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idées week-end - Weekend_Étranger
La tate dans les nuages

Monument de l'ère industrielle transformé en temple de l'art moderne, la Tate Modern de Londres est une œuvre part entière. Sans compter celles qu'elle abrite.
Avec sa lourde structure et sa cheminée carrée, le bâtiment qui héberge la nouvelle Tate Modern n'était pas, a priori, l’édifice le plus gracieux pour célébrer le nouveau millénaire dans la capitale britannique. Rien à voir avec la fine ossature du Millenium Bridge, la structure high-tech du Millenium Dome ou la technologie de la grande roue panoramique dressée en face du stoïque Big Ben. Du solide, du massif, de la brique et de l'acier : la Tate Modern, ancienne centrale électrique reconvertie en musée d'art contemporain, n'a rien de glamour. Moins de quatre ans après son ouverture, cette annexe de la Tate Gallery située sur les berges de la Tamise est pourtant devenue l'un des bâtiments préférés des Londoniens. Construite en 1947 sur des plans de l'architecte à qui l'Angleterre doit ses célèbres cabines téléphoniques rouges, Sir Giles Gilbert, la Bankside Power Station resta en activité jusqu'à la crise énergétique de 1981. Elle fit ensuite figure de dinosaure échoué au bord de la Tamise jusqu'au milieu des années 1990, avant que la Tate Gallery, en quête de place où exposer ses collections contemporaines ne la sorte de l'oubli. Après trois ans de travaux, l'ancienne centrale révélait au monde son nouveau visage : 30 000 m2 dédiés à l'art contemporain, dont le point fort est une ancienne salle des turbines reconvertie en gigantesque hall d'exposition. Le tout en respectant l'histoire des lieux. S'ils l'ont coiffée de deux étages de verrière pour faire pénétrer la lumière naturelle dans l'enceinte de brique, les architectes suisses Herzog & Meuron ont conservé son esthétique industrielle : en particulier sa cheminée haute de 99 mètres. Cerise sur le gâteau, ils lui ont en revanche ajoutée un bar, au dernier étage, d'où l'on peut regarder la ville et la passerelle du Millenium Bridge, juste en contrebas, en sirotant un verre. Le peintre Sigmar Polke peut être fier. Jusqu'au 4 janvier 2004, les œuvres de cet artiste inclassable, inspiré aussi bien par le culte des armes dans l'Ouest américain que par les erreurs d'impression dans les magazines, sont exposées dans l'un des plus étonnants musées qui soient. Plus qu'un musée : un monument.
Olivier Cirendini
Y aller :
Eurostar (www.eurostar.com). Promotions à partir de 35 euros l'aller simple à l'occasion de la réduction de la durée du trajet à 2 heures 35.
Où dormir ?
Londres est une ville chère. Crescent Hotel, 00 44 20 7387 1515, 49 Cartwright Gardens (Russel Square). Un B&B familial proposant un bon rapport qualité/prix (pour Londres !). Doubles à partir de 89 £ environ (130 euros). City of London, 00 44 20 7236 4965, 36 Carter Lane. Cette auberge de jeunesse bien tenue vous accueille à deux pas de la cathédrale Saint-Paul. Lits à 24 £ environ (35 euros).
A ne pas manquer :
La Tate Modern (00 44 20 7887 8000, Bankside, en face du Millenium Bridge) est ouverte du dimanche au jeudi de 10h à 18h et les vendredis et samedis de 10h à 22h. L'entrée est gratuite. Le pub The Anchor Bankside (00 44 20 7407 1577, 34 Part St), à quelques centaines de mètres du musée, est l'un des plus appréciés sur les bords de la Tamise.
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