mais touristique comment ? Parce que si j’ai choisi la voie nord, c’est justement pour fuir le troupeau qui descend sur Luang Prabang via Pakbeng. Alors il y en a un peu où bien est-ce devenu la dernière destination à la mode ?
Je n'y suis plus retourné depuis 2002 mais je crois que le LP en parle de quelquechose comme "un marché haut en couleur", bof, et "un important centre de minorités ethniques" ; en effet pas mal d'
Akha, de
Hmong relativement acculturés et de
Mien. Donc oui, même si ce n'est probablement pas comme Vang Vieng, un tel commentaire attire quand-même un peu de monde. On y vient, on y fait un trek de deux ou trois jours (cf. récit de Karolus ?) et on repart. Alors du coup, les villages les plus proches ont un peu subi le fameux rouleau compresseur blanc et l'accueil n'est plus forcément le même qu'ailleurs. On y entend alors assez souvent des "gancha, gancha ?", des "opioum, opioum ?", des "bics, bics ?" ou encore des "bongbons, bongbons ?", etc. etc. Rien à rajouter si ce n'est que tu peux toujours louer un vélo pour démarrer une balade d'un peu plus loin que "tout le monde", puis laisser ton vélo en gardiennage à une famille des premières collines, puis de là continuer à pied. Là -bas il y aura déjà eu moins de passage et l'accueil sera sans conteste plus chaleureux et moins intéressé.
Mengla… Outre le fait d’arriver à pied par la Chine (désolé… Je n’ai pas pu me retenir ! ;-) ) J’ai envie de voir à quoi ils ressemblent, moi, ces chinois de Chine ! Y a-t-il une vraie rupture après le passage de la frontière ou bien l’interpénétration a-t-elle gommé les différences ?
Pour faire très vite : le Laos, c'est l'Asie brune, la Chine c'est l'Asie jaune, donc oui y'a une certaine rupture culturelle, vaste sujet… Ah oui, y'a beaucoup plus de marchandises aussi, normal.