Les sources
naturelles les
plus chaudes

Fumerolles, bains bouillonnants et autres
sources chaudes : la Terre a parfois de drôles
de façons de nous montrer son énergie.
Vallée du Rift
(Éthiopie)
La vallée du Rift, “berceau de
l’humanité”, est une faille longue
de 6 500 km qui s’étend du Moyen-Orient au Mozambique. Elle forme,
au niveau de l’Éthiopie, une zone
d’activité sismique qui se traduit
par des reliefs inhospitaliers. Dans
le nord-ouest du pays, la dépression
du Danakil est une cuvette émaillée
de lacs salins, à plus de 100 m sous le
niveau de la mer, où les températures
atteignent 50°C. Si vous trouvez cela
encore trop frais, traversez la plaine
de sel jusqu’au volcan de Dallol, dont
la dernière éruption remonte à 1926,
et où jaillissent des sources chaudes
salées. Lorsque l’eau s’évapore, le sel
se cristallise, formant des structures
de couleur blanche, rouge et jaune en
raison de la présence de soufre et de
potassium.
Aucune période n’est particulièrement
propice à la découverte du Danakil, où le
mercure s’envole toute l’année. Pour plus
de sécurité et de confort, réservez auprès
d’un tour-opérateur réputé.
Oïmiakon,
Sibérie (Russie)
S’il y a bien un endroit de la
planète qui mérite une source
chaude, c’est cette petite ville de la
république de Iakoutie (ou Sakha),
en Sibérie. Située à 350 km au
sud du cercle polaire, Oïmiakon
détient le record de la ville habitée
en permanence la plus froide au
monde. Les températures sont
descendues jusqu’à -67°C en 1933
et la température moyenne en hiver
ne dépasse pas 45°C en dessous de
zéro. Alors superposez les couches
de vêtements pour explorer ces
merveilleux paysages, émaillés de
sommets enneigés et d’horizons
s’étirant à l’infini. Oïmiakon doit
son nom (“eau qui ne gèle pas”) à
la présence non loin d’une source
chaude naturelle – une façon pour
Dame Nature de se faire pardonner
les rigueurs de l’hiver arctique !
Oïmiakon est à 3 jours de route de
Iakoutsk, la ville la plus proche. On rejoint
cette dernière par avion au départ de
Moscou ou de Séoul.
Landmannalaugar
(Islande)
L’Islande, île volcanique, possède
de nombreux bassins naturels.
Dans les régions montagneuses du
sud du pays, près du volcan Hekla,
Landmannalaugar (“bassins des
gens du pays”) correspond au point
d’arrivée du plus beau trek de l’île. Les
randonneurs partent de Þórsmörk
et rejoignent cet endroit désolé
(camping possible), après 4 jours de
marche à travers de spectaculaires
champs de lave et formations de
rhyolite. Le lieu est parfait pour se
remettre de l’aventure en se glissant
dans un bain bouillonnant, dont les
eaux sont refroidies par un torrent.
Des excursions sont aussi organisées tous
les jours au départ de Reykjavík, de mijuin
à mi-septembre (www.bsi.is).
Vallée volcanique
de Waimangu,
Rotorua (Nouvelle-Zélande)
La Nouvelle-Zélande compte
plusieurs phénomènes
géothermiques spectaculaires (plages
et rivières à eaux chaudes, volcans
au cône parfait), parmi lesquels
la splendide vallée volcanique de
Waimangu. Née d’une éruption
en 1886, cette formation recèle des
trésors comme la terrasse Warbrick,
faite de fines strates de silice, ainsi
que d’anciens puissants geysers.
C’est aussi ici que l’on trouve le lac
Frying Pan (“poêle à frire”), la plus
vaste source chaude au monde.
Rotorua, bon point de départ pour
explorer la vallée, est l’une des principales
villes de l’île du Nord, à 230 km de route
d’Auckland. Elle compte plusieurs terrains
de camping et auberges de jeunesse.
Grand Prismatic, parc de
Yellowstone (États-Unis)
Le parc national de Yellowstone, l’une des principales
zones de phénomènes géothermiques au monde,
possède un joyau : la source chaude Grand Prismatic. Ce
vaste bassin (90 m de diamètre et 50 m de profondeur)
se distingue par ses couleurs. Sous l’effet de bactéries
thermophiles, ses eaux prennent des teintes allant de
l’ocre au violet foncé, créant un véritable prisme qui a
donné son nom à la source. Mieux vaut ne pas approcher
le coeur de ce bassin, appelé Midway Geyser Basin :
l’eau jaillit à plus de 2 000 litres par minute et à une
température atteignant 70°C !
Tâchez de découvrir la source en hiver, lorsque la fréquentation
touristique est moindre et que les effets de la vapeur donnent le frisson.
Sources chaudes
de l’Étang sanglant,
Beppu (Japon)
Grande surprise, l’Étang sanglant
recèle des eaux vermillon. Cette
couleur provient de la teneur élevée
en fer, qui s’oxyde au contact de
l’eau, formant de la rouille. La ville
de Beppu, sur l’île de Kyushu, est
réputée pour abriter la plus vaste
concentration de sources chaudes
du pays et constitue l’une des plus
importantes stations thermales.
Des liaisons ferroviaires fréquentes sont
assurées entre Beppu et Tokyo (7 heures)
ou Fukuoka (2 heures 30).
Climat plus
agréable d’octobre à mai.
Île de la Déception
(Antarctique)
Quoi de plus surprenant qu’une
source chaude au milieu des glaces ?
L’île de la Déception appartient à
l’archipel des Shetland du Sud, au
nord de la péninsule Antarctique.
Une éruption a fait sauter le sommet
de cette île volcanique il y a bien
longtemps, formant une caldeira
envahie par la mer. Aujourd’hui,
l’île se résume à des promontoires
rocheux, à des colonies de manchots
à jugulaire et, surtout, à l’unique
lagon géothermique du continent.
Les visiteurs arrivent par la plage de
Whalers Bay, où les guides creusent
parfois dans le sable des cavités qui se
remplissent aussitôt d’eau chaude.
À moins d’avoir l’âme d’un capitaine Scott
(grand explorateur de l’Antarctique),
vous devrez suivre un voyage organisé,
possible l’été uniquement.
Parc des sin ges de Jigokudani
(Japon)
Impossible, hélas, de profiter de toutes les sources chaudes.
Certaines affichent des températures extrêmes, d’autres
dégagent des gaz nocifs, d’autres encore sont déjà
occupées. C’est le cas des sources du parc des singes de
Jigokudani, dans le Yamanouchi. Ce secteur isolé, accessible
uniquement à pied et donc peu visité, du parc national
de Joshinetsu est réputé pour la présence de macaques
du Japon sauvages. Pendant les mois d’hiver, lorsque les
températures descendent au plus bas, ces singes, pas bêtes,
se réfugient dans les sources chaudes du parc.
Découvrez le parc en hiver (décembre-février), lorsque les chutes de neige
sont abondantes. Le site est accessible depuis la ville voisine de Karuizawa.
Sources chaudes
Troll et Jotun,
Svalbard (Norvège)
À la limite de l’océan Arctique,
au-delà du cercle polaire, l’archipel
norvégien du Svalbard forme un
ensemble d’îles isolées recensant
7 parcs nationaux et 23 réserves
naturelles. Le parc national du
Nordvest-Spitsbergen est le refuge
des oiseaux marins, des renards
arctiques et des ours polaires. Mais
ces contrées glaciales comptent
également les sources chaudes
naturelles Troll et Jotun, situées à
une latitude de 80°. Les bassins ne
sont pas bouillants (24°C-28°C)
mais, dans une région où le
thermomètre ne dépasse pas 5°C au
plus fort de l’été, il y a déjà de quoi
se réjouir !
L’été est fugace au Svalbard (juinaoût)
mais, grâce au soleil de minuit,
les journées semblent interminables.
Prenez un vol SAS au départ d’Oslo ou de
Tromsø (www.flysas.com).
Pamukkale (Turquie)
S’étirant sur 3 km le
long d’un plateau montagneux,
les terrasses de Pamukkale,
hautes de 160 m, constituent une
merveille géothermique de la vallée
du Méandre. Nées de l’activité
sismique, ces sources minérales
riches en calcite ruissellent à flanc
de coteau. Au fil des siècles, les
amas de carbonate de calcium et
de calcaire blanc se sont solidifiés
et transformés en bassins, parfaits
pour un bain chaud dans un cadre
atypique. Surnommé le “château
de coton”, Pamukkale a souffert de
la haute fréquentation touristique
mais il demeure une merveille de la
nature – il est inscrit, à ce titre, sur la
liste du patrimoine mondial.
Ouvertes de 8h à 18h, les terrasses
sont à 10 minutes de route de Denizli.
Des circuits en bus sont organisés au
départ de la plupart des villes voisines.
Pour plus de renseignements : www.
pamukkaleturkey.com.