Sur la route avec les gagnants

Partie mi-mai, Isabelle Ricq est la première candidate à prendre la route.
Son trajet l'emmène dans les îles indonésiennes sur les traces du naturaliste Sir Alfred Russel Wallace. Cet anglais a donné son nom à une ligne de partage entre deux zones d'espèces animales et végétales bien distinctes. Il en tire ainsi l'hypothèse d'un sixième continent englouti par les eaux violentes de la région. Bref une passionnante approche scientifique sur la dérive des continents.
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11.08 - Bali: Cafard
Dans deux jours je pars. J’ai le cafard. Un gros cafard, comme celui qui court le long du mur. Je me suis faite à la taille des insectes ici, je peux même dire que j’ai guéri ici la phobie des insectes dont je souffrais. Mais les cafards j’ai beau prendre sur moi, je n’y arrive pas. Les petits qu’on trouve en France me donnent déjà des frissons de dégoût, et à la vue de leurs cousins balinais géants une décharge d’adrénaline parcourt chaque fois lentement mes avant-bras jusqu’au sommet de mon crâne. “Aaah ce n’est pas le bon jour pour toi !” je pense, “si j’avais été de meilleure humeur tu aurais eu la vie sauve.”. Mais ce soir je n’ai pas la patience de l’éloigner jusqu’aux rizières, la colère monte vite rejoindre le frisson au sommet de mon crâne et j’en veux à la pauvre bête de me déranger dans mon chagrin. Comme ce pays est dur à quitter.
Je saisis un petit balai et d’un geste déjà expert j’écrabouille l’animal. Au milieu de l’odeur pestilentielle de ses restes je triomphe. “Sale bête! Fallait me laisser tranquille !”.
C’est dans cet état de triste hystérie que mes amis me trouvent en entrant. J’ai encore la balayette à la main et un sourire de psychopathe collé sur mon visage.
Un long silence s’installe et une tarentule velue grimpe lentement sur la moustiquaire. Je sens la colère remonter comme une grosse bulle d’air à la surface, mais avant que j’ai pu faire un seul geste, Kadek se saisit de la grosse araignée. Sans aucune répulsion. Sans prononcer un mot il me la tend, comme pour que je fasse connaissance, puis la dépose dans l’herbe devant la maison. Il revient vers moi et me regarde droit dans les yeux: “Il fait déjà nuit, tu ne dois pas tuer lorsqu’il fait nuit. Allez sois pas triste, on va chanter.”
08.08 - Bali: Vie antérieure
Les petites mains de Putu s’agitent gracieusement. Elle est assise sur le perron de la maison aux côtés de sa mère, concentrée sur les feuilles de palme qu’elle transforme en offrandes. Elle vient d’avoir huit ans mais elle connaît déjà le devoir religieux qui incombe à tout Balinais, et qui plus est à toute Balinaise.
Sa mère a tenu à lui apprendre très tôt car Putu est fille unique. Malheureusement. Et son mari n’a que des sœurs, toutes parties vivre dans leurs belles-familles. Elles se retrouvent donc toutes les deux, mère et fille, pour préparer la montagne d’offrandes qu’elles disséminent quotidiennement à l’intérieur et autour de la maison.
Putu sait déjà préparer toutes les formes d’offrandes quotidiennes. Celles que l’on place à l’intention de nos 4 jumeaux invisibles. Ceux qui sont nés en même temps que nous et pour qui on doit placer un peu de riz dans une feuille de bananier à chaque fois que l’on cuisine. Ceux dont il faut toujours se souvenir pour qu’ils nous protègent.
Par contre pour les cérémonies de pleine lune et de nouvelle lune qui demandent des offrandes plus complexes sa mère doit se faire aider par quelques lointaines cousines pour arriver à tout préparer à temps. Et lors des anniversaires du temple quelques voisines viennent aussi prêter main forte si elles ne croulent pas déjà sous leurs propres préparatifs.
Putu s’applique. Sa mère jette de temps à autre un rapide coup d'œil sur les feuilles que Putu tresse et attache avec de fines aiguilles de bambou. Elle est soucieuse. Déjà huit ans et toujours pas de petit frère ou de petite sœur. Si ça continue Putu finira anak tunggal , soit fille unique, l’une des positions les plus délicates ici. Qui voudra se marier avec elle ? La tradition veut que la femme emménage dans sa belle-famille, mais si elle n’a pas de frère elle ne peut quitter sa maison originelle et laisser ses parents seuls. Quelle famille laissera partir son fils s’installer dans la maison de Putu ? Non, elle ne doit pas rester anak tunggal , elle sera trop difficile à marier. Il lui faut un frère, mais ça fait déjà huit ans qu’elle essaie de le concevoir et il ne vient pas. Dieu ne lui accorde pas.
Les voisins commencent à poser des questions, car il doit bien avoir une raison à cette malédiction. Sa mère pense qu’elle a toujours préparé assez d’offrandes. Elle a pensé à la magie noire bien sûr, quelqu’un de jaloux qui voudrait du mal à sa famille. Mais il faut un grand pouvoir pour un tel sort. Elle pense aussi au karma. Qui sait ? Peut-être qu’elle paie aujourd’hui les péchés qu’elle a commis dans une vie antérieure, c’est fréquent dit-on.
La maman de Putu est allée voir un prêtre pour cela. Après avoir récité plusieurs mantras il lui a expliqué dans le détail la cérémonie qu’elle devait organiser au temple familial. Plusieurs cochons et poulets à sacrifier mais surtout une gigantesque montagne d’offrandes à préparer. Elle n’y arrivera jamais toute seule.
07.08 - Bali: La danse de l’oiseau de paradis
Le petit avion roule encore sur le tarmac de l’aéroport Ngurah Rai que j’allume déjà mon portable et tape rapidement ce message: “Bonjour Dek, as-tu du temps libre pour m’apprendre la danse du Cenderawasih ? Je pars dans une semaine, est-ce que je peux venir tous les jours ?”.
Dek Eny m’a souvent dit que je devrais apprendre cette chorégraphie, celle du cenderawasih, soit la danse de l’oiseau de paradis. Elle disait que ça m’irait bien et je ne pouvais pas m’empêcher d’être un peu vexée. Stupidement je ne comprenais pas pourquoi la danse d’un oiseau m’irait bien.
Mais tout ça c’était avant d’avoir vu à quoi ressemblent les oiseaux de paradis et leur gracieuse et singulière parade. J’y ai sans arrêt pensé lorsque j’étais en Papouasie: “Que je suis stupide, je n’ai vraiment rien compris...”.
La réponse ne se fait pas attendre; je ne suis pas encore sortie de l’enceinte de l’aéroport et mon téléphone vibre déjà. “Enfin ! Demain 15h ?”.
“Parfait !”.
06.08 - Papouasie: Le pouvoir des femmes
Ibu Iren m’appelle “Isa-Kartini”. Ibu Iren appelle toutes les femmes qu’elle apprécie “Kartini”. D’ailleurs si elle avait eu la chance d’avoir une fille elle l’aurait appelée ainsi, mais Ibu Iren a 4 fils. “Tu comprends, Kartini est la seule femme indonésienne qui ait vraiment été entendue.”.
Kartini a ouvert la première école pour fille en Indonésie à la fin du XIXème siècle. Et aujourd’hui que je me promène dans le quartier d’Ibu Iren à la recherche de cultivateurs d’orchidées clandestins je l’entends crier par dessus les clôtures: “Hey Ana-Kartini, comment vas-tu ?”, “Salut Wati-Kartini, où est ton mari ? Encore en train de jouer aux cartes hein !”... Elle m’emmène dans les arrière-cours de ses voisins dont la plupart font pousser quelques orchidées papoues pour les revendre au noir.
Je sais également que l’un d’entre-eux soigne deux kangourous originaires du Sud de l’île. Je lui ai déjà rendu visite à deux reprises mais il fait mine de ne pas savoir de quoi je parle. Du coup j’ai appelé Ibu Iren à la rescousse, et je ne me suis pas trompée. En une quinzaine de minutes son aplomb et sa force de persuasion règlent le problème et nous sommes cordialement invitées à boire le thé, à approcher et photographier les animaux, particulièrement craintifs.
Ibu Iren est une femme forte, comme j’en ai très peu rencontré en Indonésie. Elle est extrêmement vive, et la pression sociale si lourde ici semble peu lui importer : elle paraît libre. Il y a une attitude propre à la Papouasie qui me fait dire que ses habitants sont plus méfiants, plus endurcis qu’ailleurs. La naïveté semble être un trait de caractère de l’Ouest de l’archipel, très peu répandu ici. Peut-être à cause des conditions de vie plus rudes, du danger permanent ou de l’isolement, j‘avoue mon ignorance. Toujours est-il qu’Ibu Iren me semble unique dans le paysage indonésien. Sur le chemin du retour je la remercie de son aide: “Terima kasih Iren-Kartini!”.
05.08 - Papouasie: Rechute
Il pleut encore et encore. Tous les jours la pluie tombe sans prévenir, deux, trois ou dix fois dans une même journée. Je soupire. Ibu Iren entre sans frapper dans la chambre, prend une chaise et la place en face de moi. Elle demande : “Et mes pieds ? Tu ne les as pas encore pris en photo mes pieds ? Tu veux pas ?”. Dès mon arrivée j’ai su qu’il fallait que je photographie Ibu Iren. A ma grande surprise elle n’a montré aucune réticence pour des portraits serrés ni aucune impatience pour des prises de vue assez longues. Sa seule condition était que je ne photographie pas sa bouche et le peu de dents qu’il reste à l‘intérieur. J’ai d’abord photographié ses yeux, puis ses cheveux, ses mains, son nez, et désormais lorsqu’il pleut elle vient me souffler de nouvelles idées.
Et puis elle vient aussi pour parler. Et ce qu’Ibu Iren aime par-dessus tout c’est parler de politique. Ibu Iren milite pour l’indépendance de la Papouasie. “A quoi bon faire partie de l’Indonésie si personne à Jakarta ne fait attention à nous ? Regarde moi, si j’allais à Jakarta personne ne croirait que je fais partie du même pays qu’eux.”. Je hoche la tête. L’île a longtemps eu un régime spécial. Après l’indépendance de 1945, la Papouasie est restée sous mandat hollandais pendant plus de 20 ans. Et depuis elle est devenue la 26e région administrée par le gouvernement indonésien à Jakarta. Depuis, me dit Ibu Iren, “l‘île est envahie par les transmigrants de Java“.
Beaucoup de Papous se sentent rejetés du système, exploités par Jakarta. Ibu Iren poursuit : “Les Javanais sont envoyés ici pour deux raisons. La première, pour être placés à des postes stratégiques que l’ont ne veut pas confier aux locaux. Les Papous seront toujours cantonnés à des tâches subalternes. La deuxième, c’est le sida.” J’ai déjà entendu cette théorie plus d’une fois depuis mon arrivée ici. La Papouasie a le plus fort pourcentage de séropositifs du pays. Je me rappelle d’ailleurs que la seule fois que j’ai vu un Papou à la télévision indonésienne c’était lors d’un message publicitaire encourageant l'usage du préservatif. Les informations concernant le virus ne sont destinés qu’à la Papouasie, comme si le reste de l‘archipel était miraculeusement épargné. “Pourquoi ?” me demande Ibu Iren. “Pourquoi le sida est plus répandu chez nous ? Est-ce que nous sommes moins fidèles ? Non. Est-ce que nous sommes tous des drogués ? Non plus. Alors pourquoi ?”. Je ne réponds pas et elle enchaîne: “Parce que les premiers malades du sida venant des autres îles ont été envoyés ici par le gouvernement. On les a parqués en Papouasie. Et on a rien dit à la population locale. Nous sommes peu nombreux ici, et le virus s’est vite propagé.”. Je garde le silence. La théorie du complot me faisait rire quelques jours auparavant. Maintenant que je cerne mieux la vie quotidienne ici je ne ris plus. Les hôpitaux sont hors d’usage et hors de prix, bien plus chers encore que sur les autres îles. Et pourtant la situation sanitaire de la Papouasie demande plus de moyens qu’aucune autre région de l’archipel. Et le sida n’est malheureusement qu’un problème parmi d’autres.
Je me souviens de ce que disait Frengkie quand je lui demandais comment il se protégeait du paludisme. Avec un sourire déconcertant il m’avait lentement dit, comme l‘on parle à un enfant: “Mais ici tout le monde a le paludisme. Si on l’attrape trop tôt on meurt, si on l’attrape plus tard on peut survivre. Tous ceux que tu vois ici sont chanceux, comme moi.”.
Je me souviens aussi d’Ibu Iren faisant une rechute il y a 4 jours, allongée sur le canapé, transpirante de chaud puis tremblante de froid, “comme d’habitude” me dit-elle entre deux attaques de fièvre. Comme d’habitude, près de 30 ans après sa première crise, survenue lorsqu’elle avait 16 ans. “Malaria, malaria, chantait-elle, malaria tu ne m’auras pas.”.
03.08 - Papouasie: Le chant de l’oiseau de paradis
Cela fait déjà plus de deux heures que l’on traque l’oiseau de paradis. Frengkie et moi tendons l’oreille et avançons lentement. Je ne suis pas spécialiste en la matière mais heureusement pour moi l’oiseau de paradis a un cri bien particulier et, selon moi, assez peu mélodieux. Heureusement, encore une fois, car dans la végétation dense du nord de la Papouasie vivent un nombre incalculable d’oiseaux de toutes sortes et la symphonie de leurs chants retentit sans interruption. C’est un petit couple de “magnificent birds of paradise” que nous suivons. Il existe une vingtaine d’espèces d’oiseaux de paradis, toutes portant des noms plus ronflants les unes que les autres: les magnifiques oiseaux de paradis, les flamboyants oiseaux de paradis, l’oiseau de paradis royal...
Ces oiseaux ont fasciné Wallace. Encore aujourd’hui la plupart des tribus autochtones se décorent des plumes extravagantes des mâles et se peignent le corps en s’inspirant de leurs couleurs pour rendre hommage à cet oiseau divin. Les oiseaux de paradis ne vivent qu’en Papouasie. Il faut dire que l’île, l’une des plus large au monde, n’abrite aucun mammifère placentaire. Autrement dit pas de félins comme à Sumatra, pas d’ours comme à Kalimantan ; pas de prédateurs carnivores pour les oiseaux ni même de singes qui concurrenceraient leurs cueillettes. Seuls coexistent quelques très rares marsupiaux herbivores. De ce fait la Papouasie est devenue au fil des millénaires un véritable sanctuaire ornithologique, abritant des centaines de spécimens inconnus ailleurs sur la planète. Dont les exubérants oiseaux de paradis et leurs étranges plumages.
Dont également les Casoars, comme je n’allais pas tarder à découvrir.
En effet, après quelques furtifs clichés du couple d’oiseaux de paradis, et tandis que mon œil et mon attention sont rivés au viseur de mon appareil, j’entends vaguement Frengkie murmurer: “Isabella, lève-toi doucement et suis-moi”. Je me tourne vers lui: “ Quoi?! Mais ils sont juste là, on va pas partir maintenant !” Je m’apprête à me lancer dans un couplet sur la rareté des oiseaux de paradis, sur la chance qu’on a d’en avoir qui s’amusent à hauteur d’homme, sur le prix du billet d’avion pour la Papouasie mais Frengkie ne m’écoute pas; il s’éloigne à reculons en me faisant signe de me taire. Alors je comprends que si je veux savoir ce qui se passe je dois me retourner. Comme je suis accroupie je ne remarque d’abord que ses pattes. Enormes. Dotées de deux gros ongles tout secs. Par réflexe je me redresse d‘un bond. Mon Dieu l’animal m’arrive au moins à l’épaule! J’agrippe mon sac et Frengkie qui est déjà loin me crie de ne pas courir ni de faire de gestes brusques. Facile à dire.
C’est un drôle d’oiseau qui nous suit là... une sorte de grosse autruche mais sa tête toute bleue à l’air aussi dure qu’un casque. Je remarque que deux petits suivent timidement. C’est donc une femelle, une femelle qui vient d’avoir des petits. Et qu’y a-t-il de plus agressif qu’une femelle qui protège ses petits ? Elle continue de nous suivre, nous laissant d’abord nous éloigner puis prenant un raccourci pour nous rejoindre. Je la photographie. Elle ne montre pas de signes de peur ou d’envie d’attaquer. Nous devons attiser sa curiosité, tout simplement, et c’est réciproque. Mon stress s’apaise et notre balade à 5 dure une petite heure, avant qu‘elle ne se lasse et parte au loin.
Je lirai en rentrant qu’il s’agit là d’une femelle Casoar, l’un des plus gros oiseau terrestre du globe qui ne survit qu’en Papouasie. Je lirai aussi que la force de ses pattes tuent régulièrement des hommes. Je pense encore. Heureusement que je n’ai pas lu tout ça avant.
31.07 - Papouasie: Recevoir-donner
“Setengah mati! Aduh... setengah mati saya!“. Ibu Iren me regarde éclater de rire. Je lui dit que tout de même, il ne faut pas exagérer. Ce n’est pas parce qu’on a couru quelques dizaines de mètres pour éviter la pluie qu’elle est pour autant “setengah mati”, soit “à moitié morte”. Mais Ibu Iren ne comprend pas, parce qu’ici on ne dit pas qu’on est fatigué, on dit qu’on est à moitié mort, et puis c’est tout. L’indonésien pratiqué dans la région est plein de poésie et d’emphase. Ou peut-être ne devrais-je dire que d’emphase puisque l’indonésien est par nature une langue poétique.
C’est aussi une langue contorsionniste ; sa grammaire simple et sa logique imagée font que chaque île de l’archipel a ses propres expressions, ses propres assemblages de mots, sa propre cuisine linguistique.
Je me souviens du premier mot que j’ai appris, “merci”, bien entendu. Terima kasih. En vérité j’avais déjà appris là trois mots car terima kasih veut littéralement dire “recevoir donner”. J’avais trouvé ça formidable... recevoir-donner, ça me laissait déjà entrevoir un peu de la philosophie du pays.
Puis j’ai appris un autre mot: “soleil”. Matahari. Et là aussi s‘en cachait d‘autres: mata: l'œil, et hari: le jour. Car, tous les poètes vous le diront, l'œil du jour c’est le soleil. Il y avait même un quatrième mot qui se cachait bien ; mata-mata, soit littéralement “œil-œil”, qui se traduit encore une fois en toute logique par “espion”.
La poésie de l’indonésien ne m’a jamais déçue. Un mois qui se dit une lune, le sein qui se dit le lait, finalement tout a du sens. Jusqu’à bersetubuh, “ne faire qu’un seul corps”, et je suis sûre que vous avez déjà une idée du sens qui s’y cache...
30.07 - Papouasie: Jour de pluie
Il pleut ce matin. Il pleut si fort que je ne distingue pas d’espace entre les gouttes. Il y a comme un rideau devant nous, un rideau de pluie qui nous barre la route.
Le vacarme de l’eau qui tombe se mêle à celui de l’eau qui dévale les rues. Tout le monde se tait et s’abrite là où il peut, la vie se suspend pendant dix minutes ou deux heures, sans que personne ne s’impatiente.